Coup dur pour les pro-palestiniens : Palestine Action classée organisation terroriste

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Palestine Action classée organisation terroriste : la justice britannique valide l'interdiction

La Cour d'appel de Londres a tranché ce lundi : le gouvernement britannique avait le droit d'interdire Palestine Action et de le classer comme organisation terroriste. Quatre mois après qu'un tribunal avait jugé cette décision illégale, le vent a tourné. Cinq magistrats, à l'unanimité, ont estimé que le ministère de l'Intérieur avait agi de manière « proportionnée » et dans le strict respect de la loi. Un revers cinglant pour les pro-palestiniens britanniques.

Une organisation mise hors-la-loi pour ses violences répétées

L'interdiction remonte à juillet 2025. Le gouvernement Starmer avait alors décidé de placer Palestine Action sur la liste des organisations terroristes au même rang qu'Al-Qaïda, le Hezbollah ou l'IRA irlandaise en réponse à une série d'actions violentes commises par ses membres, principalement contre des entreprises liées à l'industrie de défense israélienne, au premier chef Elbit Systems.

Le déclencheur immédiat avait été l'intrusion de militants dans une base de la Royal Air Force en juin 2025, où deux avions militaires avaient été saccagés. Le mois suivant, c'est une usine d'Elbit Systems à Bristol qui était prise d'assaut : les militants avaient semé la destruction, causant plus d'un million de dollars de dégâts, et l'un d'eux avait frappé un policier avec un marteau de cinq kilos. Des actes que le tribunal a qualifiés d'actes terroristes.

L'interdiction avait des conséquences immédiates et radicales : toute manifestation organisée sous la bannière de Palestine Action devenait automatiquement illégale. Soutenir publiquement l'organisation exposait à six mois de prison ; en être membre ou en organiser des événements, à quatorze ans de réclusion.

En février, un premier tribunal avait dit non

Palestine Action avait contesté l'interdiction en justice. En février 2026, un tribunal lui avait donné raison, estimant que la mesure était « disproportionnée » et portait atteinte aux libertés d'expression et d'association. Le ministère de l'Intérieur avait aussitôt fait appel, tout en maintenant le classement terroriste pendant la procédure. C'est cet appel qui vient d'être accepté.

La juge principale Sue Carr a été claire, même si elle a reconnu que l'interdiction était « extrêmement controversée » : « Ce serait une erreur fondamentale d'ignorer le fait que Palestine Action promeut une violence illégale équivalente au terrorisme. » Elle a tenu à balayer toute comparaison flatteuse avec les mouvements de désobéissance civile du passé : « Il ne s'agit pas d'un groupe de protestation transparent qui agit au grand jour. C'est une organisation secrète qui dissimule ceux qui ont recours à la violence pour détruire des biens et causer des blessures. »

Shabana Mahmood, ministre de l'Intérieur travailliste, a salué la décision : les agissements de Palestine Action, a-t-elle déclaré, « ne sont pas compatibles avec les valeurs démocratiques et l'État de droit ».

Vendredi déjà, quatre militants condamnés à de lourdes peines

Le jugement de ce lundi intervient dans un contexte de durcissement judiciaire. Vendredi dernier, quatre membres de Palestine Action impliqués dans l'attaque de l'usine Elbit de Bristol avaient été condamnés à des peines allant de cinq à sept ans de prison. Devant le tribunal, des centaines de manifestants avaient bravé l'interdit 125 d'entre eux avaient été arrêtés.

Depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, plus de 3 400 sympathisants ont été interpellés par la police britannique, parmi lesquels l'activiste suédoise Greta Thunberg.

« Je suis écrivain, pas terroriste »

Ce lundi, plusieurs centaines de personnes avaient fait le déplacement devant la Cour d'appel, dans l'attente du verdict. Parmi eux, Chris Hutton, 47 ans, poursuivi pour avoir brandi un panneau portant l'inscription : « Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action. » Il avait confié à l'AFP : « Je suis un écrivain qui rédige des livres pour enfants, je ne suis pas un terroriste. » Pour lui, Palestine Action n'est pas une organisation violente : « Nous sommes contre le génocide, nous essayons d'arrêter la violence. » Quand le verdict lui est parvenu, il a lâché : « C'est une décision autoritaire. Maintenant, je risque d'aller en prison. C'est peu probable, mais ce n'est plus impossible. »

La police a procédé à plusieurs arrestations parmi les manifestants, dont certains portaient des pancartes. Hollie Rowe, 35 ans, a réagi à la décision avec une détermination intacte : « Il y a de la frustration et de la colère, mais je sais que nous avons raison. Plus ils nous répriment, plus nous nous battrons pour la justice. »

Les militants annoncent qu'ils iront jusqu'au bout

Houda Amori, l'une des cofondatrices de Palestine Action, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême et, si nécessaire, la Cour européenne des droits de l'homme. « Nous ne cesserons pas de nous battre pour que cette interdiction soit levée », a-t-elle écrit sur X. « Et surtout  pour une Palestine libre. »

La décision de ce lundi était également attendue par des centaines de personnes poursuivies depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction pour avoir simplement exprimé leur soutien à l'organisation. Pour elles, l'enjeu n'était pas seulement juridique : il s'agissait de savoir si le fait de brandir un panneau dans une rue britannique pouvait désormais constituer un acte criminel. La réponse de la Cour d'appel, ce lundi, est sans ambiguïté : oui.

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