Benyamin Nétanyahou achève sa visite sous pression à Washington

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Benyamin Nétanyahou achevait mardi une difficile visite à Washington, à l'image de son long entretien avec Barack Obama la veille à la Maison Blanche. Malgré les pressions américaines, le Premier ministre israélien s'apprêtait à quitter les Etats-Unis sans avoir apporté son soutien à la création d'un Etat palestinien, fondement du processus de paix depuis Oslo.

Le chef du gouvernement israélien s'est entretenu mardi avec des membres de la Commission des relations étrangères du Sénat, les chefs des majorités des deux chambres du Congrès ainsi qu'un groupe de parlementaires juifs. Il a également rencontré le secrétaire à la Défense Robert Gates.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a dîné lundi avec le Premier ministre israélien, a déclaré mardi à la presse qu'elle avait répété, à l'instar de Barack Obama, l'engagement du gouvernement américain en faveur d'une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien ainsi que sa demande que l'Etat hébreu arrête les constructions dans les implantations juives de Cisjordanie. "Ce qui sous-tend cet engagement, c'est la conviction que les Palestiniens méritent un Etat viable", a-t-elle expliqué.

Alors que les divergences entre l'administration Obama et le nouveau gouvernement israélien sont apparues au grand jour lundi à la Maison Blanche, Benyamin Nétanyahou a assuré mardi que les Etats-Unis et Israël "travaillent ensemble" pour relancer la feuille de route pour la paix au Proche-Orient et "englober d'autres éléments du monde arabe dans le processus".

Pressé de relancer les pourparlers israélo-palestiniens et mettre en oeuvre les obligations israéliennes prévues de la "feuille de route", Benyamin Nétanyahou a invoqué mardi la nécessité de combattre la menace posée par l'Iran et son programme nucléaire, dont dépend pour lui la paix dans la région. Il a répété qu'Israël et "ses voisins" reconnaissent le risque posé par Téhéran et la possibilité que le régime iranien se dote de l'arme nucléaire. "Le président Obama m'a assuré hier que les Etats-Unis sont déterminés à empêcher que cela se passe", s'est-il félicité.

La veille, le président américain avait dit espérer d'ici la fin de l'année une réponse positive de l'Iran sur l'offre diplomatique de Washington pour discuter de son programme nucléaire. Mais "nous n'allons pas discuter indéfiniment", a-t-il averti devant son hôte israélien, qui s'inquiète de la main tendue par les Etats-Unis à l'Iran.

Mais après leur premier entretien depuis leurs entrées en fonction respectives, Barack Obama n'y est pas non plus allé par quatre chemins pour inviter le gouvernement israélien, dominé par les faucons, à saisir une "occasion historique" de relancer les négociations pour avancer vers une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

Devant les journalistes, il a rappelé à Benyamin Nétanyahou que des discussions sérieuses ne pouvaient avoir lieu que s'il mettait un terme à l'expansion des colonies juives de Cisjordanie, comme le requiert la feuille de route du Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations unies).

Benyamin Nétanyahou s'est dit prêt à reprendre les pourparlers immédiatement, en prévenant que tout accord dépendrait de la reconnaissance du droit à l'existence d'Israël en tant qu'Etat juif. Mais il s'est gardé de dire s'il acceptait de négocier la création d'un Etat palestinien vivant au côté d'Israël, tout comme de répondre sur la question des colonies.

Plus tard, devant les journalistes qui suivent sa visite, il a renvoyé la balle dans le camp des Palestiniens, expliquant que ces derniers devaient également respecter l'obligation de démanteler les groupes militants.

La tâche de Barack Obama, déterminé à donner un nouvel élan au processus de paix s'annonce difficile. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, attendu à son tour à la Maison Blanche le 28 mai, a dit de son côté qu'il ne reprendrait les négociations que si l'Etat hébreu s'engage explicitement en faveur d'une solution à deux Etats et accepte de geler les implantations.

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