Mali et Liel Yahalomi introuvables : la Banque de Jérusalem victime d'une rumeur, l'enquête sous embargo

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Mali et Liel Yahalomi introuvables : la Banque de Jérusalem victime d'une rumeur, l'enquête sous embargo

Retrait d'espèces suspect, données de localisation effacées, unité anticrime économique dépêchée sur le dossier : la conjonction de ces indices a suffi à faire perdre à la Banque de Jérusalem jusqu'à 12,3% de sa valeur jeudi en Bourse, la rumeur ayant transformé la disparition de sa salariée Mali Yahalomi et de sa fille Liel à Vienne en soupçon de fraude bancaire, que l'établissement et la famille des disparues ont aussitôt démenti.

 

Disparition à Vienne : la Banque de Jérusalem emportée par la rumeur, l'action plonge puis se reprend

L'action de la Banque de Jérusalem a perdu jusqu'à 12,3% jeudi en Bourse, victime de rumeurs infondées la liant à la disparition à Vienne d'une salariée et de sa fille, avant de réduire ses pertes à environ 3%.

Une mère et sa fille introuvables depuis le 7 août

Mali Yahalomi, 50 ans, cadre au siège retail de la Banque de Jérusalem, et sa fille Liel, 23 ans, employée du fabricant de meubles Etz Male, ont donné leur dernier signe de vie le vendredi 7 août depuis Vienne. Le séjour autrichien était le cadeau offert par Liel à sa mère pour ses 50 ans, fêtés quelques jours plus tôt. L'ambassade d'Israël à Vienne a lancé un appel public le mardi 11 août après avoir perdu tout contact avec les deux femmes, issues d'une famille religieuse.

Un appartement vidé, des téléphones muets près de la gare centrale

Selon les informations recoupées avant l'embargo, Mali et Liel Yahalomi ont quitté samedi matin, vers 9h30, l'appartement loué où elles séjournaient, conformément à la date prévue par leur réservation.
Le logement a été retrouvé vide de leurs affaires. La dernière localisation connue de leurs téléphones se situe près de la gare centrale de Vienne, un nœud de correspondances vers plusieurs capitales européennes.
Les deux femmes ne se sont pas présentées mardi soir à leur vol retour au départ de Prague.
Les enquêteurs examinent notamment si des données de localisation ont été volontairement effacées de leurs téléphones dans les jours ayant précédé leur disparition, et si elles détenaient une somme d'espèces importante retirée avant leur départ d'Israël.
La police autrichienne indique n'avoir relevé, à ce stade, aucun élément laissant penser à une implication criminelle, sans que la piste terroriste soit écartée côté israélien. Aucun différend familial connu ne permet à ce jour d'expliquer un éventuel départ volontaire.

Une enquête élargie au Mossad et à l'unité anticrime économique

Le dossier a été confié à Lahav 433, l'unité nationale de lutte contre le crime organisé, et plus précisément à sa division YALAC spécialisée dans la criminalité économique.
Le Mossad a rejoint les recherches, de même qu'un officier de liaison israélien basé aux Pays-Bas et l'unité de négociation et de profilage de la police. Le chef de la police, Daniel Levy, a consacré une réunion spéciale à l'affaire. La famille des disparues a appelé les autorités autrichiennes à intensifier leurs efforts, les considérant responsables de la sécurité des deux Israéliennes sur leur sol.

Le lien avec la Banque de Jérusalem, une rumeur sans fondement établi

Aucun élément financier n'a été rendu public reliant la disparition à la banque. La rumeur s'est construite sur la coïncidence entre l'emploi de Mali Yahalomi au sein de l'établissement, l'information d'un retrait d'espèces avant le départ des deux femmes, et l'attribution du dossier à une unité spécialisée dans les crimes économiques.

Cette combinaison a suffi à alimenter, sur les réseaux sociaux, des soupçons de détournement de fonds, provoquant un mouvement de vente précipité sur le titre.
La Banque de Jérusalem a démenti dans un communiqué tout risque pour l'argent de ses clients, assurant que ses mécanismes de contrôle fonctionnaient normalement.
Son directeur général a lui-même adressé un message aux salariés pour écarter tout lien entre l'établissement et l'affaire, au-delà du seul fait que Mali Yahalomi y travaille. La famille a de son côté publiquement récusé tout rapport entre la disparition et le cours de l'action.

Un embargo strict jusqu'au 13 septembre

Le tribunal de première instance de Rishon LeZion a interdit, à la demande de l'unité YALAC, toute publication d'informations relatives à l'enquête jusqu'au 13 septembre 2026. Toute divulgation d'un élément lié aux investigations constitue désormais une infraction pénale en Israël. La famille a dénoncé les informations diffusées avant l'entrée en vigueur de cet embargo, estimant qu'elles donnaient au public une image faussée de l'état des recherches.

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