Première visite de Netanyahu à Chypre, sur fond de découvertes gazières

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NICOSIE - La visite jeudi à Nicosie de Benjamin Netanyahu, premier chef de gouvernement israélien à se rendre à Chypre, est le signe d'un rapprochement lié à la découverte d'importantes réserves de gaz naturel au large de ces pays, voisins mais longtemps en froid.

Les intérêts de l'Etat hébreu et de l'île méditerranéenne sont désormais liés dans le cadre des explorations pétrolières et gazières, alors que la dégradation des relations israélo-turques lève un obstacle.

Au cours de sa visite d'une journée, M. Netanyahu devrait évoquer la coopération dans le domaine de l'énergie et la sécurité régionale.

Nous voulons davantage de coopération, c'est une visite symbolique qui donne un bon coup de fouet à un intérêt déjà existant, a déclaré l'ambassadeur israélien Michael Harari au quotidien chypriote en langue anglaise Cyprus Mail.

Cette visite est historique, et démontre l'amélioration spectaculaire des relations bilatérales, estime un responsable interrogé par l'AFP à Jérusalem.

Au menu de la visite, il y a l'énergie : les découvertes de gaz en Israël et à Chypre permettent d'envisager de coopérer d'une façon mutuellement bénéfique afin de développer nos champs gaziers et in fine notre production de gaz, a-t-il ajouté.

Israël et Chypre ont découvert d'énormes réserves de gaz sous la mer Méditerranée qui les sépare et envisagent de coopérer pour mettre sur pied des infrastructures permettant d'alimenter les marchés asiatiques et européens.

La compagnie israélienne Derek et son partenaire texan Noble ont découvert 450 milliards m3 de gaz dans le champ Leviathan, proche de la zone chypriote.

Elle détient aussi des parts dans tout ce que Noble est susceptible de découvrir dans les eaux chypriotes. Noble a annoncé l'an passé avoir découvert des réserves recelant jusqu'à 224 milliards de m3 au large de Chypre.

Ces découvertes et les retombées économiques espérées ont ouvert la voie à un renouveau des relations israélo-chypriotes, d'autant que l'Etat hébreu est en froid avec Ankara, depuis que des commandos israéliens ont tué neuf ressortissants turcs qui tentaient de briser le blocus de Gaza à bord du Mavi Marmara en mai 2010.

La Turquie, qui occupe depuis 1974 la partie nord de Chypre, a vivement protesté contre les explorations menées au large des côtes sud de l'île divisée, arguant que les autorités chypriotes-grecques, contrôlant le sud de Chypre, ne peuvent exploiter les ressources naturelles de l'île entière.

Israël, qui voit en Chypre une tête de pont vers l'Europe, soutient le gouvernement chypriote-grec.

Le rapprochement des deux s'est concrétisé par la ratification en décembre 2010 d'un traité délimitant leurs zones économiques exclusives respectives, évitant ainsi les conflits d'intérêt dans l'exploitation des ressources contiguës.

La visite de M. Netanyahu intervient un mois après celle du ministre chypriote de la Défense, Demetris Eliades, à Tel-Aviv où il a signé un accord d'échange de renseignements. La ministre du Commerce Praxoulla Antoniadou s'est rendue en Israël peu après à la tête d'une délégation d'affaires.

Le président israélien Shimon Peres s'est lui-même rendu à Chypre en novembre, le premier à y venir depuis Ezer Weizman en 1998.

Chypre a pourtant longtemps été l'un des plus sévères critiques d'Israël, sur la question palestinienne comme sur les enjeux régionaux, et n'a établi de relations diplomatiques avec l'Etat hébreu qu'en 1994.

L'arrestation de deux agents présumés du Mossad, le service de renseignement israélien, qui espionnaient un site militaire dans le sud de Chypre quelques jours à peine après la visite de M. Weizman avait entraîné une brouille entre les deux pays.

Depuis, les évolutions économiques et politiques du Moyen-Orient ont poussé Chypre à faire volte-face. L'île a notamment interdit il y a trois ans ses ports aux bateaux en route pour Gaza pour tenter de briser le blocus maritime israélien.

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