L'alyah : "ici nous sommes tous différents donc tous pareils."

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10 000 nouveaux immigrants de France vers Israël pour 2015

Nous assistons à une vague d'émigration des Juifs vers Israël sans précédent, les chiffres officiels sont de 8000 nouveaux immigrants pour 2014 et 10 000 attendus pour l'année 2015.
Partagé entre enthousiasme et inquiétude, Alliance a cherché à mieux comprendre l'ambiguïté d'une telle situation.

S'il est certes vrai que l'antisémitisme décomplexé dont fait preuve la France a poussé en quelque sorte une migration vers Israël, il ne faut pas ignorer, ni faire le déni que la situation économique aussi y est pour beaucoup.

Des jeunes que nous avons rencontrés, ici même en Israël, débarquant fraîchement de France particulièrement de la région parisienne, affirment que leur choix s'est fait en fonction du peu de possibilités, d'opportunités de carrière qu'offre la France après 5 ans d'études.
Alors oui pourquoi pas Israël .

Après tout, un choix délibéré qui permet de lier l'idéal au pragmatisme.
Israël offre des possibilités de poste à ces jeunes diplômés, loin des centres Forex, ou calls centers qui font l'objet de plaintes et d'une très mauvaise presse (voir notre article à ce sujet) nous parlons, ici, de réelles entreprises, des start-up, avec des salaires motivants.

Yoni 27 ans vivait en région parisienne avec sa mère, diplômé d'une grande école de commerce, en recherche d'un poste en rapport avec ses compétences fraîchement acquises, il se met à espérer n'importe quel poste plutôt que de pointer au chômage.

Sur les conseils d'un ami, il accepte un rendez-vous dans une société de pose de panneaux photovoltaïques.

La condition pour avoir un poste dans cette entreprise est de s'inscrire en tant qu'auto-entrepreneur; Yoni accepte alors qu'il ne connaît pas les premiers rudiments de ce statut.
Loin de ses ambitions premières, il se force d'être à la hauteur des "ambitions de son patron", ainsi il signe des contrats, motivé il voit en cette nouvelle conversion, une façon commode, d'allier sa vie trépidante parisienne, avec copains, amies et petites amies et vie professionnelle avec il espère un bon revenu.

Ne lui a-t'on pas promis 2500 euros de commission sur chaque contrat signé ?
Seuls ces contrats, curieusement, n'aboutissent pas, ses clients pourtant parfaitement renseignés, tous sans exception se désistent.

Découragé, Yoni, ne voit pas d'autre solution que de stopper cette machine infernale où ce patron, bien peu scrupuleux, l'a placé.

En effet, afin de ne pas avoir à payer de charges pour ses "commerciaux" ce patron les oblige à devenir des auto-entrepreneurs.

Il leur transmet le planning des rendez-vous avec les coordonnés des clients et le tour est joué.
Le commercial motivé n'a plus qu'à faire signer le contrat, tout semble si simple...

Mais Yoni se retrouve, au bout de six mois, après avoir parcouru les routes de France de l'est parisien au sud de la France, sans salaire, avec des contrats signés, qui curieusement n'aboutissent pas et à sa charge, les frais de son nouveau statut d'auto-entrepreneur !

C'est en trainant sur Facebook qu'il voit une annonce, puis deux, puis trois et enfin quatre offres d'emploi en rapport avec ses compétences, mais poste à pourvoir en Israël.

Il tente sa chance. Les réponses, elles, ne se font pas attendre. Il obtient les quatre entretiens.
Illico, il décide de faire son Aliyah, en 10 jours son dossier presque complet, (il est possible de le compléter en Israël), son billet en poche , il embrasse ses amis, sa famille et débarque en Israël.

Il lui faut 10 jours de plus, pour avoir sa nationalité israélienne et choisir le poste de ses rêves.
Car, ici c'est lui qui choisit!

Impensable quand on connaît la difficulté en France de seulement décrocher un rendez-vous professionnel.
Aujourd'hui, ça fait plus d'un an que Yoni et en Israël, son job a bien évolué il est devenu manager d'une équipe de 10 personnes à seulement 27 ans, a fait venir sa petite amie de France, se sont mariés, ici, en grande pompe.

Quand on lui demande " S'il ne regrette pas la France, un peu , au moins ?" sa réponse est prompte et teintée d'amertume " Regretter quoi ? Les derniers mois que j'ai vécus en France ont été les pires de ma vie. J'en étais arrivé à douter de mon choix d'étude, de ma raison de vivre, bref en déshérence totale.

Mais vos amis qui ont suivi le même parcours que vous ont-ils trouvé un job en France ?

"Oui, bien sûr mais sans aucun rapport avec les études faites, et un salaire qui frise le SMIG, 5 ans d'études pour gagner 1350 euros, on ne peut l'accepter que lorsque l'on n'a pas d'autre choix."

Le cas de Yoni n'est pas isolé, les entreprises à haut potentiel de développement, High tech, internet, en Israël, sont toujours à la recherche de jeunes diplômés de France mais pourquoi ?
Tout d'abord, parce que l'enseignement des écoles ou des universités de France reste une forte valeur ajoutée pour l'entreprise mais aussi parce que'en embauchant des olim hadachims diplômés, -nouveaux immigrants- le patron est exempt des charges sur son salaire !

Un contrat win/win, gagnant/gagnant en quelque sorte. Mais l'Hébreu dans tout ça ?

Car s'il est dit que l'apprentissage de la langue est une garantie de l'intégration encore faut-il trouver le temps de l'apprendre.

Yoni est inscrit à l'OULPAN - école de langue intensive payée par l'État- et après sa journée de travail il trouve encore l'énergie de faire 2 heures de cours tous les soirs.

Yoni, précise qu'ici en Israël la semaine de 35 heures est un concept bien loin de la réalité israélienne, c'est 45 heures hebdomadaires quand tout va bien...et 12 jours de vacances payées.

L'esprit du monde du travail , en Israël, en particulier dans les start-up israéliennes est celui du 100% "Incorporate," vous vivez, respirez, votre entreprise.

Il ne s'agit pas de faire acte de présence, mais d'être productif, d'obtenir des résultats, avoir et atteindre des objectifs, à l'américaine.

Loin des grandes entreprises françaises où individualisme et hiérarchie sont devenus les maîtres de la décadence de la productivité, explique Yoni.

Bien sûr le tableau n'est pas totalement rose en Israël non plus, même si Yoni dit qu'il adore se lever à 7 heures du matin pour rejoindre son bureau et rentrer vers 21 heures, il n'en reste pas moins que sa vie sociale a été amputée de prés de 70% .

À cela il répond simplement "ici en Israël on va à l'essentiel et l'essentiel c'est la famille "
Envisage-t-il de retourner un jour en France ? " En France certainement pas ! Aux États-Unis pourquoi pas ?" La pratique de l'anglais quotidienne dans son job lui a permis d'envisager d'autres horizons.

Quand on lui pose la question sur l'antisémitisme en France et si ça l'a poussé à venir s'installer en Israël, sa réponse est surprenante  :  " L'antisémitisme ? Mais je l'ai toujours connu, et me suis habitué à vivre avec ! "  "Mais c'est vrai que depuis que je suis en Israël je sais ce que c'est que de vivre sans antisémitisme et ça fait une sacrée différence"
En fait en Israël, ajoute-t-il  vous apprenez à être citoyens à part entière sans différence particulière, ici nous sommes tous différents donc tous pareils.

 

 

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