La paracha de la semaine de Claude Layani : TOLEDOTH .La frayeur d'Isaac

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paracha Toledot. ou la frayeur d'Isaac

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TOLEDOTH La frayeur d'Isaac

Dans la Sidra Toledoth au chapitre dela Genèse 27,33 l'Ecriture dit que le Patriarche fut saisi d'une très grande frayeur. Nos Sages expliquent qu'Isaac a compris son erreur et sans l'intervention de Rebecca, il allait commettre une faute grave en bénissant Esaü.

 

Isaac ignore qu'Esaü avait vendu son droit d'aînesse pour un plat de lentilles à son frère Jacob, Rébecca était au courant de cette transaction.

 

C'est autour d'Isaac que se déroulera le récit, mais c'est Rébecca qui en sera le pivot. Rien

certes, dans l'Ecriture, ne permet d'affirmer que Rébecca connaissait l'arrangement intervenu entre ses fils au moment où il s'est réalisé, mais toute la suite du récit invite à penser qu'elle l'a appris, précisément parce qu'elle imagine un stratagème destiné moins à tromper Isaac qu'à lui éviter une grave méprise: bénir avant sa mort celui qui n'avait plus droit à cette bénédiction.

 

Pourquoi alors n'avoir pas révélé au patriarche la transaction qui rendait irrévocable le transfert du droit d'aînesse sur la tête du cadet ? Parce qu'Isaac ignorait l'oracle divin et que dans ces conditions, qu'il entérine ce transfert du droit d'aînesse ou qu'il refuse d'en tenir compte, sa bénédiction était viciée à la base par cette intervention divine préalable qui lui était inconnue.

Que Rébecca, outre la révélation du transfert de primogéniture, lui rapporte encore la parole de D.ieu telle qu'elle l'avait entendue avant la naissance des deux jumeaux, et la situation du patriarche devenait encore plus inextricable, car ou bien il modifiait la volonté divine par sa propre décision et c'était une solution inadmissible, ou bien il perdait toute liberté personnelle dans le choix de la solution.

Enfin Rébecca ne pouvait savoir quelle créance serait attachée par Isaac à son récit de l'oracle divin, alors surtout qu'Isaac connaissait l'amour de sa femme pour Jacob. Car il était loisible au patriarche de tirer au clair le transfert du droit d'aînesse, mais non la prédiction divine.

 

C'est pourquoi Rébecca prend sur elle d'ordonner à Jacob ce qu'il devra faire et, pour briser sa résistance, elle lui annonce que la malédiction retomberait sur elle. Son engagement est donc total, car c'est par elle seule que l'ordre divin pourra se réaliser sans subir aucune altération humaine.

 

Rébecca ne se fait aucune illusion sur la suite des événements. Elle sait pertinemment que dès le retour d'Esaü les choses seront rétablies sous leur perspective humaine, mais il est indispensable que la bénédiction destinée au premier-né revienne à l'aîné, qui est maintenant Jacob.

C'est par sa mise en scène seule que le plan divin sera respecté et chacun des protagonistes pourra y retrouver sa vraie place.

 

La mise en scène à laquelle, sous sa propre responsabilité, se livre Rébecca, replace la suite des événements dans leur déroulement normal, voulu par la Providence. C'est pourquoi, après le retour d'Esaü, Isaac ne s'étonne pas, ne proteste pas, ne transforme rien, il dit même "gam barou'h yihyé" qu'il reste béni..£

 

Il est indéniable que Rébecca, notre mère, a été l'instrument de la Providence divine dans l'avènement de Jacob à qui échut l'héritage spirituel et religieux.

A lui étaient dévolus le droit d'aînesse et les bénédictions que son père Isaac avait reçut d'Abraham, ces bénédictions qui de génération en génération devaient assurer la survie du peuple de D.ieu.

 

La haine d'Esaü pour son frère procède à partir de cet épisode d'un désir jaloux impossible à satisfaire : celui de recueillir la gloire du sacerdoce tout en repoussant les désavantages et les charges qu'il implique, celui d'être béni en tant qu'aîné tout en dominant Jacob en tant que cadet.

 

Dans la suite des temps, tel sera aussi, dans son impossibilité, le but d'Edom à savoir les chrétiens: devenir Israël sans cesser de demeurer païen, excercer le sacerdoce sans se séparer du monde.

Claude Layani

 

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