Doubler les chances de vie : la révolution israélienne de la fécondation in vitro

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Doubler les chances de vie : la révolution israélienne de la fécondation in vitro

Doubler les chances de vie : la révolution israélienne de la fécondation in vitro

Une technologie optique révolutionnaire double les taux de succès de la FIV

Une innovation développée à l’Université de Tel Aviv et mise en œuvre au Centre médical Barzilai d’Ashkelon marque un tournant historique en médecine reproductive. Grâce à une technologie optique avancée, le taux de succès de la fécondation in vitro est passé de 34 % à 65 %.

Ce progrès change radicalement la donne pour des couples confrontés à des années d’échecs, de traitements lourds et de coûts financiers considérables. Un cas emblématique illustre cette avancée : après quinze cycles de FIV infructueux, un couple a finalement pu concevoir grâce à cette méthode.

Une crise mondiale de fertilité

L’infertilité touche aujourd’hui un couple sur six dans le monde. Dans près de la moitié des cas, l’origine est masculine. Selon la docteure Bozhena Saar-Ryss, directrice de l’unité de FIV et de la banque de sperme du Centre médical Barzilai, le nombre de spermatozoïdes chez les jeunes hommes en bonne santé a chuté d’environ 50 % en quelques décennies.

Cette dégradation contribue à l’effondrement démographique observé dans des pays comme le Japon, la Corée du Sud, l’Italie ou l’Espagne. Les causes sont multiples : report des maternités, pression professionnelle, mais aussi exposition croissante aux perturbateurs endocriniens, pesticides, plastiques et polluants environnementaux.

Malgré son rôle central, la FIV affichait jusqu’ici des taux de naissance vivante limités, entre 15 % et 25 %, obligeant de nombreux couples à subir plus de cinq cycles, avec un coût émotionnel, physique et financier écrasant.

Le point faible de la FIV : la sélection des spermatozoïdes

Jusqu’à présent, la sélection des spermatozoïdes reposait sur des critères visuels superficiels : forme externe et motilité. Le professeur Natan Shaked, directeur du département d’ingénierie biomédicale de l’Université de Tel Aviv, rappelle que les cellules étant transparentes, leur structure interne ne peut être observée qu’avec des colorants chimiques.

Or, ces colorants sont interdits en FIV car ils risquent d’endommager l’ADN embryonnaire. Résultat : les embryologistes travaillaient à l’aveugle. Environ 90 % des spermatozoïdes jugés acceptables visuellement ne répondent pourtant pas aux critères morphologiques internes de l’Organisation mondiale de la santé.

Une percée optique sans précédent

La technologie israélienne contourne cet obstacle en exploitant l’indice de réfraction des cellules, permettant une imagerie tridimensionnelle interne sans coloration chimique. Pour la première fois, il est possible d’analyser des spermatozoïdes vivants dans leur intégrité.

La méthode évalue simultanément trois paramètres clés en temps réel :

– la morphologie interne,

– la motilité,

– la fragmentation de l’ADN.

Cette approche permet une sélection conforme aux standards de l’OMS, avec une précision équivalente à celle de la coloration chimique, mais sans altérer les cellules. Il s’agit d’une première mondiale.

Des résultats cliniques spectaculaires

Au Centre médical Barzilai, 20 grossesses ont été obtenues sur 31 transferts d’embryons grâce à cette technologie, soit un taux de succès de 65 %. Dans le groupe témoin utilisant les méthodes classiques, seules 14 grossesses ont résulté de 41 transferts, soit 34 %.

L’essai, dirigé par la docteure Yulia Michailov, a dépassé toutes les attentes. Le professeur Shaked reconnaît que l’ampleur du gain révèle à quel point la qualité du spermatozoïde est un facteur déterminant, bien plus sous-estimé jusqu’ici.

Déploiement en Israël et à l’international

La technologie est désormais utilisée dans plusieurs centres israéliens, notamment à Ashkelon, Kfar Saba, Ramat HaHayal, Afula et Nahariya, ainsi qu’à l’Université de Californie à San Francisco et à l’Hôpital universitaire de Tokyo.

Sa commercialisation est assurée par QART Medical, startup fondée par le professeur Shaked et le PDG Alon Shalev, avec le soutien de Ramot, la société de transfert de technologie de l’Université de Tel Aviv. Les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques de référence, dont PNAS, Advanced Science et Fertility and Sterility.

Améliorer non seulement les grossesses, mais la santé des enfants

En permettant la détection de la fragmentation de l’ADN avant la fécondation, cette technologie réduit les risques d’anomalies chromosomiques, de fausses couches et de troubles du développement. Elle vise non seulement à augmenter les taux de grossesse, mais à améliorer la santé des enfants à naître.

Selon le professeur Shaked, il s’agit d’un changement de paradigme : passer d’une évaluation subjective à une médecine reproductive fondée sur des données objectives.

Une réponse à l’urgence démographique

Dans un contexte de déclin démographique accéléré dans de nombreux pays développés, une technologie capable de doubler les taux de succès de la FIV représente un levier concret. Si elle ne résout pas à elle seule les causes socio-économiques du recul des naissances, elle lève un obstacle biologique majeur pour les couples désireux d’avoir des enfants.

Pour Israël, pays déjà en pointe en médecine reproductive, cette avancée confirme un leadership scientifique qui dépasse largement ses frontières.

Enjeux économiques et éthiques

Chaque cycle de FIV coûte entre 10 000 et 20 000 dollars. En réduisant le nombre de cycles nécessaires, cette technologie allège considérablement la charge financière et émotionnelle pesant sur les couples et les systèmes de santé.

Sur le plan éthique, elle ne soulève pas de controverses majeures : aucune manipulation génétique, aucune sélection de traits non médicaux. L’objectif est strictement thérapeutique.

Une innovation encore trop peu médiatisée

Malgré son potentiel mondial, cette avancée reste largement ignorée du grand public. Elle illustre une tendance récurrente : les innovations israéliennes majeures sont sous-couvertes, éclipsées par une focalisation médiatique quasi exclusive sur le conflit.

Vers un nouveau standard mondial de la FIV

À mesure que les essais cliniques se multiplient, cette technologie pourrait devenir le nouveau standard international de la FIV. Elle ouvre la voie à une médecine reproductive de précision et pourrait inspirer d’autres applications en imagerie cellulaire.

Pour les millions de couples confrontés à l’infertilité, cette avancée israélienne n’est pas une simple statistique. C’est une promesse tangible : celle que la science peut encore transformer l’impossible en naissance.

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