Armement des milices chiites en Irak : le régime des mollahs abat-il sa dernière carte ?

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Armement des milices chiites en Irak : le régime des mollahs abat-il sa dernière carte ?

Armement des milices chiites en Irak : le régime des mollahs abat-il sa dernière carte ?

Selon des informations rapportées par Channel 12, les Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) auraient accéléré l’acheminement de missiles et de drones vers la frontière irakienne. Ces armements seraient destinés aux milices chiites pro-iraniennes implantées dans l’est de l’Irak.

La   « dernier tentacule » de la pieuvre iranienne ?

La stratégie iranienne repose depuis des années sur un maillage de forces alliées dans la région : du Hezbollah au Liban, aux milices syriennes, en passant par les groupes armés en Irak. Or, nombre de ces relais ont été ciblés ou affaiblis par des opérations attribuées à Tsahal ou par des frappes américaines.

Les milices chiites irakiennes, souvent intégrées au sein des Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi), compteraient près d’une cinquantaine de groupes armés. Le plus puissant serait Kataeb Hezbollah, également appelé « Hezbollah irakien ». Son secrétaire général, Abou Fadak al-Mohammadawi, a ouvertement menacé Israël.

Jusqu’à présent, ces milices ont été relativement peu visées, ce qui pourrait en faire un levier stratégique de dernier recours pour Téhéran. Ces groupes possèdent déjà un arsenal sophistiqué, comprenant des drones et des missiles à très longue portée pouvant, selon certaines estimations, atteindre l’Europe. Si cet arsenal continue de s’agrandir, il pourrait devenir extrêmement performant et particulièrement nocif.

Dans l’hypothèse d’un conflit ouvert, certains analystes estiment qu’Israël et les États-Unis pourraient chercher à neutraliser ce « dernier tentacule » afin de parachever l’affaiblissement de l’axe pro-iranien. Des sources évoquent même des frappes contre des infrastructures gouvernementales liées à ces milices, y compris dans la capitale Bagdad. Des responsables américains, dont Marco Rubio, ont publiquement durci le ton ces dernières semaines.

Diplomatie sous tension : Genève en ligne de mire

Parallèlement à ces préparatifs militaires, la voie diplomatique n’est pas totalement refermée. Une réunion prévue à Genève entre représentants des États-Unis et de l’Iran est perçue comme un possible ultimatum diplomatique.

Le régime des mollahs refuserait toujours de discuter d’autres sujets que l’enrichissement nucléaire — excluant ainsi le programme balistique, la répression intérieure et le financement des groupes armés — et poserait comme « ligne rouge » l’idée d’un abandon complet de son stock d’uranium.

Si un accord demeure théoriquement possible, les signaux sur le terrain indiquent une préparation à une campagne militaire prolongée. L’intensification des transferts d’armes suggère que Téhéran anticipe une confrontation indirecte — voire directe — à travers ses relais irakiens.

Vers une nouvelle phase du conflit régional ?

La question demeure : le régime des mollahs joue-t-il sa dernière carte stratégique en Irak ?

Si les milices chiites devenaient l’épicentre d’un affrontement élargi, cela marquerait une recomposition du rapport de force au Moyen-Orient. Neutraliser ces groupes reviendrait à frapper le dernier pilier opérationnel de l’axe chiite pro-iranien.

Mais une telle escalade comporterait un risque majeur : celui d’embraser durablement l’Irak et d’ouvrir un nouveau front aux conséquences imprévisibles.

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