Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restaurants : les patrons pris en otage

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Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restaurants : les patrons pris en otage

Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restos : les patrons pris en otage

La police israélienne multiplie les descentes dans les restaurants, cafés et commerces alimentaires pour débusquer les travailleurs en séjour irrégulier. Résultat : des établissements fermés du jour au lendemain, des propriétaires embarqués en garde à vue — alors qu'ils affirment avoir été trompés.

« J'ai passé la journée menotté »

Mardi matin, le café HaTahtit, institution de Tel-Aviv, a reçu la visite de la police. Deux employés recrutés via une agence d'intérim, munis de tous les documents requis, se sont révélés être des clandestins aux papiers falsifiés. Le propriétaire Assaf Bright a posé un mot sur la porte fermée : « Boaz et moi avons passé la journée en cellule et en interrogatoire. Aller aux toilettes avec les menottes, ce n'est pas quelque chose que je souhaite à quiconque. »

Trente jours de fermeture : un séisme pour un petit commerce

Fermer un café ou un restaurant un mois entier peut suffire à le tuer. Le loyer continue de tomber, la taxe foncière aussi, les fournisseurs réclament leurs paiements — et pendant ce temps, le chiffre d'affaires est à zéro. Les employés restants partent chercher du travail ailleurs. Les clients fidèles prennent de nouvelles habitudes. Un mois de fermeture peut représenter des dizaines de milliers de shekels de pertes, sans compter les honoraires d'avocat — ni le traumatisme du propriétaire, arrêté dans l

Deux ans de cotisations pour un fantôme

Noam Levy, patronne du café Noa'mele rue Ben Yehuda, a vécu pire. Son employé palestinien travaillait chez elle depuis deux ans — et avait usurpé l'identité de quelqu'un d'autre. « J'ai payé ses charges sociales et sa retraite pendant deux ans. Comment suis-je censée savoir qu'il était imposteur ? Je ne suis pas du Shin Bet. » Son établissement est fermé depuis trois semaines. Elle rouvre le 18 juin — et n'embauchera plus d'Arabes.

« Les restaurateurs ne sont pas des agents du renseignement »

L'association « Restaurateurs forts ensemble » a saisi la Knesset en urgence. Son constat est sans appel : depuis le 7 octobre et l'annulation de 2 000 permis de travail palestiniens, une filière sophistiquée de faux documents a prospéré sur la pénurie de main-d'œuvre. « Les restaurateurs ne sont ni enquêteurs ni experts en authentification. Ils n'ont pas les outils pour détecter un faux. » L'association réclame une procédure claire et une interface permettant de vérifier les documents en temps réel.

La police, elle, campe sur ses positions : les employeurs ont l'obligation de contrôler, et doivent signaler tout soupçon. Sans dire comment faire la différence avec un faux parfait.

Une industrie du faux document

Depuis le 7 octobre, quelque 2 000 permis de travail palestiniens dans la restauration ont été annulés. Le secteur, déjà à sec de main-d'œuvre, est devenu une cible pour les filières de faux papiers. L'association « Restaurateurs forts ensemble » réclame un débat parlementaire d'urgence : « Les restaurateurs ne sont ni agents du renseignement ni experts en authentification de documents. »

La police, elle, maintient sa ligne : les employeurs doivent vérifier. Sans préciser comment.

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