Enseignement de Manitou : le juif est l'Hébreu en exil

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Enseignement de Manitou : le juif est l'Hébreu en exil

La Bible ne nous parle pas des Juifs, elle nous parle des Hébreux. Le Juif c'est un Hébreu en exil, mais l'exil a duré tellement longtemps qu'on a fini par inverser les évidences d'identité, et à considérer comme normale une identité anormale, qui a toujours eu vocation à être provisoire et qui est destinée à disparaître. Le Juif est un Hébreu à l'indice de telle ou telle nation, alors que l'Hébreu est un Juif à l'indice de l'universel. Le Juif doit retrouver les racines de son identité, qui ne sont pas juives mais hébraïques. Pour cela il doit rentrer chez lui, au "pays des Hébreux", en terre d'Israël.

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Les leçons de Manitou l’Hébreu par Yitzhak de Almeida

Léon ASKENAZI, Leçons sur la Torah, Paris, Albin Michel, 2007.

Le Juif et l’Hébreu, Joseph et Judah

Manitou opère alors une distinction et oppose deux approches divergentes , deux chemins pour parvenir à cette Rédemption espérée : la « vocation Joseph » et la « solution Judah »
Des expressions pour le moins énigmatiques.

A quoi correspondent ces deux visions,  ces deux visages de la Rédemption? 

Le fils de Jacob incarne les multiples tentatives des Juifs de Diaspora pour améliorer les nations de l’intérieur. Ainsi Joseph, après avoir été vendu à des marchands par ses frères jaloux, passe du statut d’esclave à celui de vice-roi d’Égypte, régnant sur la plus grande puissance de l’époque au nom du tout-puissant Pharaon. Depuis cette position, Joseph essaye d’humaniser la société égyptienne en y implantant les valeurs hébraïques et en instaurant, par ses compétences de gouverneur,  une ère de prospérité matérielle pour tous.

Manitou assimile la démarche de Joseph à celle des Juifs exiliques de toutes les époques qui se sont efforcés d’enrichir le patrimoine des nations où ils séjournaient. Il tient que ces tentatives, admirables, ont été vouées à des échecs répétés. Autant de preuves, pour lui, que la solution diasporique n’est pas la bonne.

Pour indiquer la voie d’une issue plus heureuse, il met en avant le modèle de Judah Macchabée.
Pour Manitou, en effet, trois grandes expériences (la souveraineté, l’exil, puis le retour) rythment la vie d’Israël et se répètent constamment jusqu’à l’avènement de l’ère messianique.

Dans ces grandes phases historiques, l’exil reste un état de délitement de l’identité hébraïque, qui empêche la venue du Messie : « L’exil, entre autres dangers d’érosion d’identité, entraînerait une dénaturation de la conscience de soi qui viderait de sa substance, en l’occultant, l’espérance même de la délivrance », p. 143. Manitou écrit, avec un sens de la formule et du renversement caractéristique de son style  : « À force de nous considérer chez nous alors que nous étions chez les autres, ne sommes-nous pas arrivés à nous considérer chez les autres quand nous sommes chez nous ? Il est temps de relire la Bible ! », page 311.

Dès lors, le fameux guerrier vainqueur des vastes armées séleucides,  dont les exploits sont célébrés lors de la fête de ‘Hanouka, peut être à bon droit, considéré comme le symbole par excellence de l’Hébreu souverain sur sa propre terre. Il a fait cesser l’exil intérieur du peuple juif.

Mais l’exil n’est pas seulement une situation contraire à la vocation d’ Israël ; elle est aussi néfaste pour Dieu qui connaît également l’exil de Sa Présence, de la Chekhina, hors de Son lieu.

Cette distorsion de l’ordre cosmique que serait l’exil divin en dehors de la Terre d’Israël est véritablement la pierre angulaire de la pensée de Manitou. Mettre fin à ce désordre est une priorité, une tâche urgente.

C’est pourquoi il insiste autant sur l’importance de la souveraineté juive en Terre d’Israël. En revenant là où ils ont non seulement le droit, mais également le devoir de résider, les Juifs (identité d’exil) peuvent peu à peu redevenir des Hébreux (identité originelle).

C’est ainsi qu’ils pourront bâtir la société conforme aux exigences de la la Torah, reconstruire le Temple et remplir proprement leur rôle de « Lumière pour les Nations » (Isaïe, 42 : 6). Ils ne seront plus entravées par les persécutions successives et l’assimilation ponctuant les épisodes d’exil du peuple en dehors de sa terre.

Dans la pensée politico-religieuse du Rav Ashkenazi, le sionisme est le mouvement politique qui permet aux Juifs de revenir sur leur terre et de reprendre la construction d’une « cité de Dieu » en Israël : la Délivrance ne saurait advenir sans la souveraineté politique du peuple d’Israël sur la terre que Dieu lui a donnée en héritage, depuis l’époque d’Abraham

Le retour des Juifs à Sion est la condition pour que la fraternité humaine se réalise dans l’histoire universelle. Telle est la leçon paradoxale qu’enseigne Manitou L’Hébreu.

site de l'enseignement de Manitou 

Source : https://sifriatenou.com/2021/01/19/7034/

 

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