Gaza comme monnaie d’échange : Poutine mise sur la paix pour récupérer ses avoirs gelés par Washington

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Gaza comme monnaie d’échange : Poutine mise sur la paix pour récupérer ses avoirs gelés par Washington

À Moscou, Vladimir Poutine transforme l’avenir de Gaza en monnaie géopolitique. En recevant à la fois des émissaires de Donald Trump et le président palestinien Mahmoud Abbas, le Kremlin ne cherche pas seulement à peser sur la reconstruction de l’enclave : il vise aussi un objectif bien plus concret et financier, la récupération ou la réaffectation de ses avoirs gelés par les États-Unis.

Derrière le projet américain de Conseil de la paix, Moscou tente de se repositionner comme acteur incontournable au Moyen-Orient, d’obtenir une légitimité internationale nouvelle et de transformer Gaza en levier pour desserrer l’étau économique occidental, le tout sans Israël à la table des discussions.

Gaza au centre d’une initiative diplomatique inattendue à Moscou

Moscou — La capitale russe accueille ce jeudi une rencontre diplomatique de très haut niveau centrée sur l’avenir de la bande de Gaza, au lendemain d’une guerre qui a ravagé l’enclave palestinienne depuis 2023. Le président russe Vladimir Poutine reçoit aujourd’hui à Moscou les émissaires du président des États-Unis, Donald Trump, ainsi que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour évoquer une initiative internationale de reconstruction et de paix. 

Un « Conseil de la paix » au cœur des discussions

L’objet principal des échanges porte sur le Conseil de la paix proposé par l’administration américaine, cadre multilatéral destiné à organiser la reconstruction de Gaza et favoriser un règlement durable du conflit. Ce Conseil, évoqué par Washington comme une étape de la phase deux du plan de paix pour Gaza, est conçu pour superviser la gouvernance future de l’enclave après des années de combats et de crise humanitaire. 

Selon Moscou, l’une des clés de ces discussions est l’utilisation d’avoirs russes gelés aux États-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine, une option qui pourrait permettre à la Russie de contribuer financièrement à hauteur d’un milliard de dollars, condition exigée pour une adhésion permanente au Conseil. 

Position de la Russie : jouer un rôle central ou opportuniste ?

Devant le Conseil de sécurité nationale russe, Vladimir Poutine a confirmé que des discussions sont en cours avec les représentants américains et qu’une rencontre spécifique avec Mahmoud Abbas est prévue pour approfondir ces questions. Moscou cherche à se positionner comme acteur diplomatique et financier significatif dans les mécanismes internationaux liés à l’après-guerre à Gaza, un rôle qui le placerait au centre d’un dispositif qui dépasse désormais l’Europe de l’Est et le dossier ukrainien. 

Cette démarche intervient à un moment où le Kremlin étudie également une invitation officielle des États-Unis pour que Poutine rejoigne le Conseil de la paix en tant que membre, proposition confirmée à la fois par la Maison Blanche et par un porte-parole du Kremlin. Moscou avait déclaré examiner « toutes les nuances » avant toute décision. 

Absence d’Israël dans un dispositif parallèle

À ce stade, Jérusalem n’est pas directement impliquée dans ces échanges multilatéraux. Des responsables israéliens soulignent que toute initiative de reconstruction et de paix ne peut, selon eux, être dissociée des impératifs sécuritaires, notamment du démantèlement des infrastructures militantes à Gaza, ainsi que du retour des otages. Ils mettent ainsi en garde contre une gouvernance future imposée sans leur consentement explicite. 

Ce cadre diplomatique parallèle se construit à un moment où la communauté internationale cherche des voies alternatives à l’ONU traditionnelle pour répondre à la crise de Gaza, et où des acteurs non étatiques — ou en retrait des processus onusiens — tentent de se positionner. 

Mahmoud Abbas à Moscou : un soutien aux Palestiniens sous tension

La présence de Mahmoud Abbas souligne l’enjeu politique pour l’Autorité palestinienne de se poser en interlocuteur crédible dans les forums internationaux, tout en restant distinct des positions jugées trop conciliantes de certains pays occidentaux. Les discussions avec Poutine devraient également aborder l’état des relations bilatérales — économiques, culturelles et humanitaires — entre la Russie et les Palestiniens. 

Dans ce contexte, Moscou réaffirme fréquemment son soutien déclaré au peuple palestinien et à la nécessité d’une solution politique, même si ses intérêts géopolitiques sur la scène moyen-orientale restent complexes et parfois ambigus. 

Un calendrier diplomatique serré

Cette réunion à Moscou s’inscrit dans un calendrier diplomatique international intense. Elle fait suite au sommet de Charm el-Cheikh en octobre 2025, où une trentaine de pays ont discuté du plan de paix américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza et à poser les jalons d’une reconstruction durable. 

Elle précède également d’autres rendez-vous internationaux majeurs, notamment le Forum économique mondial à Davos, où plusieurs initiatives stratégiques pour la paix au Moyen-Orient pourraient être discutées, y compris la formalisation ou l’extension du Conseil de la paix. 

Entre diplomatie et enjeux géopolitiques

La rencontre de ce jeudi à Moscou illustre l’évolution du dossier palestinien et de la question de Gaza vers des formats diplomatiques élargis, parfois en marge des institutions traditionnelles. La volonté affichée de faire participer la Russie à ces mécanismes indique une recomposition des alliances et des leviers d’influence au cœur du Moyen-Orient, où Washington, Moscou, l’Autorité palestinienne  et potentiellement d’autres capitales  cherchent à imposer leurs visions d’un après-guerre toujours incertain..

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