Caroline Haiat

J'ai 23 ans, je suis originaire de la région parisienne et je viens de faire mon alyah à Tel-Aviv. Tout juste diplômée, je commence ma carrière de journaliste rédactrice. J'ai une formation littéraire, après avoir fait Hypokhagne/ Khagne, j'ai obtenu ma licence de lettres modernes et ma maitrise d'information-communication à la Sorbonne.
J'ai réalisé des stages dans le domaine rédactionnel en France et en Israël. Je porte un intérêt certain à l'actualité et à l'écriture, je me passionne pour la littérature romanesque et autobiographique et j'adore le cinéma.

Les articles de Caroline Haiat

"Le beau gosse du jour" c'est le garde du corps d'Hollande

L'information paraît décalée au vu de la gravité des récents attentats, mais elle est réelle: le garde du corps de François Hollande fait le buzz.

Dimanche dernier, lors du rassemblement républicain, le beau trentenaire marchait en tête du cortège juste derrière le président. A en croire ce qui se dit sur les réseaux sociaux, il a fait sensation auprès de la gente féminine. 

C'est notamment sur twitter, que les internautes se sont exprimées de manière inattendue, en complimentant le garde du corps qui assurait la protection de François Hollande dimanche.

Parmi les commentaires les plus insolites qui ont été postés, figurent : "Je voudrais qu'on retienne aussi de cette journée que le garde du corps de Hollande est complètement hot" ou encore "Le beau gosse du jour c'est le garde du corps de François Hollande".

On pouvait aussi lire sur tweeter, de nombreux adjectifs tels " Canon ", " complètement hot", " sublime ", " beau gosse ", "mignon ", écrits par des manifestants sensibles au charme du bodyguard. 

Caroline Haïat

Charlie Hebdo: Elsa Cayat avait reçu des menaces antisémites

Enterrement prévu d'Elsa Cayat dans le carré juif du cimetière de Montparnasse demain jeudi 15 janvier 15

Elsa Cayat, la victime juive de l'attentat de Charlie Hebdo avait reçu des menaces de mort par téléphone quelques jours avant l'attaque. Il lui avait été "vivement conseillé" de quitter son poste au journal satirique, confie sa cousine à CNN.

Elsan Cayat, a été tuée lors de la tuerie de Charlie Hebdo, au même moment que ses collègues dont Georges Wolinski et deux policiers. Cette psychiatre, était la chroniqueuse du magazine. Elle laisse derrière elle un mari et une fille.

Sophie Bramly, sa cousine, a déclaré sur CNN, avoir la conviction qu'Elsa avait été tuée parce que Juive: "lorsque j’ai parlé à son frère la nuit dernière, il me disait qu’elle recevait des appels téléphoniques depuis un moment, des appels anonymes où elle était traitée de sale juive."

"Vous devriez arrêter de travailler pour Charlie Hebdo, sinon nous allons vous tuer », aurait-on dit à Elsa, d'après le témoignage de sa cousine.

Sophie déclare que: " si vous tirez les conséquences [de ces appels], il semblerait qu'elle ait été tuée parce qu’elle était juive », soulignant le fait que les hommes armés « ont épargné toutes les femmes, elle est la seule femme qui a été tuée. Et elle était la seule à être juive ».

Fredérick, le frère d'Elsa Cayat a affirmé dans The Independent que la famille n'avait pas tenu compte des menaces de mort: « nous avons jugé qu'il ne s'agissait que d'attaques verbales. Nous ne pensions pas que ça arriverait vraiment. »

Béatrice, la grande soeur d'Elsa, refuse d'affirmer qu'elle est morte parce qu’elle était juive. Elle a déclaré à CNN qu’Elsa avait été tuée parce qu’elle travaillait pour Charlie Hebdo « elle est morte pour la liberté de penser ».

Caroline Haïat

Netanyahu ne s'est pas "incrusté" à la marche républicaine

Contrairement aux dires de la presse internationale qui affirment que Benjamin Netanyahu se serait "incrusté" à la marche républicaine de dimanche, celui-ci a bel et bien été invité.  

Au lendemain de l'apparition de Benjamin Netanyahu à la marche républicaine, puis à la Grande synagogue de la Victoire, les médias sèment le doute. Selon eux, Netanyahu n'aurait pas été invité par François Hollande mais serait venu de son plein gré.

Les médias israéliens, eux aussi, aroutz 2 et le quotidien Haaretz, expliquent qu'il aurait imposé sa présence contre l'avis de François Hollande. Ceci est faux.

Benjamin Netanyahu a bien été invité par François Hollande samedi après-midi, en même temps que Mahmoud Abbas.

Cependant, Netanyahu aurait décliné l'invitation pour des raisons logistiques et sécuritaires avant de changer d'avis en début de soirée et de confirmer sa présence au rassemblement à Paris.

D'après la presse israélienne, le premier ministre aurait changé d'avis quand il a su que ses deux rivaux de la droite nationaliste, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, s'y rendraient.

Un des proches conseillers de Netanyahu affirme cependant: "la  vérité, c'est que nous avons eu de nombreux échanges avec les autorités françaises, pour voir s'il était possible de mettre sur pied un dispositif de sécurité adapté au premier ministre...".

L'organisation de la marche républicaine fut cependant un véritable casse tête.

Jacques Audibert, le conseiller diplomatique de François Hollande, s'est entretenu «cinq ou six fois» avec Yossi Cohen, conseiller à la sécurité du premier ministre israélien.

« L'idée, c'était de trouver une solution équilibrée, avec la présence des deux responsables. Nous voulions envoyer un message d'unité nationale, d'unité mondiale. C'était compliqué si l'un des deux ne venait pas à Paris. Si Abbas n'étais pas venu ça ne marchait pas..."

L'hésitation de Netanyahu s'explique aussi par les tensions qui avaient eu lieu au lendemain de sa visite à l'école juive de Toulouse en mars 2012, après la tuerie perpétrée par Merah. Il avait alors invité les Juifs de France à émigrer en masse vers Israël. François Hollande lui avait répondu : «La place des Juifs de France, est en France." D'après une source israélienne citée par le quotidien Haaretz.

Caroline Haïat

 

Israël recrée la machoire d'un blessé syrien

Depuis quelques années, les hôpitaux israéliens soignent des centaines de blessés syriens. La semaine dernière, l'hôpital Rambam de Haïfa a tenté une opération inédite qui a sauvé la vie à l'un d'entre eux. Une machoire en titane a été réalisée spécialement pour lui.

 

Le patient qui a été transporté par l'armée israélienne vers l'hôpital de Haifa, a subi de graves blessures au cours de combats du côté syrien de la frontière du Golan. Sa mâchoire inférieure  était complètement détruite à la suite d’une blessure par balle. L’homme ne pouvait ni manger ni parler. 

Le Professeur Adi Rachmiel, directeur du département de chirurgie buccale et maxillo-faciale à Rambam et le Dr Yoav Leiser, qui a récemment suivi une formation en Allemagne, ont contacté AB Dental, l’un des plus grands fabricants et distributeurs d’implants dentaires avancés au monde.

AB Dental, dispose d’une imprimante 3D (conçue par Stratasys, une entreprise conjointe américano-israélienne spécialisée dans le domaine de la technologie d’impression tri-dimensionnelle).
La société a donc imprimé une mâchoire sur mesure pour le patient syrien.

La fabrication de plaques, de placages, de prothèses, d’implants est un travail personnalisé. Il n’y a pas deux bouches identiques, comme le soulignent les dentistes expérimentés.

Quelle est la technique?

Le patient mord sur le matériau et laisse les empreintes de ses dents, ensuite, des corrections sont apportées, sur la base des observations du dentiste, et le forage s’ensuit sur l’élément quand il revient du laboratoire, et éventuellement après, sur les dents, pour l’adapter.

En dentisterie numérique, les dentistes utilisent des scanners intra-oraux à la place des empreintes, qui donnent une vision complète de l’anatomie de la bouche, des mâchoires et des dents. Cela permet aux laboratoires de construire des modèles plus précis.

« C’est l’imprimante 3D qui nous a permis de travailler sur la bouche du patient syrien », a expliqué Rachmiel.

Le lendemain de l’opération chirurgicale, le patient a retrouvé la parole et pouvait s'alimenter. C'est une énorme réussite et une grande fierté pour les médecins: " nous avons réussi à lui rendre sa qualité humaine" a déclaré le docteur Leiser.

L'hôpital de Haifa a désormais l’intention d'appliquer ce processus à trois autres patients dans les semaines à venir.

Caroline Haïat

Alyah : Les Juifs de France vont-ils franchir le pas ?

Dimanche, à Paris, se tenait le salon de l’alyah des plus de 55 ans. La question du départ se pose de plus en plus pour les Juifs français au vu des récents attentats. Ce salon avait pour but de renseigner les Juifs qui envisagent de s’installer définitivement en Israël pour leur retraite.

L’alyah attire, mais elle effraie aussi. Les personnes intéressées ont beaucoup de questions et de craintes sur leur future vie en Israël. Le salon de l’alyah est donc la première étape dans le processus d’immigration.

Dimanche, de nombreux stands avaient été aménagés pour donner le maximum de détails sur la « vie pratique » en Israël : le transfert de fonds, le choix d’une ville de résidence et d’un système de sécurité sociale.

Les attentats responsables d’une venue massive au salon ?

« Il est trop tôt pour dire que les événements de la semaine dernière ont poussé les gens à participer au salon. Je pense qu’ils avaient planifié à l’avance leur venue mais peut-être que certains ont boudé le salon par crainte d’une attaque terroriste «, a déclaré Daniel Benhaim, le directeur des opérations de l’Agence Juive au Times of Israel.

« Personne ne croit qu’à la suite des attentats terroristes de la semaine dernière, nous entrons dans une période de calme. Ce n’est pas du tout le cas. Les autorités françaises admettent qu’il y a beaucoup de cellules dormantes en France, qui agissent de manière indépendante. La crainte de la communauté est très tangible » ajoute t-il.

600 à 700 retraités étaient pourtant présents. D’autres salons se tiennent cette semaine à Marseille et à Lyon. Face à la demande grandissante de renseignements sur l’alyah, les salons seront désormais organisés par tranche d’âge. Celui de janvier était consacré aux retraités, en février il concernera les jeunes et en mars les familles avec enfants.

Le salon de l’alyah, s’inscrit dans un nouveau projet gouvernemental israélien « la France d’abord », mis en œuvre par le ministère de l’immigration et de l’intégration avec l’Agence Juive, explique Daniel Benhaim, le directeur des opérations de l’Agence juive en France.

Les fonds gouvernementaux, a-t-il dit, sont destinés à encourager les Juifs français à immigrer en Israël et à accompagner leur processus d’immigration.

Les israéliens s’en mêlent

Avant de participer à la marche républicaine, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman s’est rendu au salon de l’alya : « le message le plus important que j’ai pour les Juifs français est d’immigrer en Israël. Si vous êtes en recherche de sécurité et d’un avenir plus sûr pour vos enfants il n’y a pas d’autre alternative. » a t-il déclaré au Times of Israel

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett était aussi présent : « Je suis venu ici pour rencontrer les Juifs et les ai trouvés très inquiets », a-t-il dit au Times of Israel. « Beaucoup commencent à se rendre compte qu’ils n’ont aucun avenir en France, surtout les jeunes, et veulent immigrer en Israël. Ce n’est plus uniquement les religieux. »

 Que choisir ? Les Juifs français face au dilemme

Jacques et Rachel Rebibo s’interrogent : « Nous voulons venir en Israël, mais ce n’est pas si facile. La vie en Israël est plus chère qu’en France. Je suis comptable, là-bas je ne serai pas capable d’exercer ce métier. Ce n’est pas la même technique, je ne parle pas l’hébreu, et j’ai 55 ans », a déclaré Jacques Rebibo.

« Nous pensons qu’il n’y a plus de place en France pour les Juifs. Notre gouvernement nous dit de rester, mais Netanyahu nous dit de partir. Les milliers de pancartes que vous avez vues sont pour Charlie Hebdo, pas pour les Juifs» a déclaré Jacques Rebibo.

Qu’en pensent les Israéliens ?

L’attentat de l’HyperCasher confirme à Israël que la situation des Juifs en France devient difficile. Depuis vendredi, le gouvernement israélien ne cesse de multiplier « les appels à l’alyah », provoquant une forte réaction à Paris.

Benjyamin Netanyaou a déclaré :"A tous les juifs de France, à tous les juifs d'Europe, je vous le dis: Israël n'est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier, l'Etat d'Israël est votre foyer".

"Je suis en colère contre les juifs de France. Pourquoi hésitent-ils encore à faire leurs valises et à venir en Israël? La France est devenu un pays dangereux pour les juifs", lance Manuel Allal, un Franco-Israélien de 26 ans, gérant d'un cyber café dans le centre de Jérusalem.

Bon nombre d’experts estiment que la mort de quatre Juifs français vendredi pourrait augmenter l’alyah française vers Israël. Les citoyens israéliens sont d’accord avec leur gouvernement, ils encouragent fortement les Juifs de France à s’installer en Israël :

"Les Franco-israéliens sont sous le choc (...) C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase", affirme Avi Zana, directeur d'AMI, une organisation d'aide à l'intégration des Juifs français en Israël.  Selon lui, "Ils vont faire pression sur leurs familles pour qu'elles les rejoignent. On peut prévoir que le nombre de juifs qui voudront quitter la France va augmenter".

"Les Français ne sont pas habitués au terrorisme comme nous le sommes ici, en Israël", souligne Asher Zagoury, un éducateur de 51 ans. "Mais après ce qui s'est passé j'espère qu'ils vont commencer à prendre au sérieux la menace islamiste."

Caroline Haïat

Kodak s'inspire des starts-up israéliennes pour se numériser

Pendant des décennies, la pellicule photographique Kodak a été utilisée pour illustrer notre vie, bien avant l’éclosion du numérique, d'Instagram et de Facebook.

Aujourd'hui elle ne représente que 6 % du chiffre d’affaire de l’entreprise américaine.

Jeff Clarke, le PDG de Kodak, a choisi Israël comme source d'inspiration pour transformer sa société.
Le « nouveau Kodak » se concentre sur l’impression numérique. Jeff Clarke, le PDG de la société Kodak, a été choisi pour relancer l'industrie.

Interviewé par The Marker, dans les locaux du centre de Recherche et Développement de Kodak à Petah Tikva, Clarke ne semble pas inquiet quant aux objectifs à atteindre.

Il explique comment la société va se moderniser, notamment en misant sur l’innovation, tout en préservant son image de marque historique.

Jeff Clarke s'est tourné vers Israël, car Kodak est à la recherche de nouvelles technologies et d’acquisition:

« Il y a 4 800 startups en Israël, c'est le second écosystème technologique mondial pour les startups technologiques après la Silicon Valley. Dans l’industrie de l’impression, il y a une véritable histoire qui s’est écrite en Israël, notamment grâce à des sociétés comme Indigo et Scitex. Je suis venu ici pour chercher des entreprises que nous pourrions utiliser pour rendre Kodak plus fort. »

« Je vais donc rencontrer une dizaine de starts-up spécialisées dans l’impression 3-D, la science des matériaux, les systèmes d’impression à jet d’encre, ou utilisant des encres spécialisées. Nous sommes également intéressés par des sociétés dans le domaine du logiciel, » affirme t-il.

Il poursuit en déclarant :

"Israël a beaucoup de choses à nous offrir. D'abord, notre centre R&D basé dans la région de Tel Aviv, mène le développement de logiciels pour notre département informatique.

Beaucoup de gens à San Francisco et à dans la Silicon Valley affirment que ‘les logiciels sont en train de dévorer le monde’ parce que les produits manufacturés sont peu à peu remplacés par des logiciels.

Nous avons une grande entreprise de logiciels et le coeur de son activité bat ici en Israël."

Caroline Haïat

Les Juifs de France prennent la parole

Hier après-midi, à Paris, la marche républicaine, a rassemblé plus de 4 millions de personnes. Les Juifs français ont témoigné pour justifier leur présence au rassemblement et exprimer leurs craintes face à la montée de l'antisémitisme en France. Certains croient encore en la France tandis que d'autres, ont évoqué leur tentation de quitter le pays pour un "avenir plus serein ailleurs". 

« Il n’y a pas que des Juifs dans notre cortège. Nous sommes une seule et même famille. Des hommes libres, contre toutes les formes de racisme », assure Nathalie Sitbon, 58 ans, en brandissant un dessin de Charlie Hebdo intitulé « L’amour plus fort que la haine ».

« On marche pour défendre la liberté d’expression et de la presse, mais aussi parce qu’on ne peut pas avoir peur d’être Juif en France. » Affirment Ruben et Rebecca Sabah, 27 et 28 ans.

Foi en la France

Avant la marche républicaine, Sacha Reingewirtz, le président de l'Union des Etudiants Juifs de France, avait exprimé sa confiance en les forces de la République. 'J'ai retenu une phrase du président", a-t-il déclaré:

'Aujourd'hui, la France, aujourd'hui Paris est la capitale du monde, la capitale de la liberté.'

"Quand on attaque des juifs, quand on attaque des journalistes, c'est la démocratie qu'on veut assassiner, c'est la République que l'on veut frapper.

Nous, les étudiants juifs de France, les Français, nous nous dressons. Nous marchons pour la République, nous avons confiance dans la force de la République pour notre avenir en France et notre message sera plus fort que la terreur."

L'antisémitisme subtil

Certains Juifs sont davantage pessimistes quant à l'antisémitisme en France. Selon Renée Borycki, 79 ans, les deux attentats ne sont pas sur le même plan dans l'imaginaire collectif, elle soulève l'antisémitisme latent : " Aujourd’hui, ça me fait mal au cœur qu’on ne crie que “Charlie”, dit-elle. Je n’ai pas entendu une personne qui a crié “Vincennes”. Pour moi, il y a deux poids deux mesures. On se sent comme si on n’était pas Français à part entière."

 

La peur et l'indignation des Juifs de France

"Est-ce normal de devoir faire un code pour rentrer dans la synagogue, cacher sa kippa sous une casquette, ou aller chercher ses enfants sur le perron de l’école en voiture ? Il faut que cela cesse », assure le couple Zeitoun, d’autant plus « choqués » qu’ils fréquentent le supermarché casher de la porte de Vincennes. « On aurait pu être sous les balles, comme les quatre Juifs décédés vendredi."

Viviane Cohen, 60 ans, conseillère à Pôle Emploi à Paris, raconte la « peur » au quotidien:

« Peur de mettre notre nom sur la boîte aux lettres, peur de donner notre adresse au taxi… », détaille-t-elle. Sur le Boncoin.fr, je me suis fait un compte avec un nom bien français, parce qu’avec un nom juif comme Cohen, j’ai peur. D’ailleurs, pour moi, la question revient souvent: est-ce que je donne mon nom ? »

Un antisémitisme installé

« L’antisémitisme ne vient pas seulement des musulmans radicaux mais aussi des catholiques intégristes. Cela ne changera jamais. Pas avec Marine Le Pen qui monte dans les sondages », rétorque Léa B, résignée.

Le dilemme du départ

Viviane ajoute: " L’atmosphère devient irrespirable en France. Je ne connais personne qui n’évoque pas un départ en Israël ou au Canada, ce qui était inconcevable il y a encore quelques années. Moi, ce qui m’arrête, c’est l’âge. C’est dur de refaire sa vie à 60 ans."

"On ne reconnaît plus la France de notre jeunesse ", souligne Brigitte Lévy, 56 ans. " Je suis Française depuis plusieurs générations, mais je ne sais plus si je reste ou si je m’en vais, soupire-t-elle. En Israël, il y a la guerre, mais on est protégés. En France, le gouvernement a été trop laxiste, il a laissé faire les choses. "

La solution à l'étranger? En Israël?

" Avant de venir à la manifestation, j’ai dit à mes deux enfants, ados : “préparez-vous à terminer votre scolarité ailleurs qu’en France” », lance une femme.

Nathan Guez, 17 ans, en terminale dans une école juive privée de Paris, envisage son départ:

« Je prévoyais depuis longtemps de rejoindre Israël après mon bac, pour vivre pleinement ma vie religieuse. Les attentats me confortent dans mon choix. Je pense que la vie est plus simple là-bas, car l’armée protège les Juifs et tout le monde est très solidaire."

Ruben et Rebecca Sabah se posent les mêmes questions:

« On a maintenant trois possibilités. Soit on reste ici et on vit avec la crainte constante de nouveaux attentats, soit on reste ici et on s’engage dans des associations pour essayer de faire changer les choses, soit on part à l’étranger, peut-être aux Etats-Unis. La fuite n’est pas forcément la meilleure solution car on se sent Français. On va voir comment la situation évolue dans les mois à venir avant de trancher. »

La France coûte que coûte:

« Nos familles ont payé un lourd tribut pour résister aux Nazis, on se doit de rester ici, tranchent Jacques et Léa B, alors que la foule entonne la Marseillaise. On est Français et Juifs.»

Caroline Haïat

L'HyperCasher de Vincennes: Netanyahu rend hommage aux victimes

Benjamin Netanyahu, le premier minsitre Israélien, s'est rendu à midi (11H00 GMT) sur les lieux de l'attentat de l'HyperCasher de Paris, dans lequel, quatre personnes ont été tuées vendredi, a annoncé à l’AFP l’ambassade d’Israël. 

Le chef du gouvernement de l’Etat hébreu, accompagné de son ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, a « rendu hommage » sur place aux victimes lors d’une brève et « sobre » cérémonie, « sans discours », a précisé une porte-parole.

Le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, se rend à Sarcelles pour venir en réconfort de la communauté juive. Il s’est rendu plus tôt dans une école juive de Montrouge, d’où était originaire l’une des quatre victimes, Philippe Braham.

Le propriétaire de l'HyperCasher a été blessé dans l'attentat. Son frère, Joel Walid, interrogé par le journal allemand Bild, rapporte : "Immédiatement après l’attaque il m’a dit : ‘j’ai survécu de justesse, plusieurs de mes employés et clients sont morts. Je ne peux plus rester à Paris. Je partirai pour Israël'."

Caroline Haïat

Farid Benyattou: un djihadiste en stage à la Pitié-Salpétrière

Farid Benyettou, 34 ans, l'ancien chef de la filière djihadiste des Buttes-Chaumont, a formé les frères Kouachi. Il a effectué un stage infirmier à la Pitié-Salpêtrière en décembre dernier et il vient d’être retiré du service, a appris l'AFP auprès de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Farid Benyettou, ex-gourou de la filière djihadiste du 19e arrondissement de Paris, était élève infirmier à l’hopital de la Pitié Salpétrière, il a été retiré du service le jour de l’attentat à Charlie Hebdo. « La situation de cet élève infirmier est régulière et connue, depuis le début de sa scolarité, tant par la direction de l'école où il est scolarisé, que par la police », a précisé l'AP-HP.

 « Lorsque nous avons appris l'identité des tueurs, nous avons contacté la préfecture de police pour vérifier qu'ils avaient bien M. Benyettou dans leur radar », raconte M. Hirsch.

« J'ai ensuite pris la décision vendredi matin de le retirer du tableau de service ». "Benyattou n'a jamais été dans un service où sont arrivés les blessés de Charlie Hebdo " précise t-il.

Il précise que " sur le plan de la scolarité, l'institut de formation n'a pas de reproche à lui faire. Dans la mesure où il a déjà effectué 80 % de son stage, il sera dispensé d'effectuer les derniers jours et il ne lui restera plus qu'à venir passer son examen dans le cadre de l'école."

Le retrait de Benyattou: une protection? Mais une protection pour qui?

"C'est une mesure pour le protéger et protéger l'ordre public, en raison de l'émotion que pourrait susciter sa présence », explique Bruno Riou, qui assure qu'il ne connaissait pas le passé judiciaire de son stagiaire.

Ce dernier est pourtant très inquiétant. Farid Benyattou a été condamné le 14 mais 2008 à six ans de prison ferme, dont quatre ans de sûreté pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, et pour son rôle dans une filière djihadiste qui s’occupait de recruter et de former au djihad.

Chérif Kouachi a été condamné dans le même dossier, et affirmait à l’époque que Benyettou lui expliquait que "c’était écrit dans les textes que c’est bien de mourir en martyr."

Une réinsertion normale pour le djihadiste ?

Sorti de prison en 2011, Farid Benyettou a intégré l’Institut de formation des soins infirmiers en 2012 (Ifsi). Matin Hirch, rappelle que "quelqu'un qui a purgé sa peine peut faire des études d'infirmier. Il n'y a pas de contre indication".

Une des collègues de formation de Farid Benyattou témoigne :

«On a commencé la formation le 6 février 2012, et on a su dès la première semaine qui il était : quelqu’un,dans la promotion, a tapé son nom sur Google, et un article du Monde de 2005 est sorti sur la filière du 19e. Il faut dire qu’il est super-populaire et qu’il a été élu délégué de promo au semestre 5. Il ramène des bonbons et des malabars à tous les cours. Il est gentil. Il rigole. »

Qu’est ce que le djihad pour Farid Benyattou ?

« Pour lui, c’est un aspect normal de sa vie poursuit sa collègue. Il dit qu’à l’époque, les médias ont vachement exagéré sur ce qui s’était passé. Il nous a expliqué qu’il ne faisait que donner des cours de religion, et qu’ensuite, ce n’était pas sa faute si des mecs allaient se faire péter là-bas [en Irak ou en Syrie]. » Elle ajoute : « il est contre tuer des civils ; seulement des militaires. D’après une copine, il fait la formation pour ensuite aller en Syrie soigner des blessés, mais je ne sais pas si c’est vrai. »

Qu’en est-il de son avenir ?

Selon l'AP-HP, "une condamnation portée sur le casier judiciaire interdit d'être recruté sur un emploi public, mais n’interdit pas de passer le diplôme, qui peut être valorisé dans d'autres lieux d'exercice que les établissements publics."

Karim Mameri, secrétaire général du conseil national de l'ordre des infirmiers, a affirmé à l'AFP que "pour être infirmier, il faut être inscrit à l'ordre des infirmiers. Le conseil décide de l'inscription en fonction de l'obtention du diplôme, de la moralité et de la probité du candidat. Au vu du passé de Farid Benyattou, c'est impossible qu'il puisse exercer ce métier en France un jour," a-t-il déclaré.

Quel était le lien entre Benyattou et Chérif Kouachi?

Chérif Kouachi rencontre Farid Benyettou, un agent d'entretien d'un an son aîné, au cours de l'été 2003 quand il commence à fréquenter la mosquée Adda'wa, dans le 19e arrondissement de Paris. Farid Benyettou donne alors ses propres cours de religion et se revendique du mouvement Takfir. Il sera le premier père spirituel de Chérif Kouachi, avant que celui-ci ne rencontre, en prison, son second mentor, Djamel Beghal.

L'avocat de Farid Benyettou, Christophe Grignard, a d'ailleurs expliqué sur France 2 que son client avait bien donné des cours de religion aux frères Kouachi, mais que les jeunes gens qui étaient partis combattre en Irak l'avaient fait de leur propre gré. 

Chérif Kouachi et son frère Saïd ont vite délaissé la mosquée pour mieux se radicaliser dans  l'appartement de Farid Benyettou, dont les diatribes haineuses visent avant tout les Etats-Unis et leur guerre en Irak.

Caroline Haïat

Vincennes: une tuerie de Juifs, pas de prise d'otages

rassemblement à Tel-Aviv pour les victimes des attentats en France

Vendredi dernier, à Paris, en 2015, un homme armé est entré dans un magasin casher et a tué 4 personnes, du seul fait qu'elles étaient juives. Il s'agit donc ici d'une véritable tuerie de Juifs  et non d'une prise d'otages comme annoncée par la plupart des médias. L'homme a abattu ses victimes dès son arrivée: aucune négociation, aucun échange n'étaient attendus en retour. 
Vendredi 9 janvier 2015, le live du Monde parle d’"otages" qui ont été tués, même s'il admet le caractère antisémite de l'attaque. Pourquoi parle t-on d'otages alors ?
L'homme armé a bien retenu des personnes dans le supermarché casher, mais il en a tué 4 d'emblée qui n'ont jamais été retenus "en otage" et c'est cela qui mérite d'être mis en avant.

Il faut également réfléchir sur ce que l’on subit, depuis trois jours, "en hommage" aux collaborateurs de Charlie Hebdo, présentés comme incarnant l’âme de la France.

On peut tout à fait être révolté par l’assassinat de ces hommes et femmes, et déterminé à combattre ceux qui les ont tués, sans pour autant se reconnaître dans les idées et le style de ce journal.

Ni même dans sa décision de publier des "caricatures" désignant les musulmans comme adeptes d’une foi intrinsèquement meurtrière.

Au lieu de répéter inlassablement dans la rue ou sur les réseaux sociaux "Je suis Charlie", au même titre que  "contre le sida" ou "pour le Téléthon", ne faudrait-il pas plutôt prendre conscience de la situation dans laquelle nous sommes et des dangers qui nous menacent ?

N’est-il pas temps de se mobiliser contre l’ennemi qui harcèle nos sociétés depuis les années 1990 ?

L’histoire a montré la tendance qu'ont les Français à se planquer en attendant que ça se passe.

"Je suis Charlie" traduit aujourd’hui une attitude de repli, quasi victimaire, avec laquelle on croit se donner bonne conscience en évitant les questions qui fâchent. Ce n’est pas cela qui fera peur aux djihadistes. Ça n'est pas la solution.

D'après le journaliste Patrick JARREAU

Caroline Haïat