Tandis qu’Israël regarde l’Iran, le Hamas rebâtit son pouvoir à Gaza

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Tandis qu’Israël regarde l’Iran, le Hamas rebâtit son pouvoir à Gaza

Le Hamas se réorganise à l’abri des regards

Alors que l’attention israélienne et internationale se concentre sur une possible escalade face à Téhéran, un processus parallèle, discret mais structurant, se déroule dans la bande de Gaza.

Tandis que la menace iranienne occupe le devant de la scène politique et sécuritaire, les terroristes du Hamas ayant survécu à la guerre prolongée contre Tsahal ont entamé une réorganisation méthodique.

Cette dynamique se développe au-delà de la « ligne jaune », dans des zones où la pression militaire s’est atténuée, et repose sur une dispersion calculée des forces, des communications difficiles à localiser et l’absence volontaire de tout quartier général centralisable et donc bombardable.

Dans le même temps, les mécanismes gouvernementaux du Hamas ont repris leurs activités, tandis que les clans locaux évitent toute contestation face à un régime de terreur toujours en place. Le signal d’alarme se situe à proximité immédiate d’Israël.

Une reconstruction silencieuse pendant que l’attention se porte ailleurs

Alors que tous les regards sont tournés vers une éventuelle attaque contre les sites nucléaires et balistiques iraniens, le Hamas poursuit la reconstruction de ses capacités militaires et civiles dans la bande de Gaza.
Pendant que les responsables politiques et sécuritaires israéliens se concentrent sur la planification de possibles frappes au Liban et sur l’élaboration d’une riposte stratégique face à Téhéran, un processus inquiétant progresse à l’arrière-plan. L’opinion publique est, elle, détournée vers le nord et l’est par une succession de fuites et de briefings sécuritaires.

Le Hamas exploite le calme relatif qui règne dans certaines zones de Gaza pour rebâtir ses capacités, tant militaires que gouvernementales, et faire comprendre qu’il est loin d’avoir renoncé à ses ambitions ou pris une décision définitive quant à l’issue du conflit.

Le bastion du noyau dur du Hamas

Le renforcement des effectifs se concentre principalement dans la zone des camps centraux et périphériques situés à l’ouest de la « ligne jaune ».
Selon les estimations, plusieurs milliers de terroristes actifs opèrent dans ces secteurs.
Parmi eux figure un échelon de commandement expérimenté, composé d’hommes aguerris disposant de nombreuses années d’expérience opérationnelle.

Il ne s’agit pas seulement de nouvelles recrues, mais d’un noyau dur ayant survécu aux phases les plus violentes du conflit et conservant une hiérarchie de commandement fonctionnelle.

Après l’élimination par Tsahal de hauts responsables du Hamas dans les camps centraux de Noussirat, al Bureij et al Maghazi, les échelons opérationnels intermédiaires sont restés relativement intacts.
Les commandants de compagnie et de section, forts de dix à quinze ans d’expérience, connaissent chaque ruelle et chaque tunnel. Leur structure de commandement est volontairement décentralisée. Il n’existe pas de centre névralgique unique pouvant être ciblé, mais un maillage de cellules terroristes autonomes communiquant par des moyens traditionnels, difficiles à détecter.

Dans cette zone, à l’ouest de la ligne jaune et principalement au centre de la bande de Gaza, l’infrastructure terroriste comprend apparemment des dizaines de kilomètres de tunnels, dont certains sont considérés comme stratégiques.
Ils permettent la circulation et l’hébergement de hauts responsables, ainsi que le déplacement de cellules armées. De nombreuses armes y sont stockées, essentiellement des armes légères telles que fusils, mitrailleuses et lance roquettes antichars de type RPG, qui constituent l’arsenal le plus efficace du Hamas pour la guérilla en milieu urbain.

La production artisanale d’armes et les poches de terreur persistantes

Le Hamas a perdu sa capacité de production industrielle telle qu’elle existait avant le 7 octobre. Toutefois, après plus de deux ans de guerre, l’organisation fait preuve d’une grande adaptabilité. Dans des ateliers de fortune installés dans des bâtiments civils et dans des tunnels situés à l’ouest de la ligne jaune, elle parvient à fabriquer des lance roquettes RPG et des engins explosifs improvisés. Même si cette production reste très inférieure à celle d’avant-guerre, elle suffit à fournir aux combattants les moyens de poursuivre le combat et de continuer à attaquer les forces de Tsahal sur le terrain en cas de reprise des hostilités.

Les évaluations indiquent également que, même à l’intérieur de ce qui est défini comme la ligne jaune, zones placées sous contrôle sécuritaire israélien, subsistent des poches de terrorisme. Des tunnels non localisés ni détruits abriteraient encore des stocks d’armes et des réserves de vivres permettant à des cellules de survivre sur de longues périodes.

Le retour du pouvoir civil et le contrôle de la population

L’élément le plus préoccupant concerne la capacité du Hamas à gouverner. À l’ouest de la ligne jaune, l’organisation est parvenue à rétablir presque intégralement son pouvoir civil. Les mécanismes de maintien de l’ordre, de contrôle des prix et de distribution de l’aide humanitaire ont repris leurs activités sous son autorité.

Les tentatives israéliennes de mettre en place un « gouvernement alternatif », reposant sur des milices locales ou des clans perçus comme favorables à Israël, se heurtent à de lourds obstacles. La plupart de ces groupes opèrent à l’intérieur de la ligne jaune et n’osent pas défier le Hamas dans les zones où son influence demeure dominante. Toute coopération locale avec Israël est systématiquement réprimée par l’appareil de sécurité intérieure du Hamas, qui continue d’exercer une emprise sévère sur la population.

 Une force toujours structurante dans la bande de Gaza

Le Hamas ne se limite pas à une organisation terroriste armée. Malgré la pression militaire intense, il est loin d’avoir été éliminé en tant que force dirigeante de la bande de Gaza et détenteur de capacités militaires significatives. Alors que, selon des publications étrangères, Israël s’interroge sur l’opportunité d’étendre sa campagne face à l’Iran, le Hamas poursuit sa reconstruction en tant que force de guérilla structurée et comme entité gouvernementale dominante à Gaza.

Si cette dynamique se poursuit, Israël pourrait se retrouver, à l’issue des opérations dans le nord, contraint de mener une nouvelle campagne de grande ampleur à l’intérieur de la bande de Gaza, face à un adversaire qui aura tiré les leçons du conflit, reconstitué ses forces et réaffirmé son contrôle territorial.

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