BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

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BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

7h17. Sortie dans les escaliers.

J’étais déjà réveillée. L’alerte ne m’a donc pas dérangée. Encore quelques minutes avant l’alarme — cette alarme, en soi terrifiante, qui signifie que le danger est imminent.

Je n’ai pas envie de descendre au miklat, trois étages en dessous. Je reste donc sur le palier avec d’autres voisins.

Le couple d’hier semble décidé à descendre. Puis non. Ils s’arrêtent à quelques marches et s’assoient, en attendant le fameux “boum”… ou pas.

Finalement, aucune chute sur Bat Yam. Pas de boum. On rentre chacun chez soi.

7h27 Quelques minutes plus tard, à nouveau alerte. Et alarme. Là, je sens que les choses risquent de changer.

Je décide de descendre les trois étages, quatre à quatre, mue par une intuition. Un jeune couple, avec son fameux sac à dos, court aussi.

Je rencontre d’autres voisins. D’autres compagnons de ces trois semaines de guerre.

Riki, avec son café à la main, assise dans les marches d’escalier, à peine réveillée, me salue :

— “Boker tov.”

— “Boker tov.”

Sarah, celle qui faisait Rishon Letsion–Yaffo tous les matins depuis des décennies, sur la plage. Une vraie marcheuse.

Elle me dit :

— “Alors, où étais-tu ? Je ne te vois plus.”

Je souris.

— “Non, je suis restée en haut.”

Et puis Ahouva. Responsable du vaad, cette sorte de coopérative de l’immeuble. Encore très belle pour ses 80 ans.

Elle ne descend jamais au miklat. Son mari est impotent. Elle reste juste sur le seuil de sa porte — par solidarité, comme un signe : je suis encore en vie.

Sa fille est revenue vivre chez elle. Mariée, trois enfants. Mais une tumeur au cerveau, phase 4, lui a donné l’envie d’être auprès de ses parents.

Ahouva est incroyable. Elle a 80 ans. Elle est vaillante. Elle s’occupe de son mari avec un travailleur thaïlandais qui, lui non plus, ne descend pas au miklat — il reste sur le palier.

Elle a sa fille atteinte d’un cancer en phase 4.

Elle ne se plaint pas. Ne pleure pas. En tout cas, jamais devant nous. Elle fait ses courses en bas, seule, incroyablement dynamique.

Je comprends que ce ne sont pas les événements qui arrêtent une personne, mais la façon dont elle les accepte.

Elle a parfaitement compris que, dans les deux cas, elle ne pouvait rien faire. Alors elle accepte. Et continue ce qu’elle a à faire. Pour le mieux.

Arrivés au miklat, je reste un peu en retrait pour rester connectée à mon smartphone.

J’attends le fameux boum.

Mais comme la fois précédente, rien.

Alors je remonte à pied les trois étages, histoire de faire un minimum de sport de bon matin.

Chacun est déjà rentré chez soi. En silence. Sans bruit.

Et notre routine reprend. Jusqu’à la prochaine alerte.

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