Danemark :on aide les anciens jihadistes, on ne les traite pas comme des terroristes

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Danemark : à Aarhus, "on aide les anciens jihadistes, on ne les traite pas comme des terroristes"

 

Les services sociaux et la police de la deuxième plus grande ville danoise proposent un programme de réinsertion aux jeunes revenant de Syrie. Une initiative, selon eux, essentielle pour la sécurité de tous.

"Nous voulons que les jihadistes qui reviennent au Danemark redeviennent des citoyens à part entière." 

Plus d’une centaine de personnes auraient quitté le Danemark pour aller faire le jihad, estime le Service de sécurité et de renseignement danois (PET) dans un rapport datant de juin (en danois). Ces jeunes sont pour la plupart originaires de Copenhague ou d’Aarhus, dans le nord-est du Danemark, d’où 30 personnes sont parties pour la Syrie en 2013.

Agés de 20 à 25 ans en moyenne, ces jihadistes sont éduqués, et issus de familles musulmanes. "Ils ne s’agit pas de marginaux, mais ils ont été radicalisés en quelques mois par d’autres jeunes de leur âge, salafistes, explique Allan Aarslev, responsable du programme au sein de la police d'Aarhus. Dans la plupart des cas, nous sommes arrivés à la conclusion que leur départ résultait de l’influence négative de membres non-identifiés du Centre pour la jeunesse musulmane de la mosquée Grimhojvej." Le PET estime que 22 jihadistes danois ont fréquenté ce lieu de culte avant de se rendre en Syrie. 

Discuter avec les jihadistes de retour

"Nous ne sommes pas immédiatement prévenus de leur retour, explique Allan Aarslev, qui a pris place au dernier étage du QG de la police. Leurs proches ou leurs professeurs, inquiets, nous informent qu’ils sont rentrés, parfois des mois après leur arrivée." 

Le SSP est souvent prévenu via l’”infohus”, une permanence téléphonique tenue par deux policiers et un employé des services sociaux dans les bureaux de la police, un grand bâtiment en briques du centre-ville. La mosquée Grimhojvej a en outre encouragé les anciens jihadistes parmi ses fidèles à se manifester. "On leur a expliqué que les autorités voulaient les aider, pas les traiter comme des terroristes", indique le recteur Oussama Al Saadi.

"La première étape consiste à se renseigner sur ces jeunes, détaille Allan Aarslev. Puis, nous avons une première rencontre avec eux : il ne s’agit pas d’un interrogatoire, mais bien d’une discussion pour savoir s’ils ont besoin d’aide." Les autorités évitent donc de poser trop de questions aux jihadistes de retour, "qui les éluderaient de toute façon". Quitte à ne pas pouvoir déterminer s’ils ont participé aux combats en Syrie ou fourni une aide humanitaire dans les camps de réfugiés.

 

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