Antisémitisme : Une carte interactive recensant les "entités juives" en Catalogne est dénoncée

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Antisémitisme : Une carte interactive recensant les "entités juives" en Catalogne est dénoncée

Une carte recensant les entités juives en Catalogne est dénoncée

Plainte déposée pour incitation à la haine

Le Mouvement contre l'intolérance (MCI) a porté plainte vendredi auprès du parquet chargé des crimes de haine et de discrimination, dénonçant une « carte antisémite » en Catalogne créée par la plateforme Barcelonaz.

Cette organisation de lutte contre le racisme et la xénophobie alerte sur un projet recensant 152 entités qualifiées de « sionistes », dont nombre sont juives ou israéliennes, dans une dynamique de stigmatisation et de discrimination évoquant les pratiques antisémites du XXe siècle.

La plainte vise une carte interactive hébergée sur la plateforme française GoGoCarto, qui identifie délibérément institutions et entreprises juives, israéliennes ou multinationales actives en Israël comme « sionistes ».

Ce projet, selon le MCI, stigmatise, isole et incite à la discrimination contre ces entités en recensant écoles, entreprises, associations et établissements liés, réellement ou prétendument, à la communauté juive ou à Israël.

Un groupe organisé à l'origine

L'initiative provoque une forte alarme au sein de la communauté, rappelant les méthodes des organisations nazies dans l'Allemagne des années 1930. La carte, publique et collaborative, invite les utilisateurs à ajouter de nouveaux établissements et à faire des dons.

Qualifiée d'« clairement antisémite » et attribuée à un groupe organisé se présentant comme un collectif indépendant d'étudiants, professeurs et journalistes, elle vise à cartographier l'« économie sioniste » en Catalogne, couvrant défense, technologie, tourisme, énergie, immobilier, gastronomie et éducation.

Esteban Ibarra, président du MCI, souligne trois dimensions : l'incitation à la haine évidente, la possible existence d'une organisation criminelle antisémite, et la responsabilité de la plateforme GoGoCarto pour avoir hébergé sans contrôle ces contenus nuisibles.

La carte fournit adresses, courriels et numéros de téléphone, sans distinction entre entreprises israéliennes, juives locales ou internationales opérant en Israël, et encourage la surveillance ainsi que le financement.

Un exemple marquant concerne l'école juive Hatikva de Barcelone, décrite comme un établissement « endoctrinant les enfants aux valeurs sionistes » et accusé de liens avec un prétendu génocide sur la base d'une vidéo YouTube. Pour le MCI, cela criminalise le sionisme, viole la liberté idéologique et cible injustement des mineurs.

L'incitation se dissimule sous une hostilité idéologique, mais révèle une discrimination triple : antisémite, idéologique et nationale.

Ce groupe affirme élaborer une carte de ce qu'on appelle « Économie sioniste » à Barcelone et en Catalogne, ce qui couvre des secteurs aussi divers que la défense, la technologie, le tourisme, l'énergie, l'immobilier, la gastronomie et l'éducation.

Responsabilité de la plateforme et contexte d'antisémitisme croissant

La plainte met en cause GoGoCarto pour avoir permis la diffusion prolongée de contenus listant écoles, entreprises et personnes liées à la communauté juive, sans contrôle effectif, et pour encourager l'ajout de nouvelles entrées.

Ces pratiques rappellent les méthodes de recensement et de stigmatisation des régimes antisémites du XXe siècle, notamment sous l'Allemagne nazie.

Dans un contexte de vague antisémite record en Espagne et à l'international, marquée par des attentats et attaques contre des entités juives et israéliennes, le MCI évoque une possible organisation criminelle promouvant discrimination religieuse, idéologique ou nationale.

La Fédération des communautés juives d'Espagne (FCJE) n'a pas encore réagi publiquement.

Réactions en Catalogne

Révélation de la plateforme Barcelonaz a suscité indignation depuis sa mise en lumière jeudi dernier.

La Communauté juive de Barcelone (CJB) a interpellé le président de la Generalitat, Salvador Illa, sur les réseaux sociaux, s'interrogeant sur les mesures prévues contre ces actes antisémites et soulignant que de telles initiatives n'émergent qu'en Catalogne, où elle place la région en tête d'un classement préoccupant.

L'organisation ACOM a dénoncé le ciblage d'établissements comme l'école Hatikva, attribuant le phénomène aux auteurs de la carte et à certains responsables politiques.

L'affaire, relayée dans les médias israéliens, a provoqué un vif émoi au sein des groupes communautaires.

Une carte collaborative aux accents historiques

Hébergée sur GoGoCarto, la carte se présente comme un outil pour « comprendre le fonctionnement du sionisme sur le territoire » et recense 152 entités dans une optique de dénonciation des investissements liés au « sionisme ».

Plusieurs membres de la communauté juive ont signalé l'initiative à la plateforme, la comparant aux boycotts précédant la Nuit de Cristal et l'Holocauste, et invoquant la violation de la législation française contre l'incitation à la haine.

La plainte espagnole s'ajoute à ces démarches, inscrivant Barcelonaz dans une dynamique plus large de stigmatisation.

GoGoCarto a confirmé que la carte « BarcelonaZ » a été désactivée et mise hors ligne.

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