Les médias: Le pire comme le meilleur

Antisémitisme/Racisme, International, Israël - le - par .
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Au lendemain des attentats de Paris, Anne-Sophie Le Tac ancienne élève de l'École Normale supérieure, estime que la diffusion d'images en continu pendant tout le temps des attaques participe à la brutalisation d'une société qui semble se diriger vers une guerre mondialisée.

Ces méthodes sont aussi appelées « bourrage de crâne ».
Nous constatons actuellement une dérive du pouvoir des médias : recherche de l’audimat. Que faire aussi face à une « demande » de sensationnel, de faits divers, de spectacles morbides venant des lecteurs ou spectateurs. Nous sommes à l’ ère de la communication, tout nous est offert, le pire comme le meilleur.

Les médias sont pourtant des acteurs clés pour procéder à ce rééquilibrage éditorial dans la couverture de l’actualité. Contrairement aux idées reçues, les médias s’aventurent sur ce terrain éditorial,  y compris les plus vilipendés et suspectés de tropisme anxiogène comme BFM TV.

Le directeur de la rédaction de cette chaîne tout-info, Hervé Bérouddit s'en défend :« Dans la construction de nos journaux, on n’oublie pas de parler de ce qui va bien, même si ce n’est pas forcément le premier réflexe d’un journaliste ».  

Des jeunes, ce soir là du 13 Novembre, ne s’inquiétant de rien et voulant  juste profiter de la vie, allaient à un concert, faire la fête après une journée de travail.

Anne-Sophie Le Tac , décrypte une phrase qui revient dans les témoignages effroyables de cette nuit d'horreur : «on pensait que c'était des pétards». Un jeune homme blessé par balle explique qu'il a l'impression qu'un pétard explosait sur son bras.

Mais c'est aussi une information relayée, des jours, des semaines, sans relâche. Une aide, sans conteste pour celui qui est derrière son écran, à l'aider normalement à mieux comprendre.

Retraçant le terrible passé avec l’affaire du gang des barbares et l'assassinat d'Ilan Halimi, torturé à mort, parce que Juif  ainsi qu'à Toulouse, lorsque Mohamed Merah saisi une petite fille par sa natte pour lui loger une balle dans la tempe parce que juive.

Elle accuse les «pétards» du RAID et les débats politiques houleux à la suite de cette macabre affaire qui ont oblitéré les hurlements d'enfants et recouvert pudiquement de sable le sang d'une petite famille juive décimée alors qu'elle partait pour l'école. Néanmoins, il est bien de le reconnaître que sans les pétards du RAID  le bilan du massacre aurait été peut-être bien pire.

Elle souligne que contrairement à ce qui se dit sur les chaînes de télévision, il n'y a pas eu de «prise d'otages» au Bataclan. Les témoignages de survivants racontent les exécutions méthodiques en continu «un par un», les «corps empilés», dans la «fosse» de la salle de concert.

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Comparant cela aux fosses où les Einzatzgruppen abattaient les Juifs à la chaîne durant la Shoah par balles, ou celles, plus récentes, de Srebrenica. Ce n'est pas de «guerre» qu'il faut parler, mais de crimes de masse perpétrés par des lâches et des criminels. Déclarée «capitale de l'abomination» et «idolâtre» par Daesh, Paris est devenue pour un temps le 13 novembre 2015 la Biélorussie de novembre 1941.

Les bourreaux du Bataclan ont même utilisé un jeune homme pour vérifier que les morts ne simulaient pas. Les chaînes d'information interrogent les voisins des criminels, et c'est là, précise- t- elle où nous vivons une nouvelle forme de «brutalisation» de notre société, un concept utilisé par l'historien George Mosse pour désigner l'accoutumance progressive à la violence dans les sociétés européennes de l'entre deux guerres.

Nos esprits sont en proie à une véritable pornographie de l'image, au motif bienveillant du droit à l'information. Pourtant, loin de «faire entrer la guerre dans notre salon», le filtre de l'image repousse à une distance incommensurable ce qui se passe à quatre rues de chez nous, et floute en nous le réel comme le porno émousse le désir.

Les caméras qui filment en direct l'assaut des terroristes et l'être humain qui se vide de son sang devant la sortie de secours du Bataclan, le téléphone qui survole des cadavres avec la voix d'un imbécile qui commente «oh les pauvres gens!» ne montrent que la virtualité de la guerre et fait de nous des brutes. Ce que les vraies victimes vivent est une expérience intime, impossible à partager, surtout pas en direct. 

Mais finalement, sans les médias, l'information serait incomplète, elle ne "vivrait pas" , c’est à chacun d’utiliser son esprit critique face aux flux d’informations/désinformations qui nous submerge. Chacunest à l’affut de l’information qui va drainer le chaland.

La vraie richesse, est de savoir utiliser son intellect et de ne pas se laisser déborder pas la misère des plaisirs que l’on nous sert à la télévision ni par l'émotion qui est le piège de l'intellect. Empêche et paralyse toute réflexion.

Nathalie ZADOK

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