L'assassinat de Ymnou Zalka : Des suspects en tsitsit. Oui, c'est pertinent de le mentionner

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L'assassinat de Ymnou Zalka : Des suspects en tsitsit. Oui, c'est pertinent de le mentionner

Des suspects en tsitsit. Oui, c'est pertinent de le mentionner

Le pays a été secoué, à juste titre, par l'assassinat du jeune Ymnou Zalka, tué après avoir demandé à des adolescents de cesser de vaporiser de la neige en spray sur des passants.

L'affaire soulève de nombreuses questions éducatives, policières et civiques  mais quiconque a vu les images et les vidéos publiées après le meurtre n'a pu manquer un détail : plusieurs des jeunes suspects portaient des tsitsit.

Ce détail a-t-il une signification ? Doit-il accentuer notre indignation face à l'acte commis ? L'assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin portait lui aussi une kippa  cela avait-il une quelconque importance ? À l'époque, la rue avait le sentiment que oui.

Si l'on élargit la question, on peut la poser non seulement aux porteurs de kippa et de tsitsit, mais aux Juifs en général. Lorsque le financier américain Bernie Madoff fut accusé d'une escroquerie colossale, les médias américains n'ont pas manqué de souligner qu'il était juif. S'agissait-il d'une information pertinente, ou d'un réflexe purement antisémite ?

La gêne de représenter plus que soi-même

J'ai abordé cette question cette semaine avec l'un de mes petits-fils. Il m'a confié que des gens lui font parfois des remarques lorsqu'il se comporte mal :
« Comment peux-tu agir ainsi avec une kippa sur la tête ? » Ces observations l'agacent, car à ses yeux, le bien ou le mal qu'il fait n'a aucun rapport avec sa kippa cela relève de ses décisions personnelles, bonnes ou mauvaises.

La paracha de la semaine, Emor, traite précisément de ce sujet. Après avoir formulé de manière générale l'obligation d'observer les commandements, elle ajoute : «Vous ne profanerez pas Mon saint nom, et Je serai sanctifié au sein des enfants d'Israël.»

Ce que la halakha entend par profanation du nom divin

Les commentateurs ont longuement réfléchi au sens littéral et pratique de l'interdiction de profaner le nom de Dieu. La tradition halakhique a déduit de ce verset la règle suivante : bien que la vie prévale en général sur tout autre commandement, il est des valeurs auxquelles on ne peut renoncer en aucun cas.
Lorsqu'on tente de contraindre quelqu'un à transgresser l'une des trois fautes capitales : l'idolâtrie, le meurtre et l'immoralité sexuelle il doit accepter la mort plutôt que de profaner le nom divin. L'envers de la profanation, c'est évidemment la sanctification : celui qui donne sa vie plutôt que de tuer son prochain ou d'adorer des idoles a sanctifié Dieu par ses actes.

La dimension quotidienne : quand le comportement devient témoignage

Mais le Talmud, suivi par Maïmonide, a établi que la notion de profanation du nom divin englobe aussi un phénomène touchant à la vie de tous les jours.

Il s'agit de faire en sorte que «le nom du Ciel soit aimé par tes actes», d'agir avec intégrité et douceur envers autrui, si bien que les gens diront : « Heureux son père qui lui a enseigné la Torah, heureux son maître qui lui a enseigné la Torah.
Voyez comme ses manières sont belles, comme ses actes sont droits. »
À l'inverse, celui qui étudie la Torah mais se conduit de façon déloyale dans ses affaires et n'est pas agréable dans ses relations avec les autres provoque ces paroles : «Malheur à celui qui a appris la Torah, malheur à son père qui la lui a enseignée, voyez comme ses actes sont corrompus et comme sa conduite est laide.»

Il y a quelque chose d'inconfortable dans le fait qu'un homme sente qu'il ne représente pas seulement sa propre personne, mais le groupe dont il est issu  et surtout le Créateur du monde. Mais en même temps, il y a là quelque chose de profondément juste. L'homme doit vivre les valeurs dans lesquelles il a grandi, mettre en pratique la Torah qu'il a apprise, donner corps aux commandements qu'il observe.

L'attente des nations : un fardeau qui est aussi une grandeur

Tout au long des générations, nos Sages ont veillé avec une attention particulière à l'intégrité morale dans les relations avec les non-juifs, précisément pour multiplier la sanctification du nom.
Leur compréhension était claire : le non-juif attend du Juif un comportement particulièrement équitable et à juste titre, puisque le Juif se considère comme appartenant au peuple élu, censé incarner une élévation morale singulière.

Si l'on cessait de tenir compte de l'appartenance d'un individu à une communauté lorsqu'il commet une faute, on gagnerait peut-être un peu dans la lutte contre l'antisémitisme mais cela exprimerait aussi une forme de renoncement aux exigences que nous nous imposons.
Le jour où l'on s'arrêtera de regarder la kippa et les tsitsit de ceux qui se conduisent mal, ce sera le signe d'un désespoir quant à la portée pratique et existentielle de l'enseignement de la Torah.

Le rappel à soi

C'est pourquoi, conscients de notre identité juive en tant que représentants de la voie divine dans le monde, nous devons redoubler de vigilance dans la pudeur, l'humilité, la morale et la bienséance — afin qu'il soit dit de nous : « Israël, en toi je me glorifie. »

Par Rabbi David Stav

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