Etats-Unis et Israël divergent sur le nucléaire iranien

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kerrynet.JPGROME - Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont exposé mercredi à Rome leurs divergences sur le nucléaire iranien, le second réclamant un démantèlement véritable des structures développées par Téhéran.

Réunis dans la capitale italienne pendant sept heures, les deux hommes ont aussi discuté du processus de paix israélo-palestinien.

"L'Iran ne doit pas avoir la capacité de mettre au point des armes nucléaires, ce qui signifie que les Iraniens ne devraient pas avoir de centrifugeuses d'enrichissement (de l'uranium), qu'ils ne devraient pas avoir de réacteur à l'eau lourde produisant du plutonium, qui ne sert qu'à des armes nucléaires", a dit Benjamin Netanyahu à la presse.

Le Premier ministre israélien a souligné que l'Iran devait se débarrasser de l'intégralité de ces stocks de matériaux fissibles ainsi que de ses installations nucléaires souterraines qui, a-t-il dit, "ne sont souterraines que pour une seule raison : des usages militaires".

John Kerry a estimé pour sa part que l'Iran pourrait démontrer le caractère pacifique de son programme nucléaire en adhérant par exemple aux normes internationales suivies par d'autres nations.

"Nous poursuivrons une initiative diplomatique tout en gardant les yeux grand ouverts, conscients qu'il sera vital pour l'Iran d'être à la hauteur des normes que suivent d'autres nations ayant des programmes nucléaires afin de prouver que ces programmes sont véritablement pacifiques", a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie américaine a dit attendre des autorités iraniennes des actes qui démontreront "de façon claire comme le jour, indéniable et infaillible" que ses activités nucléaires visent bien, comme l'affirme Téhéran, les usages civils de l'atome.

Les Etats-Unis n'excluent pas la possibilité d'agir militairement contre l'Iran, mais avant d'en arriver à cette extrémité, susceptible de déstabiliser le Proche-Orient, ils disent vouloir tester toutes les voies possibles pour résoudre le problème.

DÉTERMINATION

"Le secrétaire Kerry a réaffirmé la détermination du président Obama d'empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, alors même que nous sommes sur la voie diplomatique", a déclaré un responsable du département d'Etat après la fin de la réunion.

L'élection de Hassan Rohani à la présidence iranienne, en juin, a ouvert un nouveau chapitre dans les relations entre la république islamique et le "P5+1", qui rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et l'Allemagne.

La semaine dernière à Genève, l'Iran et le P5+1 ont négocié pour la première fois depuis l'accession au pouvoir de Rohani. Un nouveau cycle de discussions est programmé pour les 7 et 8 novembre toujours à Genève.

Selon le briefing du haut responsable américain, Kerry et Netanyahu ont eu une discussion "en profondeur" sur les négociations de paix israélo-palestiniennes, qui ont repris le 29 juillet. Les Etats-Unis se sont fixés neuf mois pour parvenir à un accord de paix dont près de trois sont déjà passés.

Le responsable du département d'Etat n'a pas voulu dire quelle proportion de la réunion avait été consacrée au dossier palestinien alors que l'Iran a représenté l'essentiel de leurs commentaires publics.

L'Iran revendique le droit de retraiter et enrichir de l'uranium à des fins civiles dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP) de 1970 censé éviter la prolifération des armes nucléaires.

Depuis 2006, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté à plusieurs reprises des résolutions exigeant de l'Iran l'arrêt du processus d'enrichissement de l'uranium de même que ses activités impliquant la technologie des réacteurs à l'eau lourde.

Mais des experts occidentaux reconnaissent, de même que certains diplomates en privé, qu'il n'est plus réaliste d'espérer que l'Iran mettra un terme à ses activités d'enrichissement.

Tout accord, disent-ils, devrait dès lors chercher à fixer des limites strictes et vérifiables au nombre de centrifugeuses opérationnelles en Iran et à la production d'uranium faiblement enrichi.

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