La paracha de la semaine par Claude Layani . CHEMINI Les lois alimentaires. Rou'ah Hakoddech

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CHEMINI Les lois alimentaires


«  L’Eternel parla ainsi à Moïse et à Aaron. Parlez aux Enfants d’Israël et dites-leur: «  Voici la bête que vous mangerez parmi tous les animaux qui sont sur la terre...  » (Lév. 9,1.2)

C’est ainsi que la Thora introduit le chapitre détaillé consacré aux animaux purs et impurs. Les exégètes de toutes les époques se sont interrogés sur la place de ce passage au milieu des lois consacrées aux prêtres et aux sacrifices. Les lois alimentaires, en effet, s’adressent, comme le souligne l’introduction que nous avons citée, à la Communauté d’Israël toute entière. Le Lévitique lui, suivant le nom donné par nos Sages, est «  la loi des prêtres  ». Mais l’énoncé même de la difficulté apporte des éléments à sa solution. Les Lévites et les Cohanim avaient un rôle particulier au milieu d’Israël tout entier. Cela leur imposait une règle de vie stricte dont les détails sont contenus dans nos sidroth. Ils étaient en quelque sorte les délégués de l’Assemblée entière. Cette dernière était, est par rapport à l’humanité entière «  Peuple de Prêtres  », «  Peuple Saint  ». Cette communauté doit donc avoir une conduite, un style de vie différent de celui du reste de l’humanité. Nous comprenons ainsi comment le chapitre 11 du Lévitique s’insère parfaitement dans «  Torat Cohanim  », «  l’enseignement des Prêtres  ».

Nous ne pensons pas que pour expliquer les lois alimentaires, nous devons suivre les interprétations sociologiques, médicales ou psychiques de certains docteurs du Moyen Age. Nous adopterons plutôt la voie tracée par Shemouel David Luzzato, grand maître en Israël au 19e siècle.

«  ...Afin que chaque israélite soit séparé par des lois et des enseignements des païens, afin qu’il ne copie pas leurs actes et reste toujours fidèle au D.ieu de ses ancêtres et ne profane pas sa personnalité propre  ».. Vous serez saints car Je suis saint.

Mais en plus de ce sens qui n’est pas valable pour tous les temps et pour tous les lieux, car on peut imaginer l’humanité entière attachée au D.ieu UN et appliquant des lois justes, l’abondance des décrets et des commandements peut s’expliquer par la volonté de D.ieu de corriger nos voies dans deux directions:

1) Les lois divines rappellent à l’homme à tout moment et en tout lieu la présence de D.ieu qui les a ordonnées,... toutes ces ordonnances sont des modérateurs, des freins qui tempèrent les passions humaines et enracinent dans le coeur de l’homme la crainte du Créateur...

2) L’homme ne peut maîtriser ses élans si ce n’est par un perpétuel exercice de sa volonté, en s’habituant à s’écarter des excès et en se pliant à une certaine abstinence comme il est dit: «  Il est bon pour l’homme de porter le joug dans son jeune âge  » (Lamentations 3)

Epictète a dit, si l’homme porte ces deux mots sur son coeur il est certain de ne pas dévier: sastine et abstine (souffre et retiens-toi)... L’abondance des décrets et des commandements enseigne à l’homme la maîtrise de lui-même et le mépris de la souffrance.

Dans la paracha Chemini s’achève une première grande division du livre de Vaykra, consacrée d’une part aux sacrifices, d’autre part à la promulgation des lois relatives au sacerdoce.

Avant d’aborder une nouvelle partie consacrée essentiellement à l’établissement de distinctions entre le pur et l’impur, la Tora nous fait assister aux cérémonies d’investiture d’Aaron et des ses fils. Mais un incident vient troubler la joie suscitée par l’inauguration du sanctuaire. C’est la mort de Nadab et Abihou, fils d’Aaron, punis pour avoir introduit un feu profane.

L’épisode de la mort des fils d’Aaron se trouve au centre d’une série de lois rituelles décrivant l’inauguration du sanctuaire, la nomination des prêtres, la description des sacrifices, ainsi que la longue liste des lois alimentaires. Ne s’agit-il pas pour ces dernières de faire de nous , par un régime culinaire approprié, les véritables «  serviteurs-esclaves  » de D.ieu. L’homme peut à la rigueur se fabriquer un régime sain, mais il ne peut de lui-même connaître le régime qui fera de lui un homme saint

La recherche d’une vie sainte, au niveau de l’individu et à celui de la nation, apparaît ici, de même qu’au Deutéronome 14,12.21. comme le motif fondamental des lois alimentaires. 

Ces lois créent une prédisposition de l’âme à une existence saine, moralement pure et empreinte d’une haute spiritualité , qui rend l’homme apte à recevoir l’esprit prophétique, «  rou’ah hakoddech  ». Le respect des lois alimentaires constitue un préalable essentiel à une vie sublimée, par l’idéal de la sainteté. . Nous devons être saints , un peuple séparé pour accomplir notre mission de nation sainte «  mamlé’hét kohanim, vegoy kaddoch  » au sein des nations.


CLAUDE LAYANI

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