La Syrie face à la guerre régionale : alliée ou ennemie d’Israël ?

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La Syrie face à la guerre régionale : alliée ou ennemie d’Israël ?

La Syrie face à la guerre régionale : alliée ou ennemie d’Israël ?

Après des frappes ce matin contre des centres de commandement du régime syrien, faisant suite à des violences contre la communauté druze, Israël et la Syrie traversent, depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, une période de paradoxes dont ils devront bien clarifier leurs positions : alliés ou ennemis ?
Le régime d’al-Joulani devrait jouer un rôle important, comme tous les pays de la région.

S’il y a bien un pays dont on parle très peu, et qui est peu touché par le conflit Israël–États-Unis contre le régime islamique iranien, c’est bien la Syrie : un véritable paradoxe.
Depuis qu’Ahmed al-Shara a pris le pouvoir, les inquiétudes, plus que légitimes, liées à son passé djihadiste refont surface. Pourtant, dans le même temps, des négociations claires entre Israël et son gouvernement sont en cours, voire bien avancées. L’administration américaine y voit même un allié potentiel.

Néanmoins, tout est loin d’être idyllique : Tsahal garde toujours des positions dans le sud de la Syrie. Entre fin juillet et août, l’armée de l’air israélienne est venue en aide aux populations druzes, victimes de violences dans la ville de Soueïda. Ayant promis de toujours protéger les communautés druzes — notamment celles vivant en Israël, fidèles à l’État — le gouvernement a réitéré ce vendredi 20 mars son engagement en intervenant à nouveau.

Le message est clair : si le président al-Joulani n’est pas capable de contrôler ses hommes, Israël le fera à sa place, avec ou sans l’aval des Américains.

Le gouvernement syrien pris en étau entre deux feux

Le mouvement HTS d’al-Joulani doit son accession au pouvoir aussi bien à l’aide turque qu’aux frappes israéliennes : c’est là aussi le paradoxe de la situation.
Pour éviter qu’il ne passe complètement sous le giron turc et garder une chance de l’avoir dans sa sphère d’influence, Israël a entamé des négociations sous pression des États-Unis et sous le parrainage de la France.

À Paris, les deux parties ont signé un accord-cadre prévoyant une lutte mutuelle contre l’influence chiite en clair, une coopération et un accord de non-belligérance qui doit déboucher sur des négociations diplomatiques, avec notamment la question épineuse de la souveraineté sur le plateau du Golan.

Cependant, dans le même temps, le gouvernement ferme les yeux sur l’influence turque, laissant le régime d’Ankara installer des systèmes d’espionnage, détruits à plusieurs reprises par Tsahal.

La crainte d’un retour en arrière

Si la Syrie devient un proxy de la Turquie, un nouvel « axe terroriste » sunnite pourrait voir le jour.
Bachar el-Assad avait transformé la Syrie en base arrière du terrorisme en hébergeant le bureau politique du Jihad islamique palestinien ainsi que le Hamas, allié du Hezbollah.

Son successeur a décidé de garder ces deux premiers, tout en leur interdisant d’attaquer Israël, et aurait même accepté une présence des Houthis, à la recherche d’un nouveau soutien après une possible chute du régime iranien.

Le jihad sunnite pourrait ainsi se réorganiser autour de nouveaux alliés comme la Turquie et le Qatar.
Ancien membre de groupes liés à Daech et à Al-Qaïda, al-Joulani pourrait pratiquer la dissimulation stratégique. Une guerre avec la Syrie deviendrait alors inévitable pour Israël, comme l’a évoqué le ministre de la diaspora  Amichai Chikli.

Faire attention aux faux amis

Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts.
Dans la situation actuelle, la Syrie peut apparaître comme un allié en luttant contre l’influence iranienne et ses milices, ainsi que contre le Hezbollah sur son sol.

Al-Joulani aurait même avancé l’idée d’une coordination militaire au Liban : Israël au sud, la Syrie au nord, afin de démanteler le Hezbollah. Mais il faut rester prudent.

Les alliances de circonstance peuvent se retourner très rapidement.
Le nouveau maître de Damas cherche une reconnaissance internationale et pourrait entrer en guerre officiellement aux côtés d’Israël dans certaines conditions.

L’histoire montre que la géopolitique de la région est bien plus complexe qu’il n’y paraît et impose de se méfier des retournements rapides.

Le ministre de la Défense israélien Israel Katz a déclaré récemment que « les opérations contre les infrastructures dans le sud de la Syrie s’intensifieront si les violences contre les Druzes se poursuivent ».

Pas à pas, Israël affirme son statut de puissance régionale et ne cède à aucune pression.

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