Coup de projecteur sur Haganenet, l'Institutrice de Nadav Lapid, au cinéma cette semaine.

Chronique Cinéma - le - par .
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Coup de cœur cinématographique de la semaine revient sans aucune hésitation à l’Institutrice, le second film de Nadav Lapid. Il avait réalisé, souvenez vous le génial le Policier en 2011. Première œuvre coup de poing, qui dénonce cette société israélienne, vue de l’intérieur, et qui ne va si bien que ça ! Mêlant politique et société, le Policier suit le quotidien de ce flic au sein de son unité, faisant rappeler sans conteste le Serpico de Sidney Lumet à la sauce israélienne.

 

Le film est disponible en DVD aux éditions Bodega. Pour son second opus, l’Institutrice, Haganenet, c’est désormais dans le regard d’une jeune femme que se dessine le portrait au vitriol. Cette peinture se dessine autour de Nira, une instit’ passionnée de poésie amenée à suivre un enfant de cinq ans, Yoav, lui aussi passionné par la prose. 

 

Doté d’un don, il est capable d’inventer des poésies de haut niveau ! Aussi, Nira ne va-t-elle pas le prendre sous son aile, envers et contre tous ? Ce n’est pas un hasard, si ce scénario, à couper au couteau, soit si bien écrit puisque Nadav Lapid, le metteur en scène donc, était lui-même un élève surdoué. Entre quatre ans et demi et sept ans, il a écrit pas moins d’une centaine de poèmes ! A qui les faisait-il lire ? A sa nounou ! 

 

Puis, tous ces textes se sont retrouvés au fond d’une armoire, confisqués par ses parents. Vingt cinq ans plus tard, il les retrouve et décide d’en faire la matrice d’un film, celui-ci. Côté mise en scène, pendant que certains trouveront les plans séquences trop longs, d’autres par contre, comprendront le malaise existant dans le film. 

 

Ainsi, cette dimension autobiographique possède, et c’est ici la puissance du film, de grands moments de légèreté et de tendresse. Pourtant, traiter un film sur la poésie chez l’enfant, n’était pas chose facile à réaliser. « Il est souvent difficile d’expliquer ce qu’est un poème, à quoi il sert et pourquoi il est si important qu’il existe.  

 

Le réalisateur rajoute même, à partir de quel moment un enfant peut-il se percevoir comme un poète ? » Cette belle fragilité, gage de qualité, arrive à nous faire tomber sous le charme de Yoav et… de son institutrice. Haganenet est dans une quinzaine de salles.

 

 

Laurent Bartoleschi

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