Trump brise 337 ans d'empire britannique sur l'énergie mondiale en une nuit

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Trump brise 337 ans d'empire britannique sur l'énergie mondiale en une nuit

 

IRAN, LLOYD'S, DOWNING STREET : LE JOUR OÙ TRUMP A ÉBRANLÉ TROIS SIÈCLES D'ORDRE ATLANTIQUE

En quarante-huit heures, Donald Trump a qualifié la Grande-Bretagne d'alliée "non coopérante", défié Lloyd's of London sur son propre terrain et envoyé la Navy protéger le pétrole mondial. Le tout sur fond de guerre ouverte contre l'Iran. Un basculement géopolitique que l'histoire retiendra.

Il est des moments où l'histoire s'accélère jusqu'à se confondre avec l'actualité. La semaine du 3 mars 2026 restera probablement comme l'une de ces semaines-là. En quelques jours, depuis le Bureau ovale et le fil Truth Social d'un président américain en guerre, les fondements de l'ordre atlantique construit après 1945 ont tremblé — non pas sous les missiles iraniens, mais sous les mots de l'allié le plus puissant du monde.

"The UK has been very, very uncooperative"

La scène se déroule à la Maison-Blanche, mardi 3 mars 2026. Donald Trump est assis aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz lorsqu'il lâche la phrase qui va faire le tour du monde : "The UK has been very, very uncooperative. I'm not happy with the UK." Puis, pour enfoncer le clou : "This is not Winston Churchill that we're dealing with."

La cible est Keir Starmer, Premier ministre britannique, qui a commis aux yeux de Trump le péché de la prudence. Le Royaume-Uni n'a pas participé aux frappes initiales américano-israéliennes sur l'Iran. Cette décision était délibérée, a expliqué Starmer devant le Parlement, au nom d'une conviction de longue date : la meilleure voie pour la région est un règlement négocié.

En amont du conflit, Trump avait fait savoir que les bases aériennes britanniques de RAF Fairford et de Diego Garcia seraient utilisées en cas d'attaque contre l'Iran. Mais le Royaume-Uni a bloqué cette demande — une décision qui a conduit Trump à retirer son soutien à l'accord britannique sur les îles Chagos.

Londres a finalement cédé partiellement. Les bases de Diego Garcia et de RAF Fairford ont été mises à disposition des Américains pour des opérations "défensives et limitées", après que l'Iran a frappé des alliés dans la région. Pas assez pour éteindre la colère présidentielle.

Starmer a défendu sa position en termes sans équivoque : "Je n'étais pas prêt à engager le Royaume-Uni dans une guerre sans m'assurer qu'il existait une base juridique et un plan viable et réfléchi." Pour la rue de Whitehall, les fantômes de l'Irak de 2003 planent encore.

Lloyd's défié sur ses propres eaux

Pendant que la crise diplomatique couvait, une autre bataille s'ouvrait — celle-là financière, et peut-être encore plus lourde de conséquences sur le long terme.

Lloyd's of London est le premier fournisseur mondial d'assurance de guerre, couvrant entre 70 et 80% des risques de guerre maritimes dans le monde. Face à la fermeture de fait du détroit d'Hormuz sous les effets conjugués de la guerre et des déclarations des Gardiens de la Révolution iraniens, le marché londonien a fait ce que les marchés font en temps de crise : il a monté les prix et annulé des polices.

Les coûts pour les navires traversant le détroit ont grimpé de deux à cinq fois pour un pétrolier ordinaire, pouvant ajouter jusqu'à un million de dollars de primes par navire. Le Comité de guerre conjoint de Lloyd's a simultanément ajouté Bahreïn, Koweït, Oman et Qatar à sa liste de zones exposées aux "guerres, pirateries, terrorismes et périls connexes", obligeant les armateurs à souscrire des polices de guerre spécifiques pour accoster dans ces quatre États.

La réaction de Trump ne s'est pas fait attendre. Dans une intervention visant à stabiliser les flux d'énergie mondiaux, le président américain a ordonné à la U.S. Development Finance Corporation (DFC) d'étendre des assurances de risque politique et des garanties financières à tout le commerce maritime, en particulier les cargaisons énergétiques transitant par le détroit d'Hormuz "à un prix très raisonnable", selon ses propres termes.

Il a de surcroît annoncé que "si nécessaire, la marine américaine commencerait à escorter les pétroliers à travers le détroit d'Hormuz dès que possible."

Fondé dans un café londonien en 1689, Lloyd's of London est devenu en trois siècles le marché mondial par excellence, couvrant plus de 50 milliards de livres sterling de polices annuelles et contrôlant environ 45% du marché mondial de l'assurance spécialisée.

Le défi américain ne l'abat pas du jour au lendemain des proches du marché font valoir que des siècles d'expertise donnent à Lloyd's un avantage considérable dans un secteur où le renseignement est tout.
Mais le signal envoyé est historique : pour la première fois, Washington mobilise sa puissance d'État pour concurrencer directement la City de Londres sur son cœur de métier stratégique.

Des analystes de RBC Capital Markets ont néanmoins tempéré l'enthousiasme, estimant que les garanties annoncées ne constituaient qu'une solution partielle, et qu'il restait de nombreux défis d'exécution à surmonter rapidement.

Une "relation spéciale" sous perfusion

Reste la question géopolitique centrale : que signifie la fureur de Trump pour l'alliance transatlantique ?

La "relation spéciale" entre Washington et Londres est décrite par les observateurs comme étant à son niveau le plus bas depuis des décennies. Mais aucune rupture formelle n'a été prononcée, et les faits sont plus nuancés que la rhétorique trumpienne.

Après que des drones iraniens ont frappé des bases britanniques et françaises, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont déclaré conjointement : "Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région." Le Royaume-Uni a accepté que les États-Unis utilisent ses bases.

Un ancien conseiller à la sécurité nationale britannique, Peter Ricketts, a qualifié la charge de Trump d'"injuste", tout en conseillant aux autorités britanniques de ne pas surréagir : "Je pense que le Premier ministre devrait garder son calme."

Starmer a lui-même choisi la riposte sobre : "Les avions américains opérant depuis des bases britanniques, c'est la relation spéciale en action. S'accrocher aux derniers mots du président Trump, ce n'est pas ça."

L'histoire retiendra que la Grande-Bretagne a refusé de rejoindre une guerre sans plan clair — et que ce refus, inédit dans les annales modernes de la relation transatlantique, a suffi à ébranler des décennies de loyauté inconditionnelle. Que ce soit une faiblesse ou une sagesse, c'est ce que les prochaines semaines diront.

Sources vérifiées : ABC News, France 24, Bloomberg, The Conversation, LBC, Time Magazine, Brookings Institution, CBS News, Insurance Journal, Yahoo Finance / The Telegraph, Hansard (Parlement britannique), Wikipedia (2026 Iran war).

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