Frères musulmans : le rapport que Macron voulait enterrer met la France face à ses lâchetés

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Frères musulmans : le rapport que Macron voulait enterrer met la France face à ses lâchetés

 

Frères musulmans : le rapport que Macron voulait enterrer met la France face à ses lâchetés

Un rapport de 73 pages commandé par l'État lui-même, gardé sous clé pendant des mois, puis révélé malgré l'Élysée. Voilà ce qui a mis Paris sens dessus dessous en mai 2025, et ce qui continue de produire ses effets huit mois plus tard, jusque dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Un document que l'exécutif ne voulait pas voir sortir

Le texte s'intitule « Frères musulmans et islamisme politique en France ». Il a été commandé fin 2024 par le gouvernement Attal, rédigé par le diplomate François Gouyette et le préfet Pascal Courtade, avec l'appui des services de renseignement.
Remis au ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, il est resté entre les mains de l'exécutif plusieurs semaines avant de fuiter dans Le Figaro le 20 mai 2025.
Emmanuel Macron a mal pris la fuite. Selon plusieurs sources concordantes, il a sèchement recadré ses ministres lors d'un Conseil de défense tendu, visant en particulier Retailleau.
Le rapport qu'il avait lui-même commandé s'était retrouvé dans la presse avant qu'il n'ait décidé quoi en faire.

Ce que dit réellement le rapport

Le document ne parle pas de complot fantasmé mais d'une stratégie documentée sur le long terme. Il évoque un entrisme islamiste qui se diffuse d'abord au niveau local, à travers un tissu associatif et des institutions républicaines infiltrées pas à pas.

Le rapport identifie 139 lieux de culte rattachés à la mouvance frériste, auxquels s'ajoutent 280 associations actives dans une multitude de secteurs qui encadrent la vie quotidienne des musulmans de France : culturel, caritatif, scolaire, professionnel, jeunesse, financier.

L'éducation apparaît comme la priorité stratégique de la branche française des Frères musulmans, à un degré qui la distingue nettement de ses homologues européens.
Le rapport recense 21 établissements scolaires liés à la mouvance en septembre 2023, dont 18 directement rattachés et 3 réputés proches, accueillant au total 4 200 élèves. Il tire également la sonnette d'alarme sur l'activisme d'une nouvelle génération de prédicateurs, particulièrement présents sur les réseaux sociaux.

Sur l'ampleur du phénomène, le directeur national du renseignement territorial, Bertrand Chamoulaud, cité dans la proposition de résolution européenne déposée par le député Éric Pauget en mai 2025, avance un chiffre qui donne la mesure de la progression : le nombre de Frères musulmans présents sur le territoire national est passé de 55 000 en 2019 à plus
de 100 000 en 2024, soit un doublement en cinq ans.

Le rapport conclut que cette réalité, même si elle ne recourt pas à la violence, fait peser un risque sur le tissu associatif, les institutions républicaines et la cohésion nationale.

La colère de l'exécutif, la prudence des mesures

Après la fuite, Macron a réuni en urgence son Premier ministre et les ministres des Affaires étrangères, des Finances, de l'Éducation nationale et des Sports, trois secteurs identifiés comme particulièrement exposés à cet entrisme par le bas.
Il a exigé de nouvelles propositions, jugeant celles qui lui étaient présentées insuffisantes au regard de la gravité des faits.
La mesure retenue en juin 2025, l'interdiction de nommer des imams formés à l'étranger, est restée en deçà de l'ampleur du problème décrit dans le rapport, puisque la mouvance forme depuis longtemps ses propres imams sur le sol français. Un sondage CSA a montré que la question dépasse largement les clivages partisans dans l'opinion publique.

Le Parlement reprend le dossier

Ce que l'exécutif a traité avec prudence, l'Assemblée nationale l'a repris avec plus de netteté. Un rapport de la commission des Affaires européennes, présenté en janvier 2026 par le député Éric Pauget, s'appuie explicitement sur le document de mai 2025 pour soutenir une résolution visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. L
e rapport parlementaire conclut sans détour que l'idéologie et l'activité de cette mouvance en France sont incompatibles avec les principes de la démocratie libérale.
Un second rapport, celui de la commission des Affaires étrangères, enfonce le clou en janvier 2026 en soulignant la stratégie de dissimulation qui caractérise cette organisation et la difficulté qu'elle pose aux services de l'État pour en mesurer précisément l'étendue.

Une réaction qui confirme le malaise

Les organisations musulmanes de France, dont le Conseil français du culte musulman, ont dénoncé des amalgames dangereux et une stigmatisation. Cette réponse ne change rien au constat central du rapport, documenté par des services de renseignement et validé deux fois par des instances parlementaires distinctes : une stratégie d'implantation patiente, financée depuis l'étranger, qui avance précisément parce que la France politique a mis vingt ans à la nommer par son nom.

Ce que la France choisit de ne pas voir

Deux rapports, deux ans d'intervalle, la même conclusion. Ce n'est plus un dossier confidentiel, c'est un constat d'État. La question qui reste posée n'est plus de savoir si l'entrisme existe. Elle est de savoir combien de temps encore la France choisira de le documenter plutôt que d'y répondre.

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