Jeane Manson & Shirel, ont envouté la scène du Palais des Congrès

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Jeanne Manson au palais des congrés à perpignan

Perpignan

Miroir des voix : Le concert de l’émotion

Jeane Manson & Shirel, ont envouté la scène du Palais des Congrès

C’est devant un public comblé que les 2 artistes ont séduit l’auditoire et j’oserais dire porté les larmes aux yeux… de ces retrouvailles avec bon nombre d’admirateurs. Entre amour, passion et émotion… la fusion musicale nous a bercés aux sons des excellents musiciens de l’orchestre de Laurent Comtat, qui les accompagnent.

La voix de gospel de la belle américaine a enflammé la scène comme un feu d’artifice, et ses tonalités rares aux mille couleurs vocales ont illuminé l’espace pour accueillir la voix exceptionnelle de la divine Shirel, artiste universelle et inoubliable Esmeralda de la comédie musicale d’audience mondiale.

À cet instant, je me suis laissé emporter par la symbiose des voix de Notre-Dame de Paris et de la chapelle de Harlem… Moments magiques de vocalises au gré de chansons poignantes telle « Jerusalem » véritable joyau musical (dont Shirel est l’auteur). Mélodies aux accents sud-américains, succès populaires maîtrisés, Jeane Manson excelle dans le jonglage des sentiments, elle chante la femme, la vie, l’amour et l’été indien en hommage à son ami Joe Dassin.

La magie des émotions dans l’union d’une filiation artistique élective

De l’Europe à l’Amérique Latine, en passant par le Moyen-Orient et la Chine… partout à travers le monde, Jeane et Shirel emplissent de joie, le cœur de ceux et celles qui les accueillent et qui à la fin de chaque concert s’écrient à l’unisson « Goodbye, shalom, adios, arriverdeci, au-revoir et peut-être à bientôt… »

Coup de chapeau à Sophie (Geninatti Productions), cette femme de l’ombre, qui allie l’expertise du management et l’aisance relationnelle. C’est elle qui a organisé cet étincelant concert, véritable tour de chant à l’américaine et a contribué également à son succès. Il fallait également le souligner.

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Jeane Manson : Vous aviez déjà chanté en duo avec Shirel dans le concert « Double Je » en 2016, c’était en Israël.

Ce retour sur scène avec votre fille semble inscrit dans ce qu’il y a d’incontournable dans notre vie, la transmission… Diriez-vous qu’il est le concert de l’amour ? Oui bien sûr, mais je chante avec Shirel depuis qu’elle a 4 ans.

Le chant c’est une tradition familiale. Ma mère Chris Stevens était une grande chanteuse de jazz aux États-Unis.

Elle a chanté avec Louis Prima (Le roi des swingers) à qui l’on doit les succès internationaux « Sing, sing, sing » et « Just a gigolo » entre autres. C’est elle qui m’a donné l’envie de devenir chanteuse, une passion que j’ai transmise à ma fille Shirel.

Shirel au palais de congrés du perpignan

Shirel au palais de congrés du perpignan

 

Shirel : Vous avez franchi le cap d’un chiffre clé, un nombre magique qui a une signification particulière dans la religion juive. Celui de la transmission, de la passation d’un état à l’autre.

Ce concert « Les incontournables » résume assez bien cela, qu’en pensez-vous ?

J’ai 41 ans et bientôt 42 même !!! répond-elle franchement en souriant. J’adore mon âge, vraiment… Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu’aujourd’hui. J’ai la sincère impression d’avoir accompli le rôle pour lequel je suis venue au monde. Alors oui, je veux encore poursuivre ce chemin en réalisant ce que j’aime sans contrainte et avec comme seul objectif d’offrir du bonheur.

Jeane Manson : Puisque l’on parle de passation, de transmission, diriez-vous que ce concert est une communion d’amour familial, que vous avez besoin de transmettre à votre public qui vous aime et vous admire depuis tant d’années ?

Le public c’est mon seul amour, le plus fidèle qu’il me reste aujourd’hui. J’ai aimé les hommes oui, j’ai aimé des hommes, mais je n’ai pas rencontré le grand amour, celui avec lequel on reste pendant 40 ans ou plus … il est un peu tard maintenant.

La gorge de l’artiste se noue légèrement, ses pétillants yeux bleus s’illuminent puis se voilent. La sensibilité de la femme s’exprime, et pendant les quelques secondes d’un émouvant silence, je suis à la fois troublé et ému par la sincérité d’être soi. 

Shirel : La conciliation vie de famille/vie d’artiste est parfois compliquée et demande prudence, choix et sacrifices. Vous êtes maman de trois petites filles. Êtes-vous d’accord sur le fait qu’un enfant ne nous appartient jamais réellement, qu’il est dépendant de son destin et de sa liberté future ?

Ma famille est ma priorité absolue. Si je devais arrêter de chanter pour la préserver, je le ferais.

J’oublie parfois que ce ne sont pas seulement mes enfants, mais des enfants que j’ai mis au monde et qui un jour vont prendre leur envol. J’ai parfois un peu d’appréhension avec mes filles qui ont 10 et 12 ans et qui déjà expriment ce besoin de liberté. Heureusement j’ai encore un bébé auprès de moi, ce qui me laisse encore quelques belles années avant que cela n’arrive avec elle.  Je pense que la notion d’appartenance « mes enfants sont à moi » est très complexe et pas simple à mettre en oeuvre.

La famille,voici justement que s’avance une jolie jeune femme à la longue chevelure blonde, c’est Marianne, la jeune sœur de Shirel. « Avec ma sœur, nous sommes très fusionnelles, on pense chacune à l’autre avant soi. »

Elle est venue en compagnie de son petit ami, un talentueux DJ de Tel Aviv, qui présente sur scène quelques prestations musicales très applaudies. Marianne est directrice de productions  chez i24news à Tel Aviv, une chaîne de télévision internationale israélienne d'information en continu .

Elle me confie n’être qu’un extra dans ce concert, que sa tante Barbara (sœur de sa maman) est là également et qu’elles chanteront toutes ensemble ce soir (comme lorsqu’elle était enfant) « Oh Susanna » une chanson traditionnelle américaine de style country.

Jeane Manson : Chanteuse, actrice, comédienne, auteur, artiste peintre et amazone de la chanson.

D’où provient cet éclectisme culturel et artistique ?

Je suis américaine surtout ! de l’autre côté de l’Atlantique, les artistes sont très souvent polyvalents, ils dansent,

ils chantent, ils sont acteurs, comédiens, musiciens…

Vous avez la beauté et le talent, un véritable don du ciel ? C’est pour cela que je remercie le seigneur tous les jours.

Mais vous savez, dès que   j’ai eu une petite ride, on m’a aussi jetée comme un kleenex…

Malgré tout je suis toujours là et ma voix aussi elle me suit. Sourires…

Shirel : Comme pour votre maman, des fées semblent s’être penchées sur votre berceau ?

Comprenez-vous ces jeunes filles et ces femmes en quête perpétuelle de perfection physique ?

Le clip d’une des chansons de mon nouvel album, met en scène des femmes de tous les âges, de physiques, de beauté et d’origines différentes. Je les ai observé, interviewé, photographié. C’est un thème qui éveille chez moi un intérêt particulier la diversité et la beauté des femmes, de toutes les femmes, dans ce qu’il y a de naturel, de spirituel et d’universel.

Quel message voudriez-vous faire passer ?  Qu’une femme est belle lorsqu’elle reste elle-même.

Jeane Manson : Vous avez chanté à travers le monde pendant plus de 40 ans, vendu 30 millions de disques,

un magnifique parcours jalonné de succès avec  de nombreux disques d’or et de platine !

On peut même dire pendant plus de 50 ans, car j’ai commencé à chanter professionnellement à 18 ans.

Si vous deviez résumer votre carrière en un seul mot, quel serait-il ?

Merci seigneur de m’avoir donné la foi, la chance de faire ce métier et l’amour de mon prochain.

Vos succès : « Fais-moi danser », « Femme », « Avant de nous dire adieu », « Vis ta vie », « Les larmes aux yeux », semblent calquées sur votre vie. Sont-ils les messagers de vos sentiments et de vos émotions ?

On m’a toujours utilisé comme une séductrice. Il n’y avait donc rien d’exceptionnel à ce que l’on me propose des chansons d’amour avec ce qu’il y a de plus beau, de plus séduisant, mais aussi de plus tragique dans les variations de l’amour.

Avez-vous souffert d’être souvent éloignée de vos enfants ?

Oui bien sûr, même si j’ai essayé de les avoir le plus souvent auprès de moi. Je leur disais « Si vous ne voulez pas que maman travaille, elle ne travaille pas, mais on n’ira plus en vacances, on ne pourra plus faire ceci ou bien cela. » Et dans la vie on doit travailler, c’est une valeur que j’ai enseignée à mes enfants. Les parents ne sont que les archers et les enfants des flèches qui doivent suivre leur propre destinée, comme moi j’ai suivi la mienne.

D’un autre côté mes enfants ont voyagé dans le monde entier et vécu des expériences enrichissantes. Si j’avais arrêté de vivre ma passion, je ne serais sans doute pas la même et je n’aurais peut-être pas une telle complicité avec mes filles.

Shirel : Aujourd’hui vous vivez à Tel Aviv, la ville qui ne dort jamais !

Cette ville a une énergie incroyable. Les restaurants ne ferment pas entre 14h et 16h par exemple. Il n’y a pas de temps pour l’illusion ou le superflu. Ce qui est fantastique, c’est la force qui unit et réunit des gens de multiples nationalités dans une explosivité de vie unique. En Israël, la mer morte se trouve au niveau le plus bas de la planète. C’est peut-être là le secret de nos origines et de cette constante quête de vérité.

J’y était en mai dernier pour couvrir le concours Eurovision. Une compétition à laquelle Jeane Manson a participé en 1979 à Jérusalem. Elle y représentait le Luxembourg et reste à ce jour, l’unique chanteuse américaine de l’histoire du concours. Vous Shirel, avez chanté en 2013 une amusante parodie « 12 points pour l’Eurovision » illustrée par un clip au second degré saupoudré de quelques vérités. Quel regard en tant qu’artiste posez-vous sur cette institution ?

J’aime beaucoup l’Eurovision et je ne comprends pas pourquoi la France depuis 1977, n’a plus jamais gagné. Cocorico…

Les Français ne sont sans doute plus assez patriotes, ce qui discrédite leur participation ? La question reste posée, mais les résultats sont là ! Ce qui m’a le plus marqué, récemment, c’est l’invraisemblable victoire de la chanteuse israélienne Netta en 2018 et sa chanson « Toy ». Quel courage, il fallait oser présenter une telle contribution aux yeux du monde. Israël l’a fait et à gagner ! On en revient toujours à l’audace et à l’avancée de ce pays précurseur, terre d’un nouveau monde.

Jeane Manson : On dit que l’écriture est un exutoire ?

Moi c’est la musique et aussi les chevaux. Quand je suis avec les chevaux j’oublie tout, je me libère de toutes les pressions de la vie et du quotidien. Mais comment pourrait-il en être autrement, puisque lorsque l’on est à cheval on a un devoir de prudence, de complicité et de respect avec l’animal.

Vous êtes une femme qui vibre d’amour et d’émotion. Diriez-vous que vous êtes une femme qui murmure à l’oreille des chevaux ?

Je pense oui car cela fonctionne bien avec les chevaux mais ça ne marche pas avec les hommes.

Vous avez chanté « Faisons l’amour avant de nous dire adieu », c’est assez révélateur.

Pensez-vous que le répertoire d’un artiste est calqué sur sa propre vie et sa propre identité ?

Oui et non, parce qu’au départ, je chantais des folk songs et pas du tout des chansons françaises. J’ai eu la chance d’avoir des auteurs comme Jean Renard et Michel Mallory qui m’ont proposé la chanson « Avant de nous dire adieu ». Au départ lorsque j’ai interprété cette chanson, je ne pensais pas à adieu, good bye, mais à Dieu… et j’ai prié le ciel. Ce n’est pas une chanson facile et peu d’artistes peuvent bien la chanter. Sauf peut-être ma fille Shirel qui l’a réadaptée en anglais.

Je me suis dit si cette chanson est pour toi, elle le sera et elle l’a été… Numéro 1 en France en 1976 et plus de 2 millions d’exemplaires vendus. C’est ce succès qui m’a permis de chanter dans le monde entier.

Shirel : Avez-vous souffert de l’absence que rencontrent les enfants des artistes, qui emportés par la vague de leur succès, s’éloignent à contre-courant des êtres qui leur sont chers

Je n’aime pas parler du passé. Ce qui est passé est passé, il faut se tourner vers l’avenir. Je ne veux pas juger et je pense que l’on n’a pas le droit de juger ses parents. On ne peut savoir ce que l’on aurait fait à leur place. En ce qui me concerne, ma vie familiale est aujourd’hui ma priorité.

Vous avez dit dans la presse à propos de votre maman : « Elle a ce talent de toucher les gens avec sa voix. Chaque fois qu’elle monte sur scène je pleure. Elle me touche profondément. » C’est une magnifique preuve d’amour ?

J’aime et j’admire ma mère pour ce qu’elle représente en tant qu’artiste et ce qu’elle est en tant que femme.

J’ai peut-être reçu le don de sa voix en héritage.

C’est elle qui m’a donné l’envie de chanter comme l’avait fait sa mère avant moi.

Nous avons des différences, des contradictions mais ce point commun du partage de la musique qui nous unit.

Jeane Manson : Nous vivons une époque difficile, troublée, avec des tensions, des actes et des comportements violents.

Les artistes doivent-ils être les messagers d’espoir, de paix, d’humanité et d’alliance ?

Je dis aux intolérants qu’ils suivent la voie de la sagesse, qu’ils doivent changer leur cœur de pierre en cœur d’or pour voir le monde différemment. Dans notre société, les femmes sont au travail en constante compétition avec les hommes et nous les femmes, on ne veut pas être en conflit avec les hommes, on veut simplement être là en toute égalité.

Il faut croire en la vie, se battre quoiqu’il arrive et avancer.

J’ai chanté l’amour aux quatre coins du monde et je me suis toujours posé cette question « Pourquoi les gens n’écoutent pas les messages d’amour des chansons ? » cela apaiserait bien des maux.

Jeane Manson : « Il ne suffit pas de voir le monde, encore faut-il savoir l’aimer, l’observer…

Et l’accepter… ajoute instantanément l’artiste.

Mon regard plonge alors dans la profondeur de ses yeux d’azur et je lui réponds pour clore cette interview

« J’ai déjà vu ça dans vos yeux ».

 

Photos : Thierry PRATX

Rédaction : Alexandre BLONDIN

News WPA - Octobre 2019

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