la paracha de la semaine par Claude Layani. KORA'H Vent de révolte contre Moïse et Aaron

Paracha de la semaine - le - par .
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KORA'H Vent de révolte contre Moïse et Aaron

 

Peu après le tragique épisode des explorateurs (Nb ch.13.14), une nouvelle crise va secouer Israël: c'est la révolte de Kora'h. Kora'h va tenter de soulever le peuple le peuple contre Moïse et Aaron, mettant en cause la légitimité et l'honnêteté de leur pouvoir.

L'affaire va prendre rapidement la dimension d'un conflit politique d'une extrême gravité. La Torah s'attarde longuement sur cette révolte et sur ses retombées y consacrant trois chapitres (16-18) une paracha, nous invitant sans doute par là, à nous pencher avec tout le sérieux requis sur un épisode dont l'enjeu dépasse largement l'intérêt local.

Pour bien mesurer l'événement, il convient d'abord de restituer cette révolte dans son contexte. Car il est évident que le conflit n'aurait pu prendre une telle ampleur, si le terrain ne s'y était pas prêté. Kora'h n'aurait pu trouver un écho favorable aurps des enfants d'Israël, si le crédit de Moïse et d'Aaron n'avait été largement entamé. Cet épisode est à envisager comme le nouvel avatar d'un malaise qui affecte, en profondeur, le peuple.

Israël désormais n'a plus confiance en ses chefs. Le terrible arrêt de D.ieu les condamnant à périr tous dans le désert, réservant à la génération de la relève seule le droit d'hériter du pays, a porté un coup fatal à leurs relations.

L'écho des paroles divines, scellant dramatiquement leur destin, résonne encore à leurs oreilles: "Vos cadavres, à vous , pourriront dans ce désert (14,32). Amers, ils reprochent à Moïse de ne pas avoir intercédé en leur faveur auprès de D.ieu, pour tenter de faire abroger la terrible sentence. Désespérés, ils doutent de celui auquel ils étaient indéfectiblement attachés autrefois. Ils ont le sentiment que Moïse ne peut plus guère que leur apporter le malheur et la désolation.

Leur condamnation après la mission des explorateurs vient clore en effet une série déjà longue faite de colères divines et sévères répressions.

C'est dans un tel contexte que Datan et Abiram, acolytes de Kora'h dans sa révolte et opportunistes s'il en est, se trouvent être les justes interprètes du découragement d'Israël amputé de son avenir. "C'est pour nous faire mourir dans le désert que tu nous as fait sortir d'un pays ruiselant de lait et de miel, " disent-ils à Moïse.

Ils l'accusent de n'avoir pas tenu sa parole, de ne pas avoir été en mesure de les faire hériter de la terre de la Promesse, d'avoir failli totalement dans sa mission de chef, ne leur léguant pour tout héritage qu'un désert en guise de sépulture. "Certes, ce n'est pas dans un pays abondant en lait et en miel que tu nous as conduits ; ce ne sont ni champs ni vignes dont tu nous as procurer  l'héritage"

Ils imputent à Moïse l'entière responsabilité de la catastrophe qui les atteint et sont ainsi particulièrement réceptifs aux arguments de Kora'h. Kora'h va leur proposer une alternative, une nouvelle interprétation des événements. En dénonçant l'arbitraire et le malchiavélisme du pouvoir de Moïse et d'Aaron, Kora^h leur offre une chance inespérée de se démettre de leurs responsabilités et d'échapper au destin qui leur a été promis par D.ieu.

Mais Kora'h est lui un fin politicien. Mû par des intérêts personnels, il sait habilement masquer sa jalousie à l'égard de Moïse et d'Aaron, usant d'une argumentation presqu'inattaquable. En effet, argue-t-il, "c'en est trop de votre part à vous Moïse et Aaron ! Toute la communauté, oui, tous sont saints, et au milieu d'eux est le Seigneur, pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l'Assemblée du Seigneur ?" D.ieu lui-même n'affirmait-il pas avant la Révélation: "vous serez pour moi un dynastie de prêtres et une nation sainte".

Mais ce que D.ieu énonçait comme un souhait, un possible, est proclamé par Kora'h, comme réalité.

C'est certes la politique politicienne et manoeuvrière qui est dénoncée là, mais aussi et surtout l'idéologie kora'hienne qui risque de perdre définitivement Israël, lui faisant croire que "les temps sont déjà arrivés" que le Ciel est déjà sur terre, alors que tout reste encore à faire.

 

Claude Layani

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