Vieux continent, nouvelle identité : la vague d’immigration défigure le visage de l’Occident

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Vieux continent, nouvelle identité : la vague d’immigration défigure le visage de l’Occident

Vieux continent, nouvelle identité : la vague d’immigration change le visage de l’Occident

Offensive diplomatique et réorientation européenne

Dans les semaines qui ont précédé l’opération « Am Kalavi », l’offensive diplomatique contre Israël a atteint une intensité inédite. La Grande‑Bretagne, la France et d’autres pays occidentaux ont multiplié les critiques virulentes contre les actions israéliennes à Gaza. Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, accompagnés du nouveau Premier ministre canadien Mark Carney, ont dénoncé ces actions et imposé des sanctions contre Israël en l’accusant de « nuire aux Palestiniens ».
La ministre européenne des Affaires étrangères Kaia Kallas a évoqué une « diffamation rituelle » de l’armée israélienne pour avoir « tué des Gazaouis dans les centres de distribution ». Vingt‑huit pays occidentaux ont joint leur voix pour demander l’arrêt immédiat des combats à Gaza.

Une reconnaissance imminente de la Palestine

Parmi ces pays, la France adopte la position la plus dure : Macron a annoncé le 24 juillet qu’elle reconnaîtra officiellement un État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Plusieurs autres pays, dont la Grande‑Bretagne, se disent prêts à suivre cette initiative.

L’immigration musulmane comme enjeu politique

Ces postures radicales ne résultent pas d’un élan humanitaire spontané, mais davantage d’un calcul politique : obtenir l’appui croissant des communautés musulmanes installées depuis plusieurs décennies en Europe.

Royaume‑Uni : données, natalité, représentativité

Le recensement de 2021 (publié en novembre 2022) indique que 6,5 % de la population d’Angleterre et du Pays de Galles se déclarent musulmans — soit 3,9 millions d’individus  . Londres concentre plus de 15 % de musulmans, tandis que Bradford dépasse les 30 %, avec respectivement 15 % et plus de 30 % de la population selon les autorités locales  .

Sur le plan des prénoms, le Bureau national des statistiques indique en 2024 que « Muhammad » reste en tête pour la deuxième année consécutive, avec plus de 8 400 naissances. Le prénom « Yahya » connaît une hausse de 33 % et se classe 93ᵉ avec 583 bébés ainsi nommés  .

Politiquement, environ 500 conseillers musulmans siègent dans les conseils municipaux britanniques, mais seules deux villes (le Grand Londres et Tower Hamlets) sont dirigées par un maire musulman (Sadiq Khan et Lutfur Rahman). À Birmingham, Sheffield et Bradford, des postes symboliques existent à l’échelle locale.

Selon GB NEWS en décembre 2024, le Royaume‑Uni compte 85 conseils religieux appliquant la charia (pour les mariages et divorces) — le chiffre le plus élevé d’Europe occidentale — bien que non reconnus formellement par l’État. En 2024, 100 000 mariages musulmans ont été enregistrés, dont une part notable par ces conseils — certains couples pratiquant la polygamie via une application numérique permettant de choisir jusqu’à quatre épouses  .

L’immigration légale a atteint un pic estimé à 906 000 personnes en 2023, contre 184 000 en 2019. Cette explosion inclut une forte hausse d’étudiants étrangers ainsi que d’immigrants venus d’Ukraine et de Hong Kong  .

Allemagne : des chiffres alarmants, une politique restrictive

En Allemagne, la Conférence musulmane estimait en 2023 à 5,5 millions le nombre de musulmans sur 84 millions d’habitants (soit 6,6 %, vraisemblablement proche de 7 %)  . Près de 45 % des immigrants sont originaires de Turquie et 13 % de Syrie (environ un million de personnes)  .

Le 28 mai dernier, le nouveau gouvernement allemand a validé un plan limitant le regroupement familial et retardant la naturalisation des demandeurs d’asile. L’année précédente, l’Allemagne avait accordé 200 000 naturalisations — le chiffre le plus élevé en 25 ans — et réuni environ 380 000 proches via une protection subsidiaire, permettant jusqu’à 12 000 réunifications familiales annuelles.

France : hausse de l’immigration et poids majeur du continent africain

Selon l’INSEE, en 2023 la France a accueilli 7,3 millions d’immigrés (10,7 % de la population), dont 48 % en provenance d’Afrique et 34 % du Maghreb  . En 2006, ils ne représentaient que 8,5 % de la population. Le rapport indique aussi que 52 % des immigrés entrants en 2023 possèdent un diplôme universitaire — contre 41 % en 2006  .

L’INSEE et l’INED estiment qu’« Islam confirme sa place comme deuxième religion en France », avec 10 % de la population se déclarant musulmane (contre 29 % pour les catholiques) selon des enquêtes menées en 2019‑2020  .

LFI : un virage pro-palestinien affirmé, une stratégie politique calculée

La France Insoumise, dirigée par Jean‑Luc Mélenchon, a assumé une position radicalement pro-palestinienne, voyant dans la cause un marqueur identitaire et électoral majeur.
Rima Hassan, juriste d’origine palestinienne et élue députée européenne sur la liste LFI en juin 2024, symbolise cette orientation : elle a fait de Gaza et des réfugiés palestiniens le cœur de sa campagne, dénonçant l’action israélienne comme un “génocide” et réclamant la reconnaissance d’un État palestinien.
En décembre 2024, le parti a officiellement adopté les objectifs de la campagne BDS (Boycott, Divestment, Sanctions) contre Israël, instaurant une rupture claire avec la politique extérieure traditionnelle de la France.

Dans l’hémicycle, plusieurs députés LFI ont exprimé publiquement leur solidarité pro‑palestinienne : le député Sébastien Delogu a brandi un drapeau palestinien, entraînant sa suspension de 15 jours et une réduction de moitié de sa rémunération pendant deux mois. Thomas Portes, autre élu LFI, a également été exclu pour port du keffieh palestinien et a suscité la controverse en qualifiant Israël de « terrorisme d’État » et en refusant l’entrée des athlètes israéliens aux Jeux de Paris 2024. Ersilia Soudais, députée de Seine‑et‑Marne, a invité à l’Assemblée une militante du FPLP, provoquant consternation politique et médiatique.

Sur le terrain électoral, cette ligne pro-palestinienne fait partie d’une stratégie visant les quartiers populaires à forte population musulmane. Lors des élections européennes de 2024, LFI ciblait tout particulièrement la Seine‑Saint‑Denis.

Le parti est passé de 11 % à plus de 37 % des voix dans ce département, avec un taux de participation en nette progression dans certaines communes, qui dépassait à nouveau les 40 % malgré un taux d’abstention global toujours élevé. Cependant, des analystes soulignent que la cause palestinienne n’est qu’un élément de mobilisation parmi d’autres, aux côtés des thèmes de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Cette posture a aussi profondément polarisé la gauche française. Certains membres du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste (PCF) ont condamné l’adoption trop agressive du discours pro-Palestine, notamment l’emploi du terme “génocide” ou les appels à boycotter Israël, estimant que LFI phagocyte le mouvement pour les droits palestiniens tout en marginalisant les positions plus modérées.

Antisémitisme, violences et crise du consensus

Parallèlement à ces transformations, l’antisémitisme explose. Un rapport du Guardian daté de juillet 2025 signale une hausse de 73 % des agressions islamophobes en 2024. Ces tensions naissent de décennies de politiques securitaires ciblant les musulman·e·s et légitimant une rhétorique exclusive, alimentée par certains médias et groupes d’extrême droite  .

Le vieux consensus occidental en péril

En 2025, l’Europe se recomposent sous l’effet de l’installation durable des vagues d’immigration, principalement musulmanes, et d’un changement démographique irréversible. Cet essor démographique est corrélé à une montée des tensions identitaires : antisémitisme, communautarisme, crise du vivre‑ensemble.

Le vieux consensus politique — modèle laïque, assimilation républicaine, équité sociale — vacille face à une réalité multiconfessionnelle complexe. Le défi reste immense : construire un modèle inclusif viable, sans sacrifier les principes fondamentaux de liberté et d’égalité.

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