Je suis née à Auschwitz un témoignage bouleversant

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L'hymne à la vie Edith Davidovicci Après la Shoa

L'hymne à la vie Edith Davidovicci Après la Shoa

Quand j'ai rencontré Édith Davidovici elle m'a raconté son histoire et m'a demandé si je voulais bien l'écrire.

Après l'avoir écouté et sans montrer à quel point j'étais bouleversée, je me suis dit c'est un grand honneur qu'une telle femme me demande d'écrire son livre, simplement parce que j'avais écrit  ,dans un magazine communautaire, un petit article .

C'était disproportionné, évidemment, jamais je ne saurais écrire un tel témoignage.Mais j'ai accepté, parce que je voulais savoir, comprendre ;
comment peut-on survivre à Auschwitz ?
Je l'ai aidé à rédiger ce livre.
(son titre "Après la Shoah" sera publié à compte d'auteur,en Israël par ses enfants)

Elle voulait franchir le pas, me disait-elle, écrire, dire enfin, ce qu'elle a si longtemps caché à ses propres enfants.

50 années se sont écoulés depuis la marche des morts à laquelle elle avait réussi à échapper.
Pas un mot n'est sorti de sa bouche et aucun de ses enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants, ne se sont posé la question," Mais maman où étais tu pendant la Shoah  ?"
"De toute façon je n'aurai pas répondu" me disait-elle.

Il aura fallu ce modeste témoignage, ce livre,  pour qu'ils apprennent que leur mère, grand-mère, et arrière-grand-mère avait survécu à l'enfer.

C'était en quelque sorte son héritage, bien plus que tous les trésors que peut receler une vie, leur apprendre à regarder le bon côté des choses quelles que que soient les circonstances.
Leur apprendre à vivre avec le pire comme avec le meilleur.Maintenant le  temps était venu, elle voulait qu'ils le sachent, c'était son cadeau.

Car Édith Davidovici était une optimiste convaincue. Elle a su déceler la lumière dans l'obscurité. Trouver les ressources nécessaires pour survivre. Et aussi continuer à vivre après.

Pour expliquer son silence durant toutes ces longues années, elle aura cette phrase magique
" On ne peut pas continuer à  vivre avec son malheur d'avant" ainsi, avait elle scellé son destin afin de lui donner une seconde chance.
Durant son témoignage aussi poignant que terrifiant, une question lancinante s'imposait :
comment est-ce possible d'accoucher , de mettre au monde un enfant, et de pouvoir l'élever à Auschwitz ?
Car Édith accouchera d'un petit garçon, de plus de 4 kilos, le jour de Noël, ce qui lui sauvera la vie. Mais pour son enfant elle décida qu'il ne valait mieux pas le laisser vivre.

Au stade de son récit, je comprends ainsi que dans l'environnement le plus hostile à la vie, l'antithèse même de la vie, Auschwitz, il était donc possible de donner naissance à un enfant et qui plus est, l'élever. Mais comment ?
Parce que,elle Édith, en avait décidé autrement je n'ai pas pu lui poser cette question.

Ce que je savais de façon certaine c'était que des enfants étaient nés à Auschwitz et certains avaient même survécu. Comment ? Dans quelles conditions ? Je ne sais toujours pas.
Mais ce témoignage, en dessous,  confirme que des miracles ont bien lieu même en enfer.

Claudine Douillet

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