Russie–Iran : le bluff stratégique de Poutine face au Qatar

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Russie–Iran : le bluff stratégique de Poutine face au Qatar

Pourquoi la Russie bluffe-t-elle ?

Vladimir Poutine  fait le service minimum en sortant de son silence depuis le début de la guerre, en annonçant intervenir en cas d’attaque qatarie contre l’Iran. Néanmoins, affaibli et embourbé par son conflit avec l’Ukraine, l’armée russe n’a plus les moyens de rentrer militairement dans ce conflit : décryptage.

Vladimir Poutine a convoqué un Conseil de sécurité de défense concernant la situation au Moyen-Orient. Le régime de Moscou, qui était jusqu’à présent en retrait du conflit, s’est contenté d’une « condamnation » de l’élimination d’Ali Khamenei, guide suprême iranien, dont la mort a été confirmée le 28 février 2026 après des frappes américano-israéliennes sur Téhéran.

Mais ce mardi 3 mars, une annonce dramatique est venue du Kremlin : après que le Qatar a menacé Téhéran de représailles suite à de nombreux tirs violant son territoire, la Russie serait-elle prête à venir en aide militairement à son fournisseur de drones Shahed ?

Pour bon nombre d’analystes, elle n’en a tout simplement plus les moyens, et nous allons tenter de vous donner les clés pour comprendre ce jeu de poker menteur, spécialité du maître du Kremlin.

Embourbée dans une guerre dont Moscou ne voit pas l’issue

La Russie a déjà livré l’Iran en armes et donné son savoir-faire dans plusieurs domaines, notamment nucléaire civil et balistique, ainsi qu’en matière de protection stratégique.

Le stock d’armes russe est presque entièrement mobilisé, utilisé à plus de 95 % dans sa guerre contre l’Ukraine. Les sanctions ont énormément affaibli l’armée et le pays, qui ne dépend plus que de l’économie de guerre et de la consommation locale.

D’après le jeune historien Nathan Hucade, spécialiste de la région d’Europe de l’Est et de l’ex-URSS , « si les Russes reprennent la production d’armes dans les territoires qu’ils occupent en Ukraine, c’est pour consolider leur front ou faire pression stratégiquement sur des pays de l’OTAN, comme les pays baltes ».

On voit mal comment cette réserve qui se constitue pourrait être gaspillée, et surtout comment l’utiliser au Moyen-Orient. Les chasseurs russes sont certes performants, mais ils sont engagés en Europe. Et l’aviation de Moscou ne va tout de même pas bombarder Doha : un tel acte serait suicidaire, et Poutine est tout sauf cela.

Des missions défensives

Médiatrice lors des précédents conflits, la Russie devrait en effet se tenir uniquement du côté de l’Iran, malgré les « bonnes relations » que Vladimir Poutine, Donald Trump et Benjamin Netanyahou sont censés entretenir.

Le gouvernement israélien se tient de plus en plus aux côtés de l’Ukraine, et Dmitri Medvedev menace régulièrement d’une escalade mondiale, estimant qu’une troisième guerre mondiale reste évitable si certaines décisions occidentales cessent.

Moscou a certes choisi son camp depuis longtemps, mais il est désormais trop tard pour jouer l’ambiguïté stratégique. Sans intervenir offensivement, le pays qui a vu naître Léon Tolstoï pourrait inaugurer un nouveau concept : une « défense pour mettre fin aux capacités militaires », en offrant un soutien accru en matière de batteries anti-missiles, sans se joindre directement au conflit.

Les attaques hybrides, le piratage informatique

En revanche, Moscou possède une autre arme, secrète et dans l’ombre : les hackers.

Bien que les États-Unis et Israël soient en principe prémunis contre ces attaques, les pays du Golfe pourraient subir des pannes généralisées et des blackouts combinés à des attaques de missiles et de drones iraniens, pouvant causer de sérieux dégâts.

Mais c’est peut-être l’Occident qui serait visé, histoire d’aider l’Iran à poursuivre l’embrasement intercontinental encore plus loin. Les sabotages informatiques restent la meilleure arme russe à l’heure actuelle : elle n’est pas directement létale, mais peut l’être indirectement, notamment lorsqu’un hôpital est visé, comme ce fut le cas en France, à Versailles, en 2022.

Les déstabilisations par ingérence font également partie de l’arsenal russe, notamment à l’approche d’élections municipales en France, où la Russie cible les candidats jugés trop proches d’Israël ou des États-Unis.

La bataille navale contre les marines américano-israéliennes : le coup de communication ultime

Il y a deux semaines, la Russie et l’Iran ont annoncé un exercice naval conjoint en mer d’Oman. Mais c’est là que la menace perd en réalité toute crédibilité.

Toujours d’après notre historien, la marine russe a subi d’importantes pertes face à l’armée ukrainienne en mer Noire depuis quatre ans de conflit. Elle reste fortement engagée et ses capacités de projection sont limitées.

On en revient toujours au même problème : imaginer la Russie entrer en guerre aux côtés des navires militaires des Gardiens de la révolution (les Pasdaran) contre les forces américaines paraît hautement improbable.

Si certaines annonces américaines évoquent des destructions de navires iraniens et l’élimination de responsables militaires, ces informations restent à confirmer. Il n’en demeure pas moins que la supériorité navale de Washington dans la région ne fait guère de doute, surtout avec le soutien d’Israël.

On se retrouverait dans une situation ubuesque : d’un côté un affrontement indirect Israël-Russie, de l’autre États-Unis-Iran, avec deux puissances nucléaires s’affrontant indirectement via leurs partenaires respectifs.

Un scénario qui, même dans un monde déjà chaotique, frôle l’irrationnel et serait contre-productif pour Moscou. Ce constat démontre que la participation militaire active de la Russie n’est qu’un vaste coup de bluff destiné à agiter l’épouvantail d’une troisième guerre mondiale.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi