7 octobre : Ariel Kallner accuse l’opposition de bloquer l’enquête sur l’échec sécuritaire

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7 octobre : Ariel Kallner accuse l’opposition de bloquer l’enquête sur l’échec sécuritaire

Clivage autour de l’enquête sur le 7 octobre : Ariel Kallner accuse l’opposition de vouloir dissimuler les faits

Tel Aviv, Israël — Le député israélien Ariel Kallner (Likoud), principal artisan de la proposition de loi visant à créer une commission d’enquête nationale sur les événements qui ont précédé et entouré l’attaque du 7 octobre 2023, a vivement critiqué l’opposition ce dimanche. Selon lui, la gauche politique cherche à cacher la réalité des faits plutôt qu’à collaborer à une enquête transparente. 

Lors d’une déclaration publique, Kallner a dénoncé la décision des partis d’opposition de ne pas prendre part aux débats de la commission de la Constitution sur sa proposition de loi, qualifiant cette posture d’« évitement peureux de la vérité ».
Pour lui, refuser de participer revient à chercher à étouffer les questions centrales liées à la préparation et aux décisions stratégiques qui ont précédé l’attaque et ses conséquences dramatiques pour la sécurité israélienne. 

Un projet de commission nationaliste plutôt qu’une commission d’État

La proposition de Kallner vise à établir une Commission d’enquête nationale-étatique constituée de six membres nommés par consensus entre coalition et opposition. Si aucun accord n’est trouvé, la loi prévoit que le président de la Knesset puisse désigner les membres, une disposition qui est au cœur du rejet de l’opposition. 

Cette initiative s’inscrit dans un débat politique plus large sur la meilleure manière d’enquêter sur les défaillances de l’État israélien avant et après le 7 octobre. Contrairement à une commission d’État indépendante — dont les membres seraient traditionnellement nommés par le président de la Cour suprême, actuellement le juge Yitzhak Amit —, le projet de Kallner met l’accent sur une forme de contrôle parlementaire partagé, censée, selon ses partisans, renforcer la légitimité démocratique de l’enquête. 

Opposition et familles des victimes : « une manœuvre dilatoire »

Les chefs des partis d’opposition, notamment Yair Lapid (Yesh Atid), ont clairement indiqué qu’ils refusent de collaborer à cette commission, jugeant qu’elle ne sera ni indépendante ni crédible tant que sa composition et son mandat restent sous contrôle politique.

Lapid a qualifié le projet de « comité de camouflage », destiné à épargner les responsables politiques plutôt qu’à faire la lumière. 

Parallèlement, un collectif de familles de victimes du 7 octobre, connu sous le nom de « Conseil d’octobre », a organisé ce qui a été décrit comme une « semaine de colère », multipliant les pressions pour l’établissement d’une commission d’État indépendante dotée de pouvoirs d’investigation étendus.

Ces familles accusent le gouvernement de vouloir éviter la responsabilité politique et de refuser une enquête véritablement exhaustive. 

Contexte politique et enjeux juridiques

La controverse autour de cette proposition de loi s’inscrit dans un contexte politique plus large en Israël, marqué par des tensions croissantes entre les institutions judiciaires et l’exécutif. L’opposition considère que limiter l’enquête à une commission parlementaire risque d’aboutir à un processus politisé, qui pourrait produire des conclusions partisanes et diluer la vérité historique des événements. 

À l’inverse, les défenseurs du projet affirment qu’une commission désignée par consensus parlementaire, avec la participation d’experts en sécurité, droit et politique, ainsi que des observateurs issus des familles des victimes, pourrait offrir une approche plus représentative et moins bureaucratique qu’une commission étatique classique. 

Avant-projet et état de la législation

Le texte de loi, présenté en lecture préliminaire à la Knesset fin décembre 2025, a été adopté avec une majorité relative, mais reste loin d’obtenir une adhésion trans partisane claire. Selon des sources parlementaires, des débats supplémentaires sont attendus dans les commissions spécialisées avant de revenir en plénière pour les secondes et troisièmes lectures nécessaires à son adoption finale. 

Contrairement à certaines institutions d’enquête historiques — comme la Commission Turkel, mise en place en 2010 pour examiner la flottille de Gaza et critiquée pour son manque d’indépendance par des observateurs internationaux — ce nouveau projet se veut plus inclusif mais reste hautement contesté. 

Ce qui est en jeu

Au-delà des affrontements partisans, la question de l’enquête sur le 7 octobre engage des enjeux fondamentaux :

la crédibilité des institutions israéliennes, la capacité de l’État à assumer ses échecs, le rôle du judiciaire dans le contrôle du pouvoir politique, et surtout le devoir de vérité envers les victimes, les otages et l’ensemble de la société israélienne.

Derrière le débat sur la forme de la commission se joue une interrogation plus profonde : s’agit-il de comprendre les mécanismes d’un effondrement sécuritaire historique, ou de déterminer, rapidement, des responsabilités politiques à assumer — ou à éviter.

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