Philippe Barkatz

philippeB@alliancefr.com'

Philippe Barkatz né en Algerie à Constantine. Anciennement Directeur d'école. Titulaire d'une Maitrise de Philosophie et d'un DEA de Sciences de l'Education. Chevalier des Palmes académiques . J'ai fait mon Alyah de France avec ma famille en 2017.

Les articles de Philippe Barkatz

Antisémitisme : Plaidoyer pour les Juifs de Philippe Barkatz

Plaidoyer pour les Juifs

Au moment où l'antisémitisme semble renaître de son léger sommeil, dans tous les lieux,
sous toutes les formes, qu'il soit véhiculé sempiternellement par toutes sortes de canaux ou par des chars de carnaval ou joué dans un cinéma de petites salles obscures, j'aimerais rappeler ou apprendre à ceux qui voudront bien me lire, avec toute la modestie qu'on peut mettre, l'idée d'une contribution que le Peuple Juif a apportée à l'édifice civilisationnel.

Ce come-back antijuif est d'autant plus surprenant que l'Eglise qui avait été, il est vrai, une actrice importante sur la scène des persécutions contre les Juifs pendant des siècles, a eu une extraordinaire et louable clairvoyance.

En effet, en 1965, sous le pontificat de Paul VI, il y a eu cette déclaration du Concile de Vatican II, « Nostra Aetate », par laquelle, d'une certaine façon, la réconciliation entre Juifs et Chrétiens était possible et même établie.

Alors, aujourd'hui, que se passe-t-il ? Mystère.

Il est vrai que depuis quelques temps déjà, l'anti-judaïsme et ses marchands ont changé de Temple.

Aujourd'hui, il est massivement le produit d'un islam radical relayé et soutenu par une gauche radicale à nouveau occupée après l'avalanche de défaites historiques sous lesquelles elle était ensevelie.

Et cette véhémence antijuive conjuguée porte maintenant presque toujours ses assauts contre Israël comme par exemple les nombreuses officines « bds », qui ont leurs baux en Europe. Attaquée, soldatesque Israël, affublée bien sûr de son accessoire légendaire de nez crochu, même s'il ressemble, surtout aujourd'hui et de plus en plus, à celui d'un terrible F35 « Adir » ! A telle enseigne que je ne suis pas loin de penser que l'antisémitisme, est le faux-nez de l'antisionisme !

A nouveau les Juifs sont attaqués, tout le monde les condamne. L'orchestre des Nations Unies en compose la partition, bien réglée maintenant. Mais il n'est pas nécessaire de commettre des crimes pour en être accusé. Les Juifs savent cela très bien, à leur dépens, depuis si longtemps.
Nous sommes à nouveau un peuple en danger. Imaginez : avec ses 14 millions d'individus, les Juifs représentent 0,018 % de la population mondiale avec ses 7,7milliards c'est-à-dire 99,982 % de non-juifs.. Minuscule proportion n'est-ce-pas ? Mais qui n'empêche pas de proclamer : "Ils sont partout !"

Mais revenons à l'essentiel. La connaissance, le savoir, l'étude sont les ennemis jurés de l'ignorance, de la barbarie, de la tyrannie, du terrorisme, de l'extrémisme, du radicalisme, du nihilisme, du littéralisme religieux sans commentaires, du fascisme, de l'obscurantisme, etc...

Presque toute la pensée occidentale, dans sa dimension la plus large, s'articule autour de « disciplines » c'est-à- dire de champs d'investigations intellectuelles spécifiques, spéculatives ou concrètes, théoriques ou pratiques . Ces disciplines se sont constituées en acquérant leur indépendance tout en gardant des interactions qui les lient. C'est au travers de catégories universelles (communes à tous les hommes) et nécessaires (qui ne peuvent pas ne pas être vraies) que l'esprit humain connaissant organise l'ordre de l'univers (E.Kant) ; L' Homme découvre le monde en le construisant.

Pour limiter un peu notre propos, nous allons circonscrire notre réflexion sur une période allant de la deuxième moitié du XIXème siècle à la première moitié du XXème siècle, et dans les disciplines dites « humaines ».

Mais nous allons voir que de ce moment historique va découler, jusqu'à aujourd'hui et pour une part importante en tout cas, la matière de nos connaissances actuelles mais que nous auront évidemment enrichies, modifiées, récusées, contredites, complétées, étayées, développées.Ces processus d'intellection s'effectuent dans des circonstances historiques appropriées.

Ces corps de savoirs qui voient le jour, à cette époque donc, sont : I - Le marxisme évidemment avec Karl Marx.

II - La sociologie avec Emile Durkheim.
III - La psychologie ; mais nous ne considérerons ici que la psychanalyse en particulier, avec Sigmund Freud.
IV – L'anthropologie avec Claude Levi-Strauss.
Mais avant, si vous le permettez, nous allons parler de Spinoza. En effet, ce philosophe a été l'un de ceux qui ont porté la nécessité du savoir à son sommet.

Juif de la Communauté Portugaise d'Amsterdam, Baruch Spinoza (1632-1677) est l'un des plus grands philosophes ; sa renommée est exceptionnelle .
« Sans la pensée de Spinoza, nous n'aurions pas eu la pensée des Lumières (XVIIIème siècle) » M.Honfray.
Pour Spinoza, la philosophie c'est la conscience de soi, du monde et de Dieu mais c'est une conscience rationnelle. Le projet est d'atteindre un « bien véritable » qui puisse procurer une « joie souveraine » identique à la liberté. La Raison et la connaissance rationnelle vont être les moyens pour y parvenir.

Spinoza associe l'erreur et l'ignorance à la servitude et la vérité à la liberté.
La connaissance va être l'itinéraire pour passer de l'erreur qui enchaîne à la liberté qui libère. Après s'être émancipé, en les critiquant, d'idées fausses, imaginaires ou superstitieuses, l'esprit humain va s'efforcer de connaître les choses rationnellement et en vérité, pour être en mesure d'accéder à la liberté.

La réflexion sera le fondement autonome de la connaissance vraie, donc sans recours possible à un quelconque intermédiaire.
Enfin, disons que toute démarche de la connaissance contient toujours, au fond, en filigrane, l'ambition de découvrir l'être, en tout cas une partie de l'Être.

Pour éclairer et comprendre l'idée de l'Être (ontologie) disons que chez Spinoza, Dieu est la perfection absolue. Il comprend tous les attributs possibles (donc à tout le moins celui d'exister). Il renferme en Lui la totalité de l'Etre et donc de la Nature.

Alors toute démarche épistémologique (scientifique) est une démarche ontologique (relatif à la recherche de l'être) et de connaissance de la Nature.

La connaissance vise à saisir le plus de parties possibles de la Totalité de l'Être.

Quel encouragement plus vif pourrait-on imaginer pour inciter l'Homme à connaître, à savoir ? « Plus j'avance dans mes travaux, plus je crois en Dieu. » Albert Einstein.
Quel vertigineux projet que celui qu'entreprend l'Homme en connaissant !
La volonté, le désir de savoir, d'étudier, de découvrir, d'entendre, de connaître, de dévoiler, de comprendre, de nommer, d'imaginer sont consubstantiels à la pensée juive en particulier et à la pensée universelle en général.

Il a infliencé : Leibniz, Diderot, Fichte, Schelling, Hegel, Schopenhauer, Marx, Nietzsche, Freud, Bergson, Einstein, Wittgenstein, Sartre, Althusser, Deleuze, Misrahi, etc... sans compter les innombrables hommes et femmes plus modestes qui se sont abreuvés à la lecture de son œuvre. (Pour n'en retenir qu'une « l'Ethique » 1677.)

Karl MARX. (1818-1883)

Il est Juif issu d'une famille comprenant de nombreux rabbins. Il a pourtant écrit un pamphlet antijudaïque en 1844 où les classiques clichés les plus virulents sont abondamment convoqués.
On sait l'importance « capitale », positive ou négative de Marx dans les domaines de l'économie bien sûr mais aussi de la philosophie, de l'histoire, de la politique, de l'art (sous toutes ses formes), de l'éducation etc... Il n'y a aucun pan de la connaissance mondiale moderne, de la vie humaine occidentale ou orientale qui n'a été impacté, de près ou de loin par la doctrine de cet homme Marx

Et quelle était-elle ? (en le faisant à grands traits.)
Les faits économiques sont la base et la cause déterminante de tous les phénomènes historiques et sociaux : c'est le Matérialisme Historique.
« La structure économique de la Société est la base réelle sur laquelle s'élève la superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes déterminées de la conscience sociale...Le mode de production de la vie matérielle conditionne l'ensemble de tous les processus de la vie sociale, politique et spirituelle. » Sur la critique de l'économie politique Marx 1859.

C'est ce que l'on appelle le Déterminisme Economique par lequel les phénomènes économiques sont soumis au déterminisme ; oubien par lequel les phénomènes économiques déterminent tous les faits sociaux.

Cette doctrine, ici très sommairement esquissée, a envahi toutes les strates de la pensée contemporaine. Bien sûr des chemins dévoyés ont été pris par la suite. La faillite catastrophique de son application dans l'économie soviétque par exemple, qui a causé des retards irrattrapables par rapport aux autres pays occidentaux bien avisés de ne pas l'avoir suivie, n'a pourtant pas été de nature à en ternir l'éclat auprès de presque tous les intellectuels occidentaux de l'époque contemporaine, on aurait dit aveuglés.

Une espèce d'utopie s'était alors constituée et érigée en Vérité et la réalité des faits toujours en contradiction avec elle n'arrivait pas cependant à la contredire.

Ceux qui ont été influencés par Marx sont extrêmement nombreux. Outre les incontournables Engels, Lenine, Trotski, ne citons que Marcuse, Reich, Guesde, Jaures, Bloch, Gramski, Walter Benjamin, Sartre, Althusser, Derrida, Deleuze, Bourdieu, de Beauvoir, etc...

Emile DURKHEIM (1858-1917). Condisciple du philosophe Henri Bergson.

Disons en préambule, que c'est la pensée d'Emile Durkheim, fils du rabbin d'Epinal qui a servi de socle intellectuel aux républicains des débuts du XXieme siècle.
Juif, il appartient à une lignée de huit générations de rabbins.

Disciple d'Auguste Comte, Durkheim est le fondateur de la sociologie française qu'il fait accéder à son indépendance par rapport à la philisophie. C'est lui qui établit que le « fait social » relève d'une étude spécifique. Il construit cette étude scientifique des faits sociaux humains considérés comme appartenant à un ordre particulier et étudiés dans leur ensemble ou à un haut degré de généralité. La sociologie corpus des sciences sociales.

Ce qui lui importait était de constituer une science capable d'éclairer les sociétés, de définir les actions capables d'améliorer les rapports entre l'individu et la société, tout en gardant constante l'idée de faire de la morale une science positive. Le rôle des institutions était capital. Par exemple, il distingue dans les sociétés, d'une part, la solidarité par « similitude » où les individus partagent les mêmes valeurs et ont les mêmes croyances, et d'autre part, la solidarité « organique » (caractéristique des sociétés modernes) résulte au contraire de la différenciation des individus.

Son esprit de systeme s'articule autour de la permanence du thème de la conscience collective et du thème de la contrainte de la société sur l'indivudu. On retiendra l'ingénieuse méthodologie qui structure ses travaux. Ses méthodes s'organisent autour d'enquêtes, de sondages, de statistiques dont on fait un usage constant aujourd'hui.

L'influence de la sociologie est considérable et les disciplines qu'elle pénètre transversalement sont extêmement nombreuses : psychologie, histoire, géographie, ethnologie, démographie, politique, droit et même littérature
IL a influencé entre autres : Claude Levi-Strauss, Henri Bergson, Emmanuel Levinas, Lucien Levy-Brull, mais aussi Maurice Halbwachs, Pierre Bourdieu, Marcel Mauss (son beau-frère).

Sigmund FREUD (1856-1939).

Il est Juif par son père et sa mère. Freud tenait de son père cette précieuse vénération de la connaissance intellectuelle qui, traditionnellement fait partie de l'héritage juif, conquête du savoir.
Il inaugure la psychanalyse que nous entendrons comme une méthode thérapeutique qu'il érige en système psychologique et qui consiste en une interprétation des rêves, propos spontanés, actes manqués d'un sujet en vue d'explorer son inconscient.

Et spécialement de déceler les complexes psychiques qui causent chez lui des troubles mentaux ou physiques, c'est-à-dire la psychologie clinique.
Cette démarche est révolutionnaire, car non seulement elle sous entend que ce qui est à l'oeuvre ici, c'est un inconscient, mais encore que cet incoscient (qui par définition échappe à notre conscience) peut déterminer des pensées et des actes, ce qui caractérise ma personnalité, ce que Freud appelle le « moi ». Des pulsions, sexuelles, nous dit-il, mais dans le sens le plus large, il va les appeler le « ça », déterminent, influencent, dictent nos pensées et nos actes.

Nous sommes loin de l'équation de Descartes « je pense donc je suis » (Discours de la Méthode 1637) où l'être découle, émerge de la pensée.
Mais si nous nous arrêtions là chez Freud, nous risquerions de croire que l'Homme n'est, par ses pulsions, qu'assujetti nécessairement à des déterminations puissantes et inflexibles. Nous ne serions alors pas si loin des animaux dont on sait leurs attitudes et leurs comportements la plus part du temps stéréotypés. Mais l'Homme ne se différencie pas de l'animal par degrés mais bien par nature. Et c'est sa grandeur.

Il y a des superstructures culturelles, idéologiques, religieuses (plus ou moins fortes ou plus ou moins présentes), juridiques, morales, politiques, artistiques, philosophiques.

Freud nous dira c'est le « sur moi ».
Ces superstructures vont canaliser, juguler, endiguer, discipliner ces pulsions inconscientes. Ce dispositif culturel qui est le propre de l'Homme, va utiliser cette énergie pultionnelle qui va trouver le moyen recevable, décent, fort de se manifester : c'est la civilisation. Mais la civilisation n'en reste pas moins porteuse de cette charge.
La psychanalyse est aujourd'hui moins dans l'air du temps. Il n'empêche qu'elle a marqué et durablement presque tout le champs des sciences humaines d'un point de vue général et d'un point de vue particulier, d'innombrables individus à la recherche d'eux-même.

Il serait absolument impossible de dresser une liste de ceux qui ont été influencés par Freud tant elle serait longue. Pour faciliter disons qu'il a impacté une grande partie de la culture dans son ensemble : la Philosophie, la Littérature, les Arts etc...

Claude LEVI-STRAUSS. (1908-2009)

Il est issu d'une famille juive alsacienne. Il est l'un des pères fondateurs de l'anthropologie moderne. L'anthropologie c'est l'ensemble des disciplines étudiant l'Homme soit d'un point de vue social se consacrant plutôt à l'étude des institutions considérées comme des systèmes de représentations, soit d'un point de vue culturel se consacrant à l'étude des techniques et des arts. Cette science sociale vise à atteindre , dans la description de sociétés étranges et lointaines, le point de vue de l'indigène lui-même, tout en restant indépendante, à la fois de l'observateur et de son objet.

Levi-Strauss ne va pas se contenter d'une anthropologie qui se caractérise surtout par un certain esprit naturaliste, c'est-à-dire par ce postulat que les formes supérieures de la vie mentale et sociale trouvent leur explication suffisante dans les conditions matérielles , étape par étape, de la vie physiologique.
IL va appliquer le concept de structuralisme. L'anthropologie structurale associe les principes généraux des sciences naturelles et ceux de la formalisation logico-mathématique et linguistique, pour appréhender une société en tant que système complexe doué de propriétés autonomes invariables. Ces propriétés sont des structures qui découlent des relations entre les éléments (individus) qui composent le système.

Donc en développant cette méthodologie propre, l'anthropologie structurale, Levi-Strauss a renouvelé en profondeur l'ethnologie et l'anthropologie en leur appliquant des principes particuliers, issus de la linguistique, des mathématiques et des sciences narurelles.
Ces principes particuliers, qui sont à l'oeuvre dans d'autres disciplines car ils sont très éclairants, sont appelés « holistes ». Ils rendent compte de la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties.

L'ensemble des organisations sociales d'un peuple forment des systèmes : les sociétés humaines.
Ceux qui ont puisé dans la pensée de Claude Levi-Strauss :
Louis Althusser, Pierre Bourdieu, Gilles Deleuze, Jacques Derida, Michel Foucault, Jacques Lacan, Jean Piaget, etc...
La galerie est complète ; ce sont tous les plus grands intellectuels, sans exception qui ont fait la pensée en France et ailleurs (influence en particulier aux U.S.A.), il est vrai pour le meilleur et pour le pire.

Une fois le ciment de cet édifice civilisationnel sec, les pierres scellées, les murs montés, les façades crépies bref le bâtiment érigé et les Juifs, nous venons de le voir ont participé à cette érection de façon majeure ; les mouches auraient-elles de ce fait, changé d'âne ? et bien non, haro sur le baudet toujours, on leur en veut encore et encore et de plus belle !!

Mais alors, à travers eux, ce ne serait pas plutôt cette civilisation elle-même, dite Judéo-Chrétienne, qui serait attaquée ? C'est la haine de soi qui est visée au travers de la haine du Juif. Ce que les Juifs ont fait de si brillant, de si déterminant, mais ils n'en veulent pas, ils n'en veulent plus, ils en ont assez !

Quittons vite cette Nature spinoziste trop complexe, trop juive et surtout qui nous a conduit à un savoir trop dominateur, pour revenir à une nature, à cette nature avec un »n » minuscule facile à comprendre, facile à saisir ; revenons à un climat dont certes on redouterait les changements, tout emballage remballé. Vous vous rendez compte, si nous réussissions à réduire toute l'énergie de la pensée humaine à lutter contre les changements climatiques, surtout s'ils sont causés par nous-même ! Nous ferions alors l'économie de tout autre inutile combat. Nos jeunes, on le voit, pour la plupart, y semblent assez bien préparés. Sauver notre planète ! De qui ? Surtout pas cette question, malheureux ! Focalisons-nous sur la question de quoi ?

Après avoir montré la part décisive prise par les Juifs pour la culture dans notre civilisation contemporaine, mais compte tenu du fait que celle-ci aujourd'hui est de plus en plus décriée, méprisée, ignorée, je me demande, se faisant, si je n'augmente pas, contre toute attente de ma part - médiocre avocat du coup que je suis - encore davantage, un antisémitisme qui n'en attendait pas tant pour progresser encore et encore !

Philippe BARKATZ

M. Macron de retour de Jérusalem

M.Macron de retour de Terre Sainte.

De retour de Jérusalem, M.Macron n'a pas hésité à mettre sur le même plan la Guerre d'Algérie et la Shoah.

Dans la logique d'Aristote, celle qui préside à notre langage (logos), à notre raisonnement :  a = a, ou : non a = non a, ou alors, à la rigueur : non non a = a, mais a = b, est impossible.

En effet, comment comparer la Guerre d'Algérie à la Shoah.

D'ailleurs, et c'est très symptomatique, au mot «guerre» se substituait alors à l'époque, pudiquement, le mot «évènements», on disait «les évènements d'Algérie», tant il est vrai que le terme «guerre» paraissait, à tort peut-être, comme exagéré. Nous sortions, il est vrai, de celle, abominable de 1939-1945 où au delà des terribles engagements militaires classiques pour une guerre, le crime absolu, inédit, contre l'Humanité avait été perpétré.

Il était donc impossible qu'on employât le même terme pour désigner des «évènements» tragiques bien sûr et qui pouvaient être dits et l'impensable, l'ineffable, l'indicible.

Pourtant, aujourd'hui, quelqu'un, le Président de la République Française énonce ces deux mots en terme d'équivalence. Ou alors, M.Macron se trompe de protagonistes dans un tour de passe-passe où les rôles sont décidément fort mal distribués.

Mais l'Histoire est là pour chercher ; attention, elle trouve...

Nous sommes en Algérie en 1940. L'antisémitisme y bat son plein. Des manifestations très violentes ont lieu contre les «compatriotes» juifs.

Les propagandistes du Maréchal Pétain sont déchaînés. Les Français d'Algérie chrétiens, pas tous bien sûr, réclamaient l'abrogation du «Décret Crémieux».

Décret par lequel, 70 ans plus tôt, les Juifs indigènes d'Algérie bénéficièrent de la nationalité française.

Remarquons, en passant, que cette mesure extraordinaire libérait en 1870, de jure, les Juifs de leur statut de dhimmis par lequel ils étaient discriminés de la part de leurs maîtres musulmans, comme d'un joug qu'on leur enleva.

Quarante ans plus tard, les Arabes allaient évidemment être ravis si ce décret était abrogé. Il va l'être.

En effet, le 3 octobre 1940, Pétain fait publier en Algérie une « Loi portant statut des Juifs » avant même sa publication officielle, trois semaines plus tard, en France ! On sait son cortège d'humiliations et d'injustices : les Juifs d'Algérie perdent leur nationalité française. Ils sont exclus de l'armée, de l'enseignement, de la magistrature, du corps des avocats, des médecins, de la presse, du cinéma etc...

Ces mesures ont été effectivement appliquées avec un zèle incroyable et surtout sans qu'il fallût que les Allemands fussent présents pour y veiller scrupuleusement.

M.Macron, avec tout le respect que l'on doit à votre fonction, faites-vous vôtre cette devise qui, modestement est la mienne : « Avant de dire, je cherche. »

Philippe Barkatz.