Antisémitisme/shoah : mon père, ce criminel nazi de Niklas Frank -vidéo-

A La vitrine du Libraire, Actualités, Antisémitisme/Racisme, Culture, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Antisémitisme/shoah : mon père, ce criminel nazi de Niklas Frank

Niklas Frank : mon père, ce criminel nazi

Hans Frank a été gouverneur de Pologne d’octobre 1939 à janvier 1945. Son fils signe un livre dévastateur dans lequel il évoque cette encombrante filiation.

Par Baudouin Eschapasse

Sa rage ne s’est pas calmée.
À 82 ans, Niklas Frank continue d’éprouver une véritable haine pour son père. Il pousse cette détestation jusqu’à conserver dans son portefeuille une photo du cadavre de son géniteur.

Un cliché pris quelques minutes après son exécution par pendaison, le 16 octobre 1946.
« Tous les jours, je la regarde, pour être sûr qu’il est bien mort », confie-t-il aux personnes qu’il croise et qui peinent à imaginer que ce paisible retraité soit le fils d’Hans Frank, le dignitaire nazi, devenu gouverneur de Pologne d’octobre 1939 à janvier 1945. Et, à ce titre, responsable de l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants juifs.

Niklas Frank avait publié en 1987 un livre choc, en Allemagne. Intitulé sobrement Der Vater, l’ouvrage* paraît aujourd’hui en français sous le titre Le Père : un règlement de comptes, dans une traduction de Corinna Gepner.

C’est Philip Sands qui en signe la préface. L’auteur de Retour à Lemberg (Albin Michel, 2017) y raconte comment il a rencontré Niklas, en 2011.

C’était en marge d’un procès devant le tribunal international en charge du règlement des questions maritimes, à Hambourg. « Après une journée entière à la cour, j’étais un peu anxieux à l’idée de rencontrer le fils d’un homme qui causa tant d’effroi et de malheurs à ma famille. Mais j’avais tort de m’inquiéter », exprime-t-il. Philip Sands, dont les parents ont été directement victimes d’Hans Frank, n’en est pas moins devenu l’ami du fils de son tortionnaire.

Le témoignage de Niklas Frank complète utilement les travaux établissant le fonctionnement de l'appareil nazi.

« Ressemblant à un inoffensif professeur d’université, Niklas n’est pas seulement aimable, il est aussi accessible, et si son caractère est tranchant, c’est que rien ne le fait dévier de son chemin », dit de lui Philip Sands. Né au début de la guerre, Niklas avait sept ans quand son père a été condamné à la peine capitale par le tribunal de Nuremberg. Cette hérédité, on s’en doute, a été particulièrement difficile à accepter. Et tout le talent de Niklas, devenu journaliste après des études de lettres, est de montrer, sans verser dans le misérabilisme, combien cette filiation lui a coûté.

Fils de monstre

Né en 1939, Niklas ne garde que des bribes de souvenirs du château de Cracovie dans lequel son père, promu « Gauleiter », régnait sur une Pologne de 17 millions de sujets plongés dans l’effroi. Il a dû lire les 42 volumes du journal intime d’Hans, mais aussi son abondante correspondance, pour raviver les quelques images fanées qu’il conservait en mémoire. Ce faisant, il a découvert à quel point son père était un monstre. Juriste de formation, Hans Frank est carriériste. Il s’engage très tôt au sein du jeune Parti national-socialiste dans l’espoir de se faire une situation.

Membre de la SA (« Sturmabteilung » ou section d’assaut) au sortir de ses études, il gravit les échelons de l’appareil nazi. Avocat d’Adolf Hitler à partir de 1928, il est nommé ministre de la Justice de Bavière en mars 1933 puis commissaire du Reich, avant d’intégrer le gouvernement en décembre 1934.

Vous cherchez à communiquer efficacement sur vos services ?
Communiquez sur Alliancefr.com, le premier magazine juif sur le net 
Plus qu’un magazine, Alliance est une plateforme à destination de la communauté juive francophone concernée par Israël et le monde juif
Son ADN  : offrir  une information dans tous les domaines sur Israël 
Contactez-nouspour découvrir la formule de communication qui vous convient.
tel : 01 70 00 75 75 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi