Les otages morts à Gaza : la dernière bataille pour retrouver les corps

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Les otages morts à Gaza : la dernière bataille pour retrouver les corps

Les otages morts à Gaza : la dernière bataille pour retrouver les corps

À Gaza, les morts ne reposent pas en paix. Alors que les regards se tournent vers les otages vivants promis à une libération imminente, une autre guerre se joue, silencieuse et macabre : celle du retour des dépouilles.

Ce jeudi à midi, un accord inédit doit entrer en vigueur. En apparence, il impose au Hamas de libérer tous les otages encore en vie, mais aussi ceux qui ont péri en captivité. Pourtant, derrière cette formulation solennelle se cache une réalité brutale : le Hamas ne sait pas où sont tous les corps.

Selon les informations de CNN, confirmées par plusieurs sources israéliennes, le mouvement islamiste aurait perdu la trace d’une partie des dépouilles. Les bombardements massifs, les effondrements de tunnels, les transferts entre factions, et la perte de contrôle sur certaines zones de la bande de Gaza rendent impossible toute certitude.
Le flou règne sur le sort de 7 à 15 corps, certains évoquent même jusqu’à 28 otages présumés morts.

Pour éviter que ces disparus ne soient engloutis dans le néant, Israël a pris les devants. Une force multinationale, unique en son genre, a été mise sur pied. Pilotée par le coordinateur israélien des otages et disparus, elle inclut des représentants du Qatar, de l’Égypte, des États-Unis et d’Israël. Sa mission : entrer dans Gaza et tenter l’impossible — retrouver les restes humains perdus dans les décombres.

Cette opération, qui pourrait se déployer dès la fin du cessez-le-feu, bénéficie du soutien logistique de Tsahal. Des équipes de secours israéliennes spécialisées dans les zones sinistrées seront mobilisées pour guider les fouilles et analyser les informations. Mais personne n’ignore les limites d’une telle entreprise : le terrain est miné, les infrastructures détruites, et la chaîne de détention des otages s’est effondrée dans la guerre.

Un chaos organisé : les otages dispersés entre factions et ruines

Dès les premières heures qui ont suivi les massacres du 7 octobre, les otages israéliens ont été emmenés par différents groupes, parfois rivaux, dans une Gaza en guerre. Selon des responsables israéliens, les captifs ont été « disséminés entre les mains du Hamas, du Jihad islamique, et de milices locales incontrôlables ».

Cette fragmentation a empêché le Hamas de centraliser l’information. Résultat : certains otages seraient morts sans que leur lieu de détention n’ait jamais été signalé à la direction politique du mouvement. Pire encore, certains tunnels où les otages étaient enfermés se sont effondrés sous les frappes israéliennes. Le Hamas, incapable de reconstruire sa propre cartographie souterraine, aurait ainsi perdu jusqu’à la mémoire physique de certains corps.

Dans une déclaration faite à CNN, un haut responsable israélien confirme : « Le Hamas a admis qu’il ne savait pas où se trouvaient tous les corps ». La diplomate américaine Barbara Leaf, adjointe au secrétaire d’État pour le Proche‑Orient, a renchéri : « Il sera extrêmement difficile de récupérer les restes des otages décédés », soulignant l’absence de contrôle unifié sur les conditions de détention.

Le dilemme des familles : entre larmes et incertitude

En Israël, les familles des otages morts vivent un double calvaire. D’un côté, le deuil impossible sans corps, sans sépulture. De l’autre, le risque de ne jamais obtenir de réponse. Pour elles, chaque jour d’attente est une torture prolongée. L’absence de restitution équivaut à une disparition.

Le cas de Eliyahu Margalit, 75 ans, enlevé le 7 octobre au kibboutz Nir Oz, est devenu emblématique. Bien que sa mort ait été confirmée par les renseignements israéliens dès décembre 2023, sa dépouille n’a jamais été restituée. Sa famille, comme tant d’autres, vit suspendue entre la vérité et le vide.

En février 2025, le Hamas a rendu quatre corps d’otages, parmi lesquels ceux de Shiri Bibas et de ses deux enfants, ainsi qu’Oded Lifshitz. Les cercueils avaient été remis à la Croix‑Rouge à Khan Younis, puis transférés en Israël. L’Institut médico‑légal d’Abu Kabir avait alors indiqué que l’identification n’était pas encore terminée. Cette scène lugubre avait suscité une vague d’indignation, d’autant que des vidéos de la remise des corps avaient été diffusées, transformant la restitution en parade macabre.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU avait qualifié cette diffusion d’images d’« abominable », dénonçant une instrumentalisation des morts. Amnesty International, de son côté, avait exprimé des doutes sur l’intégrité des corps et la transparence du processus.

Une guerre contre l’oubli

Ce jeudi, un compte à rebours sera lancé : le Hamas disposera de 72 heures pour remettre tous les otages vivants ou morts. Mais au-delà du geste diplomatique, c’est une course contre la disparition qui s’engage.

Car dans les faits, les chances de retrouver tous les corps sont faibles. Une vingtaine d’otages seraient encore vivants, selon les évaluations israéliennes. Les autres, morts ou disparus, pourraient être à jamais engloutis dans les entrailles effondrées de Gaza.

Un haut gradé israélien confiait récemment à la presse : « Il se peut que certains corps ne soient jamais récupérés. Et cela, nous devons le dire aux familles, même si c’est insoutenable ».

À l’heure des négociations, des drones, des trêves éphémères, et des calculs géopolitiques, il reste un drame irrémédiablement humain : celui de la mort sans trace, de la mémoire sans corps, et du chagrin sans tombe.

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