Tag Archives: juif

Fontenay-Sous-Bois : un couple mixte victime d'agressions en série

A Fontenay-sous-Bois, en région parisienne, dans la nuit de jeudi à vendredi, un début d'incendie a été provoqué par le jet d'un pétard devant l'entrée de Patrick Jaoui et sa compagne musulmane. Ce couple mixte vit depuis un an, une série d'agressions.  

En effet, depuis janvier 2015, ce jeune couple reçoit des lettres de menaces de mort suivie du dépôt de colorant rouge imitant le sang tout autour de leur porte d’entrée.

La série continue par un homme qui frappe contre le velux en pleine nuit. Puis sa compagne, enceinte  est assainie  d'un coup de couteau à la gorge par un motard  alors qu'elle sortait les poubelles. Des agressions régulières allant jusqu'à la tête de poulet déposée sur le paillasson.

Le cauchemar continue, à minuit ce jeudi ,avec le jet d’un gros pétard sur la porte d’entrée,provoquant un début d’incendie et une épaisse fumée noire dans leur domicile.

Une angoisse permante depuis un an pour Patrick Jaoui et sa petite amie musulmane "Quelqu’un ne supporte pas qu’un juif soit en couple avec une jeune et jolie musulmane et essaye de nous le faire payer », affirme l’homme de 59 ans.

Aucune interpellation n'a été pour le moment faite.  Pour la petite amie de Patrick Jaoui, il  lui est impossible de rester seule dans l'appartement "Certains nous conseillent de partir, mais ce serait leur donner gain de cause" dit-elle.

Patrick Jaoui

Patrick Jaoui

"A chaque agression, on reste des nuits sans dormir. On a peur que ça empire. Si le feu avait vraiment pris cette dernière fois, que se serait-il passé pour nous et notre fille ? " souligne-t-elle.

Pour l’avocat du couple, Axel Metzker, "Il ne faut pas sous-estimer tous ces avertissements" . "Cette affaire rappelle de façon inquiétante ce qui était arrivé au DJ Sébastien Sélam, assassiné par un musulman à Paris, en 2003. » déclare inquiet l'avocat.

Pour le moment, le caractère religieux de ces attaques n'est pas affirmé. L’enquête est confiée au commissariat de Fontenay. 

Nathalie ZADOK

Scandale sur le silence de Najat Vallaud-Belkacem face à Idriss Sihamedi

"le suppplément" : Najat Vallaud-Belkacem reste silencieuse face à Idriss Sihamedi

Après la réaction gênante de la ministre Najat Vallaud-Belkacem face au salafiste Idriss Sihamedi qui a été vivement critiquée, les réseaux sociaux se déchaînent .

Ce dimanche 24 janvier, Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée de l'émission hebdomadaire du supplément de canal+. Après son interview, la ministre de l'Education a assisté à la diffusion d'un reportage sur une association humanitaire islamique, Barakacity qui oeuvre en Syrie.

Celle-ci appartenant à  Moussa Ibn Yacoub, de son vrai nom Puemo Maxime Tchantchuing, un jeune Français converti à l'islam et détenu au Bangladesh pour des motifs encore obscurs. La ministre s'est alors montré très gênée.  

Quand Idriss Sihamedi le président de l'ONG musulmane Baraka city, lui aussi invité sur le plateau s’exprime après la diffusion du sujet, un malaise s'installe entre la ministre et lui. 

En effet, celui-ci a donné une vision très personnelle de l'islam  se considérant, lui, comme un "musulman normal". La ministre est alors très silencieuse,  jusqu'à en oublier de rappeler les fondamentaux de la République.

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem  répond au strict minimum face aux propos polémiques du président de l'ONG musulmane Baraka city.

A la question Idriss Sihamedi  peine à condamner clairement l'Etat islamique?  la ministre répond «Non», puis se reprend «Je crois que c'est une association qui porte une façon de voir les choses qui n'est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l'aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n'ajouterai rien».

C'est devant une ministre silencieuse qu'Idriss Sihamedi, se vante face à la caméra  «Comme certains rabbins, je ne serre pas la main aux femmes», .

Le journaliste  lui demande alors de condamner l'Etat islamique et se dit «est gêné par la question». «Ce n'est pas qu'on ne condamne pas l'Etat islamique, c'est qu'on essaye d'avoir une certaine pédagogie pour essayer de discuter avec les jeunes et pour leur faire comprendre qu'on est une alternative qui est bien, qui est pacifique», ajoutera-t-il ensuite. Dans le reportage qui lui était consacré, il faisait l'éloge d'un «djihad pacifique et humanitaire» souligne-t-il. 

Dans un premier temps, la ministre de l'Éducation refuse de réagir et finalement désigne Baraka City comme une association «qui porte une manière de voir les choses qui n'est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met mal à l'aise.»

Réaction faible ?  «Non», répond-elle au Parisien. «Car cela aurait été reconnaître une valeur à sa parole, lui donner beaucoup d'importance.»

En ce qui concerne le refus d'Idriss Sihamedi de serrer la main des femmes, l'ex-ministre du Droit des femmes assure qu'elle «fulminait» et se demande si  «Un commentaire était nécessaire?». Najat Vallaud-Belkacem estime que face à tant de «bêtise» et de «sectarisme», les téléspectateurs «n'avaient pas besoin d'une explication de texte».

Pour les difficultés à condamner les atrocités de Daech, elle tranche: «Il ne peut y avoir aucune ambiguïté dans cette période où c'est la nation toute entière qui combat le terrorisme.»

Elle se défend de "sa mollesse"« car je refuse de me prêter à ce petit jeu nauséabond consistant à inviter des gens infréquentables pour faire du buzz. J'étais indignée de la tribune que l'on venait de lui donner. Le reste de ma réponse a été un rejet en bloc des propos tenus ». 

Et pose la question : « Aurais-je dû m'engager dans un débat avec cet individu, aller au clash dans les trente secondes de temps de parole qui m'étaient offertes à la fin de son interview ? Je rappelle qu'il ne s'agissait pas d'un débat entre lui et moi, mais d'une séquence de l'émission qui lui était consacrée »
Cliquez-ici pour voir la vidéo

Pour le porte parole des Républicains,Guillaume Peltier sa défense est «insuffisante et complètement décalée», «Najat Vallaud-Belkacem savait pertinemment qui serait sur le plateau. Il fallait se poser la question en amont si elle ne souhaitait pas cautionner ce personnage», justifie-t-il .

Pour lui, «Cette absence de réaction d'une ministre de la République sur des questions dont elle se prétend avoir été l'égérie montre tout le discrédit des valeurs qu'elle prétend défendre»,

«Relancé par les chroniqueurs qui lui demandent s'il soutient l'EI, l'humanitaire utilise le conditionnel: «S'ils tuent, s'ils brûlent des gens dans des cages etc, je ne vais pas vous dire oui. S'ils tirent sur des femmes enceintes, je ne vais pas vous dire “non je ne condamne pas”».

Du négatif pour la ministre, en effet, sur Twitter les réaction se font vives .@najatvb vous êtes ministre. Vous deviez répondre et non pas offrir ce spectacle honteux de lâcheté.

Cependant plusieurs twittos ont commencé à la défendre, présentant son invitation comme un « piège » Najat Vallaud Belkacem s'est légitimement sentie piégée par Canal plus en quête de "clash"... @LeParisien

En attendant que la polémique se calme, Idriss Sihamedi, a fermé son compte Twitter.

Nathalie ZADOK

Blindspot : l'application venue d’Israël qui fait peur

Blindspot : l'application venue d’Israël qui fait peur

Lancée en décembre en Israël, le succès sans précédent de l'appli Blindspot qui rend possible l'envoi de messages anonymes, va bientôt arriver en Europe et aux Etats-Unis.  Accusée de favoriser le harcèlement, les politiques ont décidé de s'en mêler. Une application très controversée. 

Financée par Will.I.Am, Nicki Minaj et Roman Abramovich, l'application Blindspot est l'un des produits de l'entreprise israélienne Shellanoo.  Elle fonctionne comme Whatsapp sauf que ses utilisateurs ne peuvent pas identifier l'expéditeur et ne seront jamais inquiétés de voir leur identité révélée.  

Avec un demi million de téléchargements, Blindspot, est devenue la "star".Cependant, elle favoriserait le harcèlement en ligne sur tel ou tel internaute, ou le troll, c'est-à-dire la diffusion de messages sans autre objet que d'exciter les passions. Le Parlement israélien réuni en commission a totalement désapprouvé  cette application. 

Attendue dans les prochains mois, Blindspot débarquera aux Etats-Unis et en Europe. "La mise sur le marché de Blindspot a donné lieu à la plus grande campagne de publicité jamais montée pour une application en Israël", dit Moran Bar, directeur du blog israélien Geektime consacré aux technologies. A Tel-Aviv, et sur les grandes routes du pays, sur des immenses panneaux, on ne voit plus que le smiley jaune avec un œil recouvert d'un bandeau.  

Blindspot

Blindspot

Attractive,mais dangereuse, beaucoup de harcèlements ont été constatés avec cette application : "Je vais te tuer" mais aussi, "harcèlement sexuel, sur des choses qu'"ils" voudraient faire avec "elles"".    

La société se veut cependant rassurante et affirme qu'il y a suffisamment de moyens de se protéger et de bloquer des contacts, les messages trop menaçants étant par ailleurs envoyés à la police.

Inquiète pour les plus jeunes, la députée travailliste Merav ben Ari prévient que certains pourraient être poussés au suicide et souligne  "Une personne qui a des choses gentilles à dire n'a pas besoin de le faire anonymement".  

Récemment,lors d'un voyage en Europe, une femme a reçu un message sur Blindspot lui disant que son mari la trompait. Le mari a nié ces accusations mais la gravité de ce genre de messages peut amener à détruire un mariage.  

Avec 300 mails reçus du mari furieux, il est difficile de se défendre. Et pourtant  David Strauss, un des porte-parole de la société de Blindspot se défend "nous ne sommes qu'une plateforme". 

A la commission parlementaire, il n'y avait pas une seule chose positive sur cette application pendant les deux heures de la réunion. Pour David Strauss. "L'anonymat en ligne est une évolution, que ça plaise ou pas".

Nathalie ZADOK

Marseille : “Sale juif je vais revenir”

Le 18 novembre 2015 au soir, un enseignant de l’école Yavné de Marseille. a été victime d'une agression  au couteau par trois individus, proférant des propos antisémites et faisant l’apologie du terrorisme. L'un d'entre eux aurait montré à sa victime des photos de Mohamed Merah, qui avait assassiné en 2012 plusieurs membres de la communauté juive à Toulouse. Un autre a "exhibé un t-shirt à l'effigie de Daesh", précise Brice Robin, le procureur de Marseille.

Des témoins décrivent des insultes antisémite “Le juif, je vais le brûler”. “On n’est pas en Israël sale juif je vais revenir”. L'affaire est jugée cette semaine. 

Les individus en voiture et scooter arrivent devant l'école  « C’est presque tout bête, le gars a failli nous rentrer dedans, il aurait juste du faire attention. On s’est écarté, on a fait demi tour, il est sorti avec une matraque, il nous a frappé. J’ai donné aucun coup » assure Azi Y., 32 ans, déjà condamné et qui donnera un faux nom aux policiers.

Son collègue Nabil M. 31 ans, qui pilote le scooter s’est montré le plus violent face à Anthony A. sorti de sa BMW qui lui a sorti une matraque. « Le temps que j’enlève mon casque il m’a frappé dessus. L’antivol c’est vrai je l’ai utilisé mais ils sont venus à deux sur moi » raconte Nabil M., entraîneur de foot au club de la Busserine. Le deuxième individu qu’il évoque, c’est un surveillant de l’école Yavné qui est intervenu avec une matraque télescopique.

« Tout est faux ! » réplique Anthony A., 23 ans, agent municipal.  Relaxe pour les menaces de mort réitérées et même peine pour tous : 100 jours amende à 10 euros et non inscription de la condamnation au casier pour ceux l’ayant demandé.fendu Me Pascal Luongo. « Je rentrais du travail. Je les vois monter sur le trottoir en scooter, je continue et je les entends crier. Je sors de la voiture, il me dit “tu aurais du freiner” alors que je roulais pas vite. »

La matraque ? « Je l’ai toujours dans la voiture pour me défendre, vu ce qui se passe à Marseille. Je m’étais fait racketter quand j’étais jeune. Quand ils me disent “on va te crever”, je sens ma vie en danger, je leur dis de ne pas s’approcher, je les tiens en joue, il retire son casque et c’est là que je donne des coups. »

Marseille agression antisémite

Marseille agression antisémite

A l’arrivée des policiers, un attroupement s’est déjà formé devant l’école judaïque.

« Tous sont auteurs de violences volontaires sans légitime défense », constate d’abord le substitut avant d’aborder le « caractère détestable du dossier, les menaces de mort sur l’agent de sécurité » ce qui « colore le caractère complètement débile de cette rixe entre coqs de la route ». « Je suis solidaire des décisions prises par mes collègues » précise, la nature antisémite des propos ni l’apologie de terrorisme n’ayant été visées dans la saisine.

Nathalie ZADOK

A Saint-Avold on porte la Kippa sans crainte

Le Talmud dans la religion Juive nous apprend que le port de la Kippa a pour but de nous rappeler que D.ieu est l'Autorité suprême ," au-dessus de nous " Kiddouchin 31a et donc  renforcer l'idée qu'il nous observe en permanence. La Kippa est un moyen d'exprimer notre sens profond de respect pour D.ieu.

A la synagogue ou assis à la table de Chabbat, il nous est facile de penser à D.ieu. Mais, idéalement, la conscience de notre identité juive doit dominer chacun des aspects de notre vie, nos relations avec les autres, la manière dont nous conduisons nos affaires et notre vision du monde.

 

Une polémique autour de ce couvre-chef, qui pourtant n'est pas ressenti de la même façon par tous. À Saint-Avold, aucune forme d'antisémitisme n'est constatée. Claude ROSENFELD, le Rabbin de Saint-Avold souligne : « Pas du tout et bien au contraire. Dans la rue, les gens me connaissent, me saluent amicalement et avec déférence. Les Naboriens savent qui je suis et notre communauté organise régulièrement des rencontres interconfessionnelles. Il y a eu, en fin d’année dernière, une journée autour de la musique juive, la synagogue était bondée de spectateurs de toutes religions."

Lors des commémorations des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, nous nous sommes retrouvés à la synagogue avec l’archiprêtre, le pasteur et l’imam de Farébersviller. Chacun a prononcé un discours et ensemble priés pour les victimes du terrorisme.

KIppa

Kippa

À Saint-Avold, nous autres les juifs ne sommes pas communautaristes. Nous sommes depuis toujours intégrés dans la population »

« Les participants viennent de tout le Grand Est. Il y a des juifs, mais aussi des catholiques. Nous voulons leur faire découvrir la Terre Sainte, les hauts lieux de culte, mais aussi la civilisation israélienne et l’Histoire de notre peuple qui a été opprimé. La Shoah en est l’un des exemples.

À travers toutes les fêtes que nous célébrons, nous retournons vers nos racines. Et c’est de ces racines que nous tirons les enseignements d’avenir. Israël est le plus bel exemple du renouveau du peuple juif. »rappel le Rabbin

Rappelons que la loi du 15 mars 2004  avait interdit le port de tenues et de signes religieux « ostensibles » à l'école. Interdisant le voile, plus ou moins couvrant hidjab, tchador, khimâr, la kippa,les grandes croix chrétiennes catholique, orthodoxe,le dastaar, turban avec lequel les Sikhs cachent leurs cheveux, le bandana s'il est revendiqué comme signe religieux et couvre la tête.

Le Saint-Père porte "calotte", assez proche esthétiquement de la "Kippa" pour rappeler que le christianisme est issu du judaïsme. 

Nathalie ZADOK

Les Juifs de France seraient-ils condamnés à "l'Alyah Boeing" ?

Dans quel état d'esprit se trouvent aujourd'hui les Juifs de France secoués par les actes antisémites et récemment l’agression d’un enseignant juif à Marseille qui relance du coup  le débat sur le port de la kippa en public.
"L’alyah n’est pas si simple à réussir " alors faute de parler l’hébreu ou de trouver du travail en Israël, certains optent ainsi pour l’« alya Boeing » qui consiste à habiter en Israël et travailler, la semaine, en France.

Le principe est simple ils conservent leur travail en France, en général ces adeptes sont déjà à leur propre compte ou en profession libérale et vivent en Israël avec leur famille, femme et enfants le week-end et pendant leurs congés

On ne connait pas encore les chiffres de cette "Alya" qui permet d'allier la vie à l’israélienne avec la concrétisation d'un idéal sioniste et celui de conserver ses revenus, parfois confortables, de la France avec son métier.

Certes, il est  difficile de tout quitter du jour au lendemain, notamment son travail avec une sécurité d'emploi, les fameuses 5 semaines de vacances à la clé et une garantie de revenus pour la famille avant tout.

En  Israël il n'y a aucune garantie d'emploi et les  congés payés ne sont seulement que de 10 jours par an. Encore plus difficile de trouver un travail si on ne parle pas la langue , l'hébreu.
"l'Alya boeing" devient donc une alternative intéressante.

Salomon et Victor Malka qui ont rencontrés des Juifs de France, décrivent "Le grand désarroi" et soulignent  "une détresse, le sentiment d’incompréhension et la sensation d’abandon" . 

C'est à Toulouse, Lyon et Nice , qu'ils remarquent que depuis 2012  plusieurs familles ont décidé de quitter la France pour rejoindre Israël . À Strasbourg, en revanche, « rien ne bouge », tout est calme. A Marseille, le fameux vivre ensemble semble ne plus être qu'un concept de plus en plus éloigné de la réalité après l'agression de l'enseignant .

Les réactions différent, certes,mais les interrogations restent les mêmes .
Quel avenir, pour nous, les Juifs ? Quel avenir pour celui de notre République, la France ? .

Un état d’esprit corroboré par le livre L’an prochain à Jérusalem, ouvrage qui s’appuie sur un sondage réalisé par l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès.

La communauté juive continue d'être victime de plus grand nombre d’attaques racistes et antisémites.
63 % des Juifs de France déclarent s’être déjà fait insulter parce que juif, 51 % menacés et 43 % agressés

Pratiquants ou non, près de sept membres de la communauté sur dix ne se sentent ainsi en sécurité nulle part.

« Ces inquiétudes n’ont cessé de croître depuis une trentaine d’années », relève Michel Wierviorka, l’auteur de la préface de l'ouvrage.

Après un « âge d’or pour les juifs de France » entre 1967 et 1982, un nouvel antisémitisme est né, nourri notamment par le conflit israélo-palestinien. Aujourd’hui, ces inquiétudes se traduisent par une droitisation des votes et des départs à l’étranger.

Six personnes sur dix assurent avoir des proches famille ou amis qui ont quitté la France ces dernières années, pour s’installer principalement en Israël 38 % ou au Canada, aux États-Unis, en Grande-Bretagne 31 %.TOPSHOTS A board reading

Avec 450 000 à 550 000 membres, la France, est la première communauté juive d’Europe et elle est devenue le premier foyer d’émigration vers Israël, devant les États-Unis.

En 2014, 7 231 juifs ont fait leur l'Alyah, ainsi  est nommé le départ vers Israël, c’est deux fois plus qu’en 2013 et ils devraient être 8 000 en 2015, selon l’Agence juive de France..

Environ 5 % des juifs émigrés seraient de retour au bout d’un an, d'après les chiffres de l’Agence juive de France. Quand d’autres associations non gouvernementales l’estiment entre 20 à 30 % au bout de cinq ans le soucis des équivalences des diplômes accentuent la mauvaise intégration des Juifs diplômés.

En effet, médecins, dentistes, radiologues se doivent d'obtenir une équivalence de leur diplômes en Israël pour pouvoir pratiquer et cela après, parfois, plus de 25 ans de pratique en France.

Une épreuve parfois dure à supporter et qui obligent des familles entières à retourner en France.

Dans ce cas précis, c'est un échec pour les Juifs mais surtout pour Israël qui d'un côté demande aux Juifs de quitter la France pour cause d'antisémitisme mais de l'autre n'assure pas leur sécurité au quotidien en leur refusant la possibilité de pouvoir travailler en pratiquant leur métier.

Repartir en France après avoir tout vendu c'est briser des familles dans bien des cas.

On ne ressort pas indemne d'un tel échec.
Ainsi, certains vont jusqu'à accepter n'importe quel métier plutôt que de revenir en France, il n'est pas rare de trouver des médecins, des chirurgiens dentistes dans des calls center, jusqu'à l'obtention de leur équivalence de diplômes qui parfois tarde à venir...

La crainte de la corporation médicale composée en grande majorité par les Russes est de voir les médecins et dentistes français prendre leur place.
Ce serait  la principale cause de cette "lenteur administrative"  .
Un lobby, en quelque sorte,  qui freinerait volontairement la possibilité à ces médecins reconnus pourtant dans leur pays de pouvoir pratiquer en Israël.

L'alyah Boeing devient l'alternative celle qui permet d'éviter de perdre leur pratique de maintenir le train de vie et  d'éviter de se retrouver dans un call center à vendre du FOREX !

Selon le sondage de l’IFOP, 51 % des personnes interrogées ont déjà envisagé de quitter la France.

Dans un entretien accordé au quotidien La Croix, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a révélé les chiffres des actes commis contre les croyants l’an passé.

Selon ces chiffres, les actes antisémites ont baissé de 5 % en 2015, tandis que ceux commis contre les musulmans ont crû de 223 % 400 actes dont 178 après les attentats en janvier,
de 80 % pour ceux commis contre les catholiques essentiellement contre les lieux de cultes ou les cimetières

Cependant, malgré la baisse, les actes antisémites restent les plus nombreux avec 806 actes, ils avaient doublé de façon à ce que cette situation avait été jugée «préoccupante».

Alors Alyah ou Alyah Boeing le constat est simple les Juifs de France partent !

Nathalie ZADOK

Les Juifs des Buttes-Chaumont : "nous ne céderons pas à la peur"

Aux Buttes-Chaumont, les juifs ne veulent pas céder à la peur

L’agression d’un enseignant juif, lundi 11 janvier, à Marseille, a provoqué de nombreuses polémiques concernant le port de la Kippa. La communauté juive des Buttes-Chaumont se refuse de céder à la peur.

Dans le 19eme arrondissement de Paris, trois jeunes hommes discutent du drame de Marseille et de l'actualité israélienne : « cela ne va pas nous empêcher de porter la kippa ! s’exclament-ils. Nous en avons vu d’autres, et nous en verrons encore… Que voulez-vous qu’on y fasse ? » 

Ce quartier où la proportion de personnes de confession juive, toutes tendances confondues, est l’une des plus élevées d’Europe est rythmé par les boucheries et épiceries où se pressent orthodoxe et plus religieux plus modérés.

« Ce qui s’est passé à Marseille n’a rien de nouveau », affirme Haïm Nisenbaum, rabbin de la communauté loubavitch, un mouvement religieux qui compte plusieurs milliers de membres dans ce quartier populaire. « Nous sommes habitués… La nouveauté, c’est la réaction nationale de solidarité qui s’est ensuivi, car les juifs en France se sont sentis bien seuls ces dernières années »,souligne-t-il .

Même si des familles doutent aujourd'hui « Certaines se demandent si elles ont encore leur place ici », explique-t-il

« Mais de toute façon, nous ne devons pas reculer, ni quitter la France sous le coup de la peur », tranche ce responsable.

À ses yeux, les tensions entre communautés se sont cristallisées au début des années 2000, avec la deuxième Intifada dans les territoires palestiniens. « Il y a eu une transposition du conflit israélo-arabe en France, avec des heurts ponctuels dans le quartier et des insultes de plus en plus fréquentes de la part de jeunes Maghrébins mal intégrés », se souvient-il.

Il y eut aussi la « bande des Buttes-Chaumont », qui envoyait des jeunes se battre en Irak. Parmi ses membres figurait Chérif Kouachi, l’un des deux frères impliqués dans l’attaque de l’hebdomadaire Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

« L’attaque de l’Hyper Cacher, ça aurait pu être nous, souffle-t-il. Il aurait pu revenir frapper dans son ancien quartier, mais il ne l’a pas fait : peut-être parce que, malgré tout, ici, c’était chez lui. »

Rue Petit, le complexe scolaire Beth-Hanna qui rythme la vie d’une importante communauté juive, accueille plus de 1 600 filles, de la maternelle à la terminale. La plus grande école loubavitch de Paris s’inquiète : « Depuis quelque temps, on vit en pensant : quand sera le prochain attentat ? »

Dans ce quartier populaire et mixte, les différentes communautés se côtoient dans les commerces et sur les terrains de sport. Mais l’identité juive orthodoxe, très visible, en intrigue certains. « Il y a beaucoup d’enfants, forcément cela fait du bruit. C’est un style de vie particulier, un peu hermétique », commente Blandine, qui vit avec son mari à proximité du parc des Buttes-Chaumont.

« Beaucoup de juifs ne veulent plus mettre leurs enfants à l’école publique pour des questions de sécurité, explique André Touboul. Il y a trop de prises à partie, d’insultes. » Récemment, une des élèves a été agressée verbalement dans le métro. « Il n’est pas rare non plus de se faire traiter de “sale juif”, relève le directeur, même si c’est uniquement le fait de quelques jeunes mal intégrés. »

« Nous avons conscience que les gens ne nous connaissent pas bien, c’est une vraie difficulté, reconnaît le rabbin Nisenbaum. Notre look ne nous aide pas : pour beaucoup, avec nos longues barbes, nous sommes les “intégristes” du judaïsme. »

Parc des Buttes-Chaumont

Parc des Buttes-Chaumont

Certes, des rencontres ont parfois lieu entre les responsables religieux du quartier. « Les événements officiels se passent toujours bien mais derrière, il n’y a pas grand-chose », estime-t-il. S’il reconnaît le rôle positif du curé de la paroisse voisine, ses relations avec la mosquée sont visiblement au point mort.

« Pourquoi vouloir changer notre image ? On ne nous aime pas et c’est tout », décrète avec la certitude de son âge l’une des lycéennes. « Nous sommes persécutés depuis des millénaires, et cela continue aujourd’hui. Mais je ne suis pas inquiète, quand ce sera mon heure, ce sera mon heure »,  Sara T., institutrice de CP.

Contre une forme de résignation, certains voudraient faire bouger les lignes. Mahor Chiche, adjoint au maire du 19e arrondissement, veut contribuer à créer des espaces de dialogue. « Ici, reconnaît-il, on constate un échec de l’école républicaine pour le brassage des populations, mais il serait faux de dire que tout va mal. Des initiatives sont menées. Nous essayons de trouver des relais pertinents, y compris religieux : dans un arrondissement comme le nôtre, la laïcité doit prendre davantage en compte cette dimension. »

Pour Annie-Paule Derczansky, présidente fondatrice des Bâtisseuses de paix, une association basée sur le modèle d’une organisation israélienne de femmes juives et arabes engagées pour la paix, il s’agit de « recréer du lien citoyen entre le monde juif et le monde musulman », dans un contexte de « rupture » depuis quelques années. « Les femmes sont plus réceptives au message éducatif et capables de le transmettre dans leurs familles », assure-t-elle.

Des « actions pédagogiques », en lien notamment avec des établissements scolaires, ont été lancées, avec la projection d’un documentaire sur la résistance au nazisme de la Grande Mosquée de Paris, suivie d’un débat. L’école Beth-Hanna s’est volontiers impliquée. Ses élèves ont rencontré ceux d’un collège public du quartier.

En 2009, les « bâtisseuses » ont aussi organisé le premier pique-nique « République et citoyenneté » au parc des Buttes-Chaumont. Et des Journées de la mémoire partagée vont prochainement avoir lieu. « C’est un travail de longue haleine et, sans moyens humains et financiers, cela reste un saupoudrage, regrette Annie-Paule Derczansky. Il faut une prise de conscience à tous les niveaux de la nécessité absolue de mener de telles actions à une échelle plus importante. » 

Sur l’avenue Jean-Jaurès, parallèle à la rue Petit, les magasins africains et les kebabs voient défiler les habitants de ce quartier éclectique. En équilibre fragile.

Selon différentes estimations, les juifs de France seraient entre 480 000 et 520 000. D’après une enquête Ifop de septembre 2015, 40 % se sont déclarés d’origine séfarade (majoritairement d’Afrique du Nord), 26 % ashkénaze Europe centrale et orientale, et 14 % issus des deux communautés. Le reste ne s'est pas prononcé.

En 2014, le Service de protection de la communauté juive SPCJ, en coopération avec le ministère de l’intérieur, a recensé 851 actes antisémites, soit le double par rapport à 2013 . Pour 2015, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a donné le chiffre de 806, hier.

Une baisse croissante du nombre de juifs est à noter depuis les années 1980, pour deux raisons : les mariages mixtes, ainsi que la lente mais constante émigration vers Israël.

Selon les chiffres de l’Agence juive, 7 900 personnes ont quitté la France en 2015, dont la moitié avait moins de 35 ans. En 2014, elles étaient environ 7 300, tandis que moins de 2 000 personnes émigraient en moyenne annuellement pendant les années 2000. La France est devenue depuis deux ans le premier pays d’émigration vers Israël dans le monde.

Nathalie ZADOK

Actes antisémites et antimusulmans : "on a franchi la barre des 2000"

Alors que la France vit des périodes noires, on perçoit une hausse de 22 % d'actes racistes, antisémites et antimusulmans  en 2015 par rapport à 2014 avec plus de 2000 actes racistes antisémites et antimusulmans.

En effet, les actes contre les musulmans sont en croissances et les actes antisémites sont de plus en plus élevés. 

C’est «la première fois que l’on franchit la barre des 2 000 actes recensés", a déclaré le responsable de la Dilcra, Gilles Clavreul, en parlant de «défi pour toute la société française». Avec 806 actes et menaces recensés,  la haine antisémite se maintient , tandis que les actes antimusulmans  ont triplé,+223%, pour atteindre 429 au total.

«fait le plus spectaculaire» par Gilles Clavreul, est largement imputable «à des violences en réaction aux attentats de janvier et de novembre», puisque les actes et menaces commis lors de ces deux mois représentent 58% du total de 2015. Il y a ainsi eu l’an dernier 305 menaces (+291%) et 124 actions (+125%) antimusulmanes, selon ce rapport.

Certes, les actes antisémites reculent avec 5,3%, mais «ces chiffres restent à un niveau très élevé» après une «flambée» enregistrée en 2014, a indiqué Gilles Clavreul. La baisse a été surtout sensible pour les actions antisémites -14% à 207 et moins marquée pour les menaces -2% à 599.

Pour Gilles Clavreul, «Tous les actes sont à traiter avec la même sévérité».

"Il doit y avoir une prise de conscience que ces actes sont inacceptables"ajoute-t-il.

Actes antisémites

Actes antisémites

Les actes racistes ont de leur côté augmenté de 17,5% à 797 l’an dernier, explique la Dilcra, sans apporter de précisions sur les personnes visées et la nature de ces actes, en raison de l'absence de statistiques ethniques.

Le CRIF, souligne que l’antisémitisme et le racisme ont chacun des  mécaniques spécifiques et nécessitent un traitement particulier, et s’inquiète de l’effet conjugué de ces phénomènes sur le délitement de vivre-ensemble en France.

Enfin, il souhaite que la fraternité républicaine soit mise en place par des initiatives de terrain pour que 2016 ne soit pas une nouvelle année de haine ordinaire.

Nathalie ZADOK

Espagne : les premiers passeports aux descendants des Juifs séfarades expulsés

Le 19 janvier dans la résidence de l’ambassadeur espagnol en Israël,une douzaine de Juifs séfarades d’origine espagnole ont juré loyauté au roi et à la Constitution. Ils seront les premiers à bénéficier de la nouvelle loi concernant les descendants des Juifs séfarades expulsés d’Espagne en 1492.

 

Début 2014, Madrid avait annoncé un projet de loi permettant aux descendants des Juifs séfarades espagnols  expulsés de la péninsule Ibérique en 1492 sur ordre des rois catholiques  de prendre la nationalité espagnole sans pour autant renoncer à leur autre nationalité. Cette annonce avait suscité un vif intérêt et les ambassades avaient été saturées de demandes.

“une douzaine de Juifs d’origine espagnole ont symbolisé la rencontre de la diaspora avec ‘Sefarade’ [le nom hébreu biblique de l’Espagne] en jurant fidélité au roi et à la Constitution dans l’ambassade espagnole en Israël. Il s’agit de l’ultime démarche avant de pouvoir prendre la nationalité espagnole.

Les Juifs séfarades ne pouvaient jusqu’à présent obtenir le passeport espagnol qu’après de longues démarches et à condition de renoncer à leur première nationalité.

Le Conseil des ministres espagnols avait octroyé en octobre 2015 la nationalité espagnole à 4.302 descendants de juifs séfarades expulsés de la péninsule ibérique en 1942 par un "décret royal du gouvernement de naturalisation", en dehors de la procédure classique.

Le ministre de la Justice, Rafael Catala, avait rappelé qu’une nouvelle loi faciliterait la naturalisation des descendants des juifs séfarades,  Mais il a expliqué que le gouvernement avait décidé d'« accélérer la procédure » pour 4.302 dossiers déposés il y a déjà longtemps.

Aujourd'hui, c'est 500 000 personnes qui pourraient être considérées comme séfarades dans le monde, mais elles seront a priori moins de 100 000 à demander le passeport espagnol. 

Nathalie ZADOK

 

Allemagne : Il portait une kippa, il se fait agresser par deux migrants

Un Français Juif âgé de 49 ans a été agressé samedi à Puttgarden, dans le Nord de l'Allemagne. Celui-ci portait une kippa et attendait un ferry dans la salle d'attente de l'embarcadère.

L'homme a d'abord été insulté et traité de "juif" en arabe par deux hommes syrien et afghan de 19 et 30 ans et ensuite jeté au sol, ses agresseurs lui auraient marché sur la main puis volé un sac qui contenait de l'argent, sa carte bancaire, ses documents de voyage et son téléphone portable.

Un train dans le port de Puttgarden (Allemagne),

Un train dans le port de Puttgarden (Allemagne),

La victime qui souffre de légères blessures a pu regagner la France. Le parquet de Lübeck, évoque la piste d'un acte antisémite et assure donner "la priorité absolue" à l'affaire.

Selon la police, les agresseurs attendaient un train pour Neumünster, où ils devaient se rendre dans un centre pour réfugiés, après avoir été refoulés à la frontière avec le Danemark.

Le parquet n'a pas précisé si d'autres voyageurs avaient été témoins de la scène. Les deux migrants contestent les faits. Présentés à un juge dimanche, ils ont été libérés.  Nathalie ZADOK