Israël la revue de presse de Valérie Karsenti. La guerre en Israël et les enfants.

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Tout d'abord, je voudrais vous présenter une initiative qui m'a séduite par sa générosité et son " spirit "que j'ai trouvé si juif. Il s'agit d'un site qui se propose de mettre en relation des personnes qui  respectent le Chabat et qui sont en déplacement. L'idée vient du champion israélien d'escrime Alexandre Woog, qui, lors de ses déplacements pour les championnats, ne trouvait pas où passer Chabat (ou en tout cas difficilement)

Cliquez sur le lien ci-dessous et vous comprendrez……

Good Chabat: http://goodshabbat.com/index/why

 

Je ne peux malheureusement pas omettre de parler maintenant  de ce qui se passe dans le Sud d'Israël  à côté de la bande de Gaza, entre Sderot et Ashkelon. 

 

Comme vous le savez sûrement des enfants se trouvent en permanence sous la menace des roquettes gazaouites, roquettes qui sèment la terreur, même lorsqu'elles sont lancées dans un espace "vide " (c'est l'expression consacrée à la radio et à la télé israélienne…aussi bien que : la roquette n'a blessé personne et n'a causé aucun dégât…).

 

Mais comme je l'ai entendu dire ce matin à la radio (Gaalei Tsahal), par un habitant d'un des kibboutzim du Néguev, (qui sont eux aussi la cible des tirs palestiniens) :"il n'y a pas de roquette lancée  "sans dégâts". Il y a des enfants qui dorment dans les abris toutes les nuits, qui ne vont pas à l'école, qui tremblent dès qu'ils entendent un bruit…Des adultes qui ne peuvent pas se rendre sur leur lieu de travail, qui ne peuvent pas laisser leurs enfants seuls , qui ne peuvent plus mener une vie "normale" , et dont l'unique souhait est de "passer une nuit tranquille ,sans alerte et sans descente aux abris"!......

 

Et de l'autre côté de la ligne verte, il y a des mamans palestiniennes qui préfèrent traverser la "frontière hermétique" pour venir faire soigner leur bébé dans les hôpitaux israéliens!

Cette contradiction apparente résume bien la réalité  à laquelle les israéliens sont quotidiennement confrontés et pardon à tous ceux qui pensent qu'il s'agit de clichés!


Lisez les 2 articles qui suivent pour vous en convaincre.

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4303629,00.html

 

C'est à Gaza qu'on décide si nos enfants iront à l'école  ou pas et ce que nous ferons dans la journée !

Cette déclaration un peu brutale reflète exactement  le sentiment des parents qui vivent avec leur(s)enfant(s) autour de la bande de Gaza." Ce sont les terroristes qui fixent notre emploi du temps […] ça ne serait jamais arrivé ni à Tel Aviv, ni aux Etats Unis ! Mais qui s'en soucie? Nous n'existons pas! " Merav Cohen, mère de quatre enfants (respectivement 4 ans, 8 ans, 10 ans et 13 ans) n'est pas surprise de la reprise brutale des tirs provenant de Gaza.

 

 Pendant que la presse est pleine des élections de janvier, Merav et beaucoup d'habitants de la région ont la sensation d'avoir été abandonnés, et de devoir subir les tirs seuls. Merav s'indigne:

 

" Ce sont les terroristes qui fixent notre emploi du temps de la journée et qui décident si nos enfants iront à l'école! Ils régentent notre quotidien et on finit par avoir peur de leur réaction .Il y a quelque chose d'incompréhensible dans toute cette situation. Je suis obligée de rester à la maison avec mes enfants,  de ne pas me rendre au travail et d'appréhender minute après minute  la sirène qui va nous jeter aux abris! Personne ne va payer mon salaire, ni s'occuper de mes enfants, qui, s'ils ne sont pas blessés physiquement BH, le sont psychologiquement, ne serait-ce qu'à cause du manque de sommeil et de l'angoisse occasionnée par l'incertitude qui est notre lot quotidien depuis plus d'une dizaine d'années. On attend quoi? Plus de blessés? Des morts? Que quelqu'un du gouvernement nous dise au moins que tout est mis en œuvre  pour régler cette situation insupportable! Les gens d'ici vivent une réalité complètement inacceptable! On désire tous avoir une vie "normale" .On ne veut plus penser aux roquettes, mais avoir uniquement des soucis financiers! " 


Galith  Sirote Ben Zaquen, la maman de 3 petites filles de 6,12, et 14 ans raconte que ses filles se sont en quelque sorte " habituées" à cette routine. 

 

Comme les alertes se font de plus en plus fréquentes, les volets blindés sont fermés et des matelas sont déjà disposés par terre pour que Galith et sa famille puissent dormir "confortablement" dans la pièce aménagée spécialement pour servir d'abri (pièce  que la plupart des maisons et appartements israéliens comptent).

 

Galith ajoute que malgré l'apparente routine des nuits cloitrées dans l'abri, sa fille de 6 ans ne veut plus aller se doucher seule. Elle n'entre dans les toilettes qu'accompagnée de sa mère qui doit l'attendre à l'extérieur.

 

Ses grandes filles préfèrent être à l'école lorsque la sirène retentit (et qu'elle est généralement suivie d'un tir de roquette) .

 

Galith explique que l'école entière est blindée et que les filles se soutiennent les unes les autres. 

La plus grande difficulté et la plus grande peur reste le trajet jusqu'à l'école. Les enfants y vont en bus. Bien que ces  bus soient affectés  au ramassage scolaire, ils  ne sont  pas blindés.

" C'est déjà la deuxième fois ce mois-ci que les cours sont annulés en raison de la situation, s'exclame Galith, on ne peut plus vivre comme ça!"


Dimanche (11 novembre) en raison des tirs, les écoles de Sderot, Eshkol, Shaar Ha Neguev, Sdot Neguev et Gan Sadeh n'ont pas ouvert leurs portes. 

Mais comme la décision a été prise le matin, les parents avaient déjà envoyé leur(s) enfant(s) et ils ont été obligés de venir les chercher eux-mêmes .

 

De l'autre côté de la frontière le ministère de l'éducation du Hamas a décidé d'évacuer toutes les écoles qui se trouvent près de la zone orientale de la bande de  Gaza. Il s'agit d'une décision de "routine" qui accompagne chaque reprise des tirs.

 

Djian Abou Agram, jeune maman d'une petite Saara, traverse la frontière pour faire soigner sa fille atteinte d'une malformation génétique rare.

"J'ai déjà perdu 3 bébés, je ne voulais pas en perdre un quatrième! "C'est ce que déclare Djian Abou Agram, jeune femme palestinienne de Gaza, après que sa fille ait été soignée à l'hôpital Meir de Kfar Saba. Djian s'est résolue à venir faire soigner sa fille dans un hôpital israélien après avoir perdu trois enfants qui étaient atteints d'une malformation génétique rare de l'intestin. 

 

Les trois étaient nés dans un hôpital égyptien, où l'on n'avait pas su, selon les dires de Djian, diagnostiquer ni sauver ses enfants. C'est ainsi que la jeune maman soutenue par sa famille a décidé de traverser la frontière pour que sa fille, nouveau née, puisse être soignée et ceci en mettant de côté convictions politiques et religieuses.

Tsipi Dolfin, professeur et directrice du département pédiatrique et du département des urgences néonatologiques raconte :"Saara est arrivée à l'hôpital. Nous avons découvert qu'elle était atteinte d'une malformation des intestins empêchant d'assimiler la nourriture. La petite est arrivée à l'hôpital deux semaines après avoir présenté les premiers signes de cette maladie .Elle avait déjà perdu du poids depuis sa naissance .Nous l'avons opérée .Je dois dire que cela fait quarante ans que je travaille dans le service de néonatologie et que je n'ai jamais encore été confrontée à un cas aussi compliqué .Apres l'opération ,il nous a fallu trouver une nourriture et un dosage qui convenaient à Saara .Durant son séjour à l'hôpital ,séjour qui a duré plusieurs mois ,son état n'est pas resté stable et son poids non plus. Nous nous sommes aperçu que Saara prenait du poids lorsque sa maman venait de Gaza pour rester avec elle. Mais lorsqu'elle repartait, l'état de la petite s'aggravait. Aussi nous nous sommes efforcés de dispenser le plus d'amour et d'attentions possibles à Saara. Des volontaires de l'association "Hibouk Rishon " (premier baiser) se sont relayés pour que quelqu'un soit toujours avec Saara. Finalement sa guérison est autant due aux soins médicaux et à l'opération qu'à l'amour et à l'attention que Sara a reçus ici."


Djian ,quant à elle, confie qu'elle était déchirée chaque fois qu'elle devait quitter Saara pour rentrer à Gaza et retrouver ses deux autres enfants .Toutefois ,elle avoue que malgré les difficultés administratives qui accompagnaient ses entrées et ses sorties du territoire israélien ,elle était confiante car elle savait que Saara était entre de bonnes mains .D'ailleurs elle dit elle-même ,qu'elle ne pouvait imaginer recevoir autant d'attentions. 

 

A Gaza, comme elle l'explique, les hôpitaux ne fournissent pas ce genre de service .De plus la médecine est meilleure en Israël. La joie de Djian de pouvoir retourner à Gaza accompagnée de son bébé en bonne santé est toutefois teintée  de tristesse.

 

"Si j'étais venue avant, je n'aurais sans doute pas perdu mes trois autres bébés! Ou en tous cas, ils auraient pu être soignés, même si le traitement n'avait pas réussi."


Bien que Saara soit sortie d'affaire, elle doit suivre un régime alimentaire très particulier et de fait onéreux .A l'hôpital, avec l'aide de l'association Matira, on a pu offrir aux parents l'équivalent en argent de 20 boites de cet aliment, quantité qui doit suffire pour deux mois environ.

http://www.mynet.co.il/articles/0,7340,L-4285632,00.html

 

Dans la même optique et c'est encore une fois, la réalité en Israël, voici à quoi nos soldats, nos enfants (mon fils commence son service dans 10 jours BH) ceux qui n'ont que 18 ans et qui doivent garder nos frontières sont confrontés. Pas besoin de commentaires pour cette vidéo qui parle d'elle-même! 


Sachez que cette vidéo est présentée sur le site internet Ynet qui est le site du journal Yediot Aharonot (journal réputé de gauche et qui devrait à priori éviter de montrer des soldats qui gardent leur sang-froid, face à des enfants d'une douzaine d'années qui les harcèlent ,en attendant un geste prêtant  à confusion, geste qui sera immédiatement filmé  puis envoyé aux agences de presse  du type de l'AFP dont le fonds de commerce est effectivement les      " violations des droits de l'homme dans les territoires occupés".)

Voici le lien: http://www.ynet.co.il/home/0,7340,L-4346-69928,00.html

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