Yeochoua Sultan

Scolarité en banlieue parisienne jusqu'en première. Bac à Jérusalem, au lycée français de l'עליית הנוער, programme Yéchiva et armée, licence d'hébreu INALCO, deux ans de travail à Ozar Hatora (Paris), travail dans l'enseignement, primaire, collège, lycée, éducateur, prof de math, hébreu, sciences. Depuis 2007 : traduction, rédaction, relecture de textes.

Les articles de Yeochoua Sultan

Russie–Iran : le bluff stratégique de Poutine face au Qatar

Russie–Iran : le bluff stratégique de Poutine face au Qatar

Pourquoi la Russie bluffe-t-elle ?

Vladimir Poutine  fait le service minimum en sortant de son silence depuis le début de la guerre, en annonçant intervenir en cas d’attaque qatarie contre l’Iran. Néanmoins, affaibli et embourbé par son conflit avec l’Ukraine, l’armée russe n’a plus les moyens de rentrer militairement dans ce conflit : décryptage.

Vladimir Poutine a convoqué un Conseil de sécurité de défense concernant la situation au Moyen-Orient. Le régime de Moscou, qui était jusqu’à présent en retrait du conflit, s’est contenté d’une « condamnation » de l’élimination d’Ali Khamenei, guide suprême iranien, dont la mort a été confirmée le 28 février 2026 après des frappes américano-israéliennes sur Téhéran.

Mais ce mardi 3 mars, une annonce dramatique est venue du Kremlin : après que le Qatar a menacé Téhéran de représailles suite à de nombreux tirs violant son territoire, la Russie serait-elle prête à venir en aide militairement à son fournisseur de drones Shahed ?

Pour bon nombre d’analystes, elle n’en a tout simplement plus les moyens, et nous allons tenter de vous donner les clés pour comprendre ce jeu de poker menteur, spécialité du maître du Kremlin.

Embourbée dans une guerre dont Moscou ne voit pas l’issue

La Russie a déjà livré l’Iran en armes et donné son savoir-faire dans plusieurs domaines, notamment nucléaire civil et balistique, ainsi qu’en matière de protection stratégique.

Le stock d’armes russe est presque entièrement mobilisé, utilisé à plus de 95 % dans sa guerre contre l’Ukraine. Les sanctions ont énormément affaibli l’armée et le pays, qui ne dépend plus que de l’économie de guerre et de la consommation locale.

D’après le jeune historien Nathan Hucade, spécialiste de la région d’Europe de l’Est et de l’ex-URSS , « si les Russes reprennent la production d’armes dans les territoires qu’ils occupent en Ukraine, c’est pour consolider leur front ou faire pression stratégiquement sur des pays de l’OTAN, comme les pays baltes ».

On voit mal comment cette réserve qui se constitue pourrait être gaspillée, et surtout comment l’utiliser au Moyen-Orient. Les chasseurs russes sont certes performants, mais ils sont engagés en Europe. Et l’aviation de Moscou ne va tout de même pas bombarder Doha : un tel acte serait suicidaire, et Poutine est tout sauf cela.

Des missions défensives

Médiatrice lors des précédents conflits, la Russie devrait en effet se tenir uniquement du côté de l’Iran, malgré les « bonnes relations » que Vladimir Poutine, Donald Trump et Benjamin Netanyahou sont censés entretenir.

Le gouvernement israélien se tient de plus en plus aux côtés de l’Ukraine, et Dmitri Medvedev menace régulièrement d’une escalade mondiale, estimant qu’une troisième guerre mondiale reste évitable si certaines décisions occidentales cessent.

Moscou a certes choisi son camp depuis longtemps, mais il est désormais trop tard pour jouer l’ambiguïté stratégique. Sans intervenir offensivement, le pays qui a vu naître Léon Tolstoï pourrait inaugurer un nouveau concept : une « défense pour mettre fin aux capacités militaires », en offrant un soutien accru en matière de batteries anti-missiles, sans se joindre directement au conflit.

Les attaques hybrides, le piratage informatique

En revanche, Moscou possède une autre arme, secrète et dans l’ombre : les hackers.

Bien que les États-Unis et Israël soient en principe prémunis contre ces attaques, les pays du Golfe pourraient subir des pannes généralisées et des blackouts combinés à des attaques de missiles et de drones iraniens, pouvant causer de sérieux dégâts.

Mais c’est peut-être l’Occident qui serait visé, histoire d’aider l’Iran à poursuivre l’embrasement intercontinental encore plus loin. Les sabotages informatiques restent la meilleure arme russe à l’heure actuelle : elle n’est pas directement létale, mais peut l’être indirectement, notamment lorsqu’un hôpital est visé, comme ce fut le cas en France, à Versailles, en 2022.

Les déstabilisations par ingérence font également partie de l’arsenal russe, notamment à l’approche d’élections municipales en France, où la Russie cible les candidats jugés trop proches d’Israël ou des États-Unis.

La bataille navale contre les marines américano-israéliennes : le coup de communication ultime

Il y a deux semaines, la Russie et l’Iran ont annoncé un exercice naval conjoint en mer d’Oman. Mais c’est là que la menace perd en réalité toute crédibilité.

Toujours d’après notre historien, la marine russe a subi d’importantes pertes face à l’armée ukrainienne en mer Noire depuis quatre ans de conflit. Elle reste fortement engagée et ses capacités de projection sont limitées.

On en revient toujours au même problème : imaginer la Russie entrer en guerre aux côtés des navires militaires des Gardiens de la révolution (les Pasdaran) contre les forces américaines paraît hautement improbable.

Si certaines annonces américaines évoquent des destructions de navires iraniens et l’élimination de responsables militaires, ces informations restent à confirmer. Il n’en demeure pas moins que la supériorité navale de Washington dans la région ne fait guère de doute, surtout avec le soutien d’Israël.

On se retrouverait dans une situation ubuesque : d’un côté un affrontement indirect Israël-Russie, de l’autre États-Unis-Iran, avec deux puissances nucléaires s’affrontant indirectement via leurs partenaires respectifs.

Un scénario qui, même dans un monde déjà chaotique, frôle l’irrationnel et serait contre-productif pour Moscou. Ce constat démontre que la participation militaire active de la Russie n’est qu’un vaste coup de bluff destiné à agiter l’épouvantail d’une troisième guerre mondiale.

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Israël : La cour suprême a encore frappé

Cour suprême de justice à Jérusalem

L'ennemi de l'intérieur a encore frappé. Sur ordre de la Cour suprême, trois habitations ont été détruites dans la localité de Guivat Assaf, à une vingtaine de km au Nord de Jérusalem, ce matin (3 nissan 5775, 23 mars 15). Les 28 habitants en ont été chassés et se retrouvent sans logis.

Il s'agit de terrains appartenant à l'Etat mais que la Jordanie s'était appropriés illégalement au début des années 60. Le tribunal a décrété qu'il s'agirait de terrains privés. Or, les personnes qui se sont vu attribuer ces terrains, qui ne les exploitaient pas ni n'avaient émis la moindre revendication les concernant, ont été dédommagées à titre préventif, les habitants ayant préféré pour plus de sécurité faire comme si elles en avaient été les propriétaires légaux et avaient racheté le sol.

La droite vient d'être réélue sous l'égide de Netanyahou, mais cette extrême gauche ultra minoritaire a su, à défaut de pouvoir s'attaquer au parlement, investir le système judiciaire du pays pour promouvoir son agenda. La dernière tentative de projet de loi visant à limiter ce pouvoir monolithique et arbitraire avait été étouffée dans l'œuf par Netanyahou lui-même, lors de la 18ème Knesset.

Proposée par Zevouloun Orlev, du parti National religieux, le 30 avril 2012, la loi devait consister à garantir la sécurité de familles dont le terrain qu'elles habitent comporte des risques de faire l'objet de revendications sur la base de documents cadastraux ottomans ou jordaniens. Le vide juridique, provoqué par le manque de législation de la part d'Israël peut théoriquement, près d'un siècle après le démantèlement de l'empire ottoman et d'un demi-siècle après la défaite jordanienne, qui ne les exploitaient pas et n'avaient pas non plus fait part de revendications, ont été dédommagées comme si elles en avaient été les propriétaires légaux.

La droite a été réélue mais cette extrême gauche ultra minoritaire a su, à défaut de pouvoir prendre le parlement, investir le système judiciaire du pays. La dernière tentative de projet de loi visant à limiter ce pouvoir a été noyée dans l'œuf par Netanyahou.

Proposée par Zevouloun Orlev le 30 avril 2012, la proposition devait consister à garantir la sécurité de familles dont le terrain est exposé à un risque de revendications sur la base de documents cadastraux ottomans ou jordaniens, risquant par vide juridique d'avoir des effets désastreux respectivement près d'un siècle et d'un demi-siècle après l'annulation de l'empire ottoman et la défaite jordanienne.qui ne les exploitaient pas et n'avaient pas non plus fait part de revendications, ont été dédommagées comme si elles en avaient été les propriétaires légaux.
La droite a été réélue mais cette extrême gauche ultra minoritaire a su, à défaut de pouvoir prendre le parlement, investir le système judiciaire du pays.

La dernière tentative de projet de loi visant à limiter ce pouvoir a été noyée dans l'œuf par Netanyahou. Proposée par Zevouloun Orlev le 30 avril 2012, la proposition devait consister à garantir la sécurité de familles dont le terrain est exposé à un risque de revendications sur la base de documents cadastraux ottomans ou jordaniens, risquant par vide juridique d'avoir des effets désastreux respectivement près d'un siècle et d'un demi-siècle après l'annulation de l'empire ottoman et la défaite jordanienne.exposer en effet certains locataires ou propriétaires au risque en principe théorique de se voir brandir sous le nez des documents des deux anciennes administrations occupantes de la terre d'Israël. rains, qui ne les exploitaient pas et n'avaient pas non plus fait part de revendications, ont été dédommagées comme si elles en avaient été les propriétaires légaux.

La droite a été réélue mais cette extrême gauche ultra minoritaire a su, à défaut de pouvoir prendre le parlement, investir le système judiciaire du pays. La dernière tentative de projet de loi visant à limiter ce pouvoir a été noyée dans l'œuf par Netanyahou. Proposée par Zevouloun Orlev le 30 avril 2012, la proposition devait consister à garantir la sécurité de familles dont le terrain est exposé à un risque de revendications sur la base de documents cadastraux ottomans ou jordaniens, risquant par vide juridique d'avoir des effets désastreux respectivement près d'un siècle et d'un demi-siècle après l'annulation de l'empire ottoman et la défaite jordanienne.


Le 19 kislev, Hilloula de Rabbi Haï Taieb Lo Met

19 kislev, Hilloula de Rabbi Haï Taieb Lo Met

Le 19 kislev, Hilloula de Rabbi Haï Taieb Lo Met

Ce mercredi soir porte la date du 19 kislev, qui est la date du départ de ce monde-ci pour un monde de vérité de Rabbi 'Haï Taïeb Lo Met. L'anniversaire de sa disparition est largement commémoré par les communautés juives étant passées par la Tunisie. Le saint rabbin est décédé en 5597, il y a de cela 178 ans. Ce grand sage du judaïsme, d'un niveau exceptionnel, fut reconnu par d'éminents auteurs et exégètes, dont notamment l'illustre Hida, Rabbi Haïm David Azoulay.

L'érudition et les aptitudes exceptionnelles de Rabbi Haï Taïeb ont été remarquées par ses contemporains dès son plus jeune âge, et il excellait aussi bien dans la Torah révélée que dans la Kabbale.

Rabbi Yossef Hacohen Tanugi, auteur du livre Histoire des Sages de Tunisie, publié voici une centaine d'années et réédité par le Rav Mazouz de Bené-Berak, relate la rencontre entre le 'Hida et Rabbi 'Haï Taïeb Lo Met, alors que ce dernier n'avait que quatorze ans: «Lors de la venue du Hida à Tunis, la ville était habitée par de nombreux savants (en 1774), et lorsqu'il les eut mis à l'épreuve, il le qualifia d' "exception de la génération"».

Les œuvres écrites de Rabbi 'Haï Taïeb n'ont pas été conservées. Une tradition orale veut que ses écrits auraient été détruits par mégarde à son domicile. Il ne reste qu'un ouvrage sur la Mishna, 'Helev 'Hitim. Les textes qui composent ce livre ont été conservés par les héritiers de l'auteur pendant soixante ans avant d'être retranscrits et publiés. C'est ce que rapporte Rabbi Moshé Chetroug dans la préface du livre, qui, imprimé à Livourne, avait vu jadis le jour en 1896.

Un chant a été composé à la mémoire de cet éminent grand rabbin. Il est chanté chaque année par les communautés qui célèbrent son départ pour le monde d'en-haut, et il célèbre la sagesse du rabbin. Le refrain comporte la phrase suivante: «Rabbi 'Haï Taïeb n'est pas mort, il est dans le monde de la vérité.» Le Rav Meir Mazouz considère que l'auteur de ce poème est le poète liturgique contemporain de Rabbi Haï, du nom d'Eliahou Sidbon, de Tunis.

La tradition populaire rapporte pourquoi on ajoute au nom du Rav la formule Lo Met («n'est pas mort»). La stèle recouvrant le tombeau aurait été détruite à plusieurs reprises, juste après avoir été mise en place. Elle fut plusieurs fois réparée, alors qu'il semblait bien que personne n'y avait touché, jusqu'au jour où le tailleur des pierres tombales eut un songe. Rabbi Haï lui apparut furieux, lui disant: «Mon nom est Haï, vivant, retourne et corrige ce que tu as gravé».

Le Rav Meir Mazouz ajoute que le graveur, en ayant ce songe, avait eu l'impression qu'on était en train de l'étrangler. Il aurait en outre manqué de respect en écrivant que Rabi Haï était mort, sans aucune périphrase respectueuse du défunt, comme «nous a quittés, a été rappelé etc.» De nombreux actes surnaturels lui sont attribués et ont été divulgués de bouche à oreille, de génération en génération. Des soirées et journées d'études sont organisées chaque année en son souvenir, et un pèlerinage rassemble des fidèles au cimetière du Borgel, à Tunis. Des repas sont organisés dans les synagogues et des dons sont offerts en faveur des membres de la communauté dans le besoin.

Israël : Le ministre du logement proteste : aucune mosquée n'a été réquisitionnée

Le ministre des logements d'Israël Uri Ariel proteste

Le ministre du Logement proteste : aucune mosquée n'a été réquisitionnée
Le ministre du Logement Ouri Ariel a été contacté par les étudiants de l'école talmudique d'Itzhar, en Samarie.

A titre de rappel, leur campus est réquisitionné depuis de longs mois. Les autorités ayant considéré que certains de ses membres troublaient l'ordre public, elles ont décidé de fermer provisoirement le site. Le délai devait expirer ces jours-ci, mais l'ordonnance semble devoir se renouveler et la situation s'éterniser.

Ouri Ariel s'est donc adressé par écrit à Moshé Yaalon, considérant la décision de proroger le décret comme une mesure de châtiment collectif allant à l'encontre des valeurs du judaïsme et de la démocratie :

«Je tiens à protester avec véhémence contre la décision des autorités de la défense à la tête desquelles vous vous tenez, à savoir le prolongement de l'ordre de réquisition de l'école talmudique d'Itzhar.
Nous nous trouvons dans une période où les incidents de lancers de pierres et de cocktails Molotov contre le public juif sont en augmentation constante. Les forces de sécurité n'ont pas réquisitionné en réaction la moindre mosquée, ni la moindre maison.
Il est inconcevable que le système que vous dirigez, se comporte d'une façon si discriminatoire contre le public juif en permettant de réquisitionner une institution d'étude de la Torah, en appliquant des mesures de punition collective, ce qui est en contradiction totale avec la démocratie et l'esprit du judaïsme. Il faut que cela cesse immédiatement. Je vous appelle à ordonner incessamment l'annulation de l'ordre de réquisition, et d'agir comme il se doit contre les hors-la-loi selon ce qui est admis dans tout Etat démocratique : en ouvrant des enquêtes et en poursuivant les contrevenants. »

L'école talmudique d'Itzhar a été ouverte en 1983 à Sichem, dans l'un des lieux saints du peuple d'Israël, c'est-à-dire le tombeau de Joseph. Elle porte le nom de «Od Yossef Haï», «Joseph est encore en vie», en référence à la nouvelle rapportée à Jacob-Israël par ses enfants de retour d'Egypte dans la Bible.

En 2000, alors qu'Ehoud Barak officiait en tant que Premier ministre, elle a été transférée dans le village israélien de Itzhar. Le lieu saint, qui devait rester israélien selon les accords d'Oslo, avait été attaqué à l'arme automatique.

Malgré la résistance héroïque des soldats de Tsahal, et la mort du soldat Madhat Youssef, le repli avait été ordonné en haut lieu.

Le mausolée avait été profané, entièrement brûlé par une foule musulmane en délire. Le lieu a été depuis restauré et la prière n'y est autorisée qu'en coordination avec les forces de sécurité israéliennes. Le 11 avril 2014, le commandant de la région centre, Nitzan Alon, a ordonné l'expulsion des quelque cent étudiants, ainsi que du personnel enseignant.

Yeochoua Sultan

La France fut un pays stable. Le Juif en fut le témoin.

arabo-musulmans et la stabilité de la France

 

Très souvent, un politicien monte au créneau pour déclarer qu'il s'oppose à l'importation du
conflit israélo-arabe en France.

En général, il veut dire qu'il est pour lui hors de question de laisser la violence s'emparer de la rue en se servant dudit conflit comme toile de fond.

Vu sous cet angle, ceux qui refusent de se mêler de ce qui se passe à trois mille cinq cents kilomètres de leur pays ont raison.

Pour eux, voter pour qu'un énième état arabo-musulman soit créé en terre d'Israël ne fera que justifier les possibles mouvements de protestation et d'émeutes à l'avenir, un peu comme si les fauteurs de troubles venaient rappeler à la France qu'elle est impliquée dans le conflit, suite à sa prise de position, et qu'elle doit intervenir, sans quoi elle n'aura qu'à s'en prendre à elle-même si les émeutiers la mettent à feu et à sang.

 

A contrario, ne pas permettre qu'un tel vote se déroule en France, ou, le cas échéant, ne pas y prendre part, sera un message fort à l'intention des potentiels agitateurs qui leur signifiera:
«Vous avez quelque chose à redire? Cette question ne nous concerne pas. Si vous n'êtes pas contents, prenez un aller simple pour Gaza et occupez-vous en vous-mêmes». Une telle attitude a de quoi calmer bien des ardeurs.

Cependant, l'idée de cette importation, quoique très répandue, n'en est pas plus valable pour autant. La formulation du concept est trompeuse. Même si du point de vue purement sémantique, elle n'est pas nécessairement exacte, la position de la composante israélienne antéposée à la composante arabe est trompeuse. Elle semble vouloir dire qu'Israël est l'élément générateur du conflit. Or, il est l'élément qui le subit et s'en défend.

Qu'il s'agisse des pogroms de 1929, ou de la période 36-39, toujours fomentés et perpétrés contre les Juifs, ou du refus violent du partage de la Palestine entre deux entités, ainsi que toutes les autres guerres, rien ne se serait jamais produit si le camp arabe s'était montré un tant soit peu moins belliqueux. Le concept serait donc plus clair si on parlait d'un conflit arabo-israélien.

Qu'en est-il des émeutes qui secouent sporadiquement la rue dans des métropoles comme Paris?
Les dernières en date semblent devoir s'inscrire dans une suite logique au troisième conflit en neuf ans qui a vu Israël se faire bombarder depuis la bande de Gaza, depuis qu'elle a été entièrement déjudaïsée. En isolant cette vague d'émeutes de son contexte, on arriverait à la conclusion préconisée plus haut: il y aurait une importation de conflit. Mais pour ceux qui ne sont pas nés de la dernière pluie, il est clair que d'autres vagues de violence dans les villes françaises n'avaient pas pour déclencheur le conflit au Proche-Orient.

Si on remonte quelques années dans le temps, on se rappellera qu'en octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, deux fuyards avaient eu la bonne idée pour échapper à une interpellation policière, de se cacher dans un transformateur. La mort les y ayant trouvés, s'ensuivit une vague de violence sans précédent sur l'ensemble de l'hexagone. Certaines villes avaient été jusqu'à imposer un couvre-feu, comme en temps de guerre, pour réfréner le déferlement de haine dont la menace ne faisait que s'amplifier.

Vues les tranches de la population impliquées dans les émeutes et le pillage, et vues leurs revendications anti-françaises, on peut sans trop risquer une erreur d'appréciation parler d'un conflit franco-arabe, euro-arabe par extension, ou arabo-européen. En outre, les attaques des forces de l'ordre dans les zones dites de non-droit, ainsi que des secouristes et des pompiers font souvent la une des quotidiens ou des rubriques de faits divers.

Un autre élément révélateur consiste aux manifestations conséquentes aux résultats des dernières élections présidentielles françaises. Certes, la gauche est perçue comme la défenseuse des couches socio-économiques les plus faibles de la société, des ouvriers, et aussi des étrangers.

La logique des événements aurait exigé que les partisans du parti élu brandissent des drapeaux tricolores, y compris les étrangers, fiers comme ils pourraient l'être de participer à la vie politique d'un pays démocratique honorant les droits de toutes les strates de sa population. Mais d'autres images ont fait le tour du monde.

Non seulement des étrangers n'ont pas brandi le drapeau tricolore, mais de surcroît cette foule était composée entre autres de Français de deuxième ou troisième génération d'origine étrangère. Toute cette population qui s'affiche ouvertement contre la France, comme si le candidat politique élu n'avait pas été l'une des facettes du paysage politique autochtone mais leur cheval de Troie de bataille, pose plus qu'un problème d'intégration.

Il faut bien reconnaître à titre de comparaison que si d'autres populations étrangères très présentes à Paris ne s'intègrent pas non plus, elles se mêlent très peu des affaires de la France et n'entrent en tout cas pas en conflit avec la culture ou la population locale. Tandis que le conflit euro-arabe est alimenté par les populations qui ont fait leur parti d'agir en pierre d'achoppement.

Nous l'avons compris, le conflit mené contre la France sur son sol peut se passer en douceur, mais il se servira d'événements politiques, internationaux ou sociaux pour se déchaîner et accélérer le mouvement. Il fait feu de tout bois sans que le Français ne lui ait montré de quel bois il se chauffait. Pas pour l'instant en tout cas.

Par conséquent, même s'il existe plusieurs conflits qui opposent le monde arabe à ce qui les entoure, sans qu'ils ne fassent l'objet d'une importation ou d'une exportation d'une partie du monde à l'autre, que la France prenne partie contre Israël en soutenant la création d'un Etat profondément anti-israélien ne pourra que mettre de l'huile sur le feu, et entretenir le conflit qui se poursuit d'ores et déjà en ses propres frontières, en y ajoutant peut-être une impulsion proche-orientale.

Quant au Juif, il sert peut-être de sismographe, de témoin, ou peut-être est-il semblable à ces lichens qui disparaissent des arbres quand une forêt saine en apparence est menacée. Dans un pays où tout va bien, il n'est pas importuné, encore moins attaqué. La France fut un pays stable. Le Juif en fut le témoin.

Les guerres des Six jours ou de Kippour ne l'empêchèrent pas de faire son marché, de se rendre à la synagogue, ce qui n'était pas le cas en Tunisie, par exemple. Or, lors des derniers événements proche-orientaux, il a été dangereux pour lui de circuler dehors. La France tout entière devrait s'en inquiéter.

Yeochoua Sultan