Israël triomphe à Dubaï : Alona Ben Natan sacrée championne du monde Bajas 2025

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Israël triomphe à Dubaï : Alona Ben Natan sacrée championne du monde Bajas 2025

« Je suis prête pour le niveau supérieur ».

Tel était l’avertissement lancé par Alona Ben Natan après avoir franchi, ce dimanche 23 novembre 2025, la ligne d’arrivée du rallye-raid qui lui offre le titre de championne féminine de la 2025 FIM Bajas World Cup à Dubaï, aux Émirats arabes unis. 

Une victoire et plusieurs lendemains

Alona Ben Natan, pilote israélienne de rallye tout-terrain, termine première de la catégorie féminine après avoir couvert 842 kilomètres en deux jours et demi d’épreuve.  Son chemin vers ce sommet se construisait sur le rythme : la coupe mondiale de Bajas se compose de sept manches — une étape supplémentaire prévue en Hongrie ayant été annulée après le départ de la saison. 

« Je suis vraiment fière de moi et très excitée. Mon plan était de finir première, et je l’ai fait. Je suis bien préparée et je peux maintenant participer à des rallyes plus importants l’année prochaine. Je suis prête pour le niveau supérieur, qui pour moi est le Dakar 2027 », a-t-elle déclaré à JNS. 

Un parcours inspirant, un engagement concret

Le récit de Ben Natan commence modestement. Il y a six ans, elle se trouvait à un barbecue familial lorsqu’un ami lui a proposé de tester deux motos qu’il venait d’entretenir.
« Je cherchais quelque chose de nouveau dans ma vie. Je suis revenue de cette balade très excitée. Une semaine plus tard, j’ai acheté une moto et tout l’équipement », confie-t-elle.  Très vite, elle gagne ses galons : un mois après avoir reçu un guide d’enduro et emprunté une moto, elle remporte un rallye en Israël. 

Trois ans plus tôt, elle participait à sa première manche de la World Cup à Jordanie, croisant déjà la route de champions comme Mohammed Al Balooshi (champion 2018 et 2023).
L’anec­dote surprenante : l’ambassade israélienne au Maroc lui propose alors d’intégrer une
« équipe Paix », aux côtés d’une copilote marocaine, Hyba Benryane. Baptisées « Daughters of Abraham », elles remportent l’épreuve et reversent leur prix à un village marocain. 

« Quand vous arrivez  surtout à Dubaï vous vous sentez vraiment en sécurité. Je n’ai jamais reçu de propos anti-Israël ici. J’ai de nombreux amis de différents pays, y compris certains sans relations diplomatiques avec Israël, comme le Liban ou l’Arabie Saoudite. Le sport nous connecte », résume-t-elle. 

Exigence physique, mental et technique

Le challenge ne se limite pas à la vitesse. « Dans chaque pays, vous courez sur un terrain différent forêts, rochers, montagnes, ou sable à Dubaï. Les températures sont élevées, et parfois vous roulez jusqu’à 500 kilomètres [310 miles] par jour pendant plusieurs jours. C’est un long marathon, et il faut rester concentré et naviguer », explique la championne. 

Elle ajoute : « Si vous tombez ou vous écrasez, vous devez savoir comment faire le minimum pour réparer votre moto. À la fin de la journée, vous êtes seul dans le désert. L’objectif est de finir sainement, le plus vite possible, et de récolter tous les points tout au long de la course. » 

Sa préparation combine yoga, Pilates, exercices de navigation, deux-roues dans le désert et les forêts d’Israël, vélo et natation. 

Objectif 2027 : le Dakar en Arabie saoudite

Son regard est fixé sur l’épreuve emblématique : le Dakar Rally 2027 en Arabie saoudite. Elle a déjà accumulé la moitié des points requis. Il lui reste à participer à la manche du BP Ultimate Rally‑Raid au Portugal en mars, puis à une autre en Argentine en mai. En juin, la qualification sera connue. 

« Je fais de mon mieux pour y arriver. C’est la course la plus dure. Pour me qualifier, je dois finir la course à Dubaï et continuer vers les plus gros rallyes en Europe et en Argentine. Je suis heureuse de devenir, sinon la première, du moins une des premières Israéliennes à courir en Arabie saoudite, surtout en tant que femme, pour montrer au monde que nous pouvons le faire et que le sport est une scène neutre où la politique ne devrait pas entrer », confie-t-elle. 

Un détour par le conflit et le retour à la course

Depuis le 7 octobre 2023, la pilote a traversé une période difficile. « Le 7 octobre, j’étais en course au Portugal. J’étais sur la moto en train de finir la journée quand j’ai vu ce qui se passait. C’était très dur. Je n’ai pas pu revenir pendant plus d’une semaine, ne sachant pas si ma famille était en sécurité. C’était frustrant », témoigne-t-elle. 

Elle a arrêté sa saison entrante : « J’ai reçu beaucoup de messages d’amis à Dubaï et en Arabie saoudite, me demandant si tout allait bien et quand je reviendrais. Je ne pouvais pas courir  je ne me sentais pas à l’aise de concourir alors que mes amis combattaient dans l’armée, et certains mouraient. Aujourd’hui, je suis de retour à pleine puissance. » 

Quand le rêve devient victoire

Elle en résume ainsi le secret : « C’est comme ça que ça marche pour moi. Je me vois là où je veux aller, et d’une manière ou d’une autre je trouve le chemin. Quand vous faites ce que vous aimez, vous trouvez un moyen de le conquérir. Quand j’ai commencé, j’ai acheté la plus vieille moto. Je ne savais rien du sport. Faites le premier pas, persévérez, et ça arrivera  c’est ça le secret. Croyez en vous. » 

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