Caroline Haiat

J'ai 23 ans, je suis originaire de la région parisienne et je viens de faire mon alyah à Tel-Aviv. Tout juste diplômée, je commence ma carrière de journaliste rédactrice. J'ai une formation littéraire, après avoir fait Hypokhagne/ Khagne, j'ai obtenu ma licence de lettres modernes et ma maitrise d'information-communication à la Sorbonne.
J'ai réalisé des stages dans le domaine rédactionnel en France et en Israël. Je porte un intérêt certain à l'actualité et à l'écriture, je me passionne pour la littérature romanesque et autobiographique et j'adore le cinéma.

Les articles de Caroline Haiat

La Belgique en état d'alerte djihadiste

La Belgique, est un des pays européens qui compte le plus de volontaires partis combattre en Syrie. L'islamisme radical est fortement présent à Bruxelles, Anvers et  Verviers.
Jeudi, une cellule djihadiste qui se préparait à tuer des policiers sur la voie publique et dans les commissariats a été démantelée à Bruxelles.  

Manuel Valls affirme qu'il n'y a aucun lien direct entre l'opération de Bruxelles et les attentats parisiens de la semaine dernière.

A Verviers, dans l’est du pays, trois hommes ont tiré à l’arme de guerre sur les policiers qui venaient les intercepter. Deux djihadistes ont été tués, le troisième a été arrêté.

Selon des données officielles, ces dernières années, 335 belges sont partis combattre en Syrie: 184 y seraient toujours, 50 sont morts et 101 sont revenus en Belgique.

Début 2013, la Belgique fut l’un des premiers pays européens à s'inquiéter de la menace djihadiste qui pèse sur l'Europe, notamment en raison des allez-retours des potentiels terroristes entre les pays européens et la Syrie ou l'Irak.

La Belgique a contribué à renforcer la coopération entre les pays d’Europe, d’Amérique du Nord, du Proche-Orient et d’Afrique du Nord les plus concernés par la menace terroriste. Elle se considérait cependant comme plus ou moins à "l'abri", mais après le 11 septembre 2001, le pays a réellement pris conscience du danger.

Pourquoi?  Car les assassins du commandant Massoud, chef de la lutte contre les talibans en Afghanistan, disposaient de faux passeports belges et de soutiens logistiques en Belgique.

Deux jours après l'attentat du World trade center, la police belge avait arrêté le Tunisien Nizar Trabelsi. Il projetait de faire un attentat-suicide au camion piégé contre une base militaire belge où des soldats américains sont chargés de garder des missiles nucléaires.

Depuis, la Belgique a renforcé ses lois anti-terroristes, sécurisé ses passeports et multiplié les démantèlement de réseaux. L'émergence à Anvers du groupuscule Sharia4Belgium a montré que la menace était bien réelle. 

Ce groupe s’est spécialisé dans l’envoi de volontaires pour la Syrie, a aussi menacé d’attaquer des lieux symboliques, comme le palais royal, et à réclamé l’instauration d’un « Etat islamique » en Belgique. Quarante-six des membres connaîtront mi-février le verdict du tribunal correctionnel d’Anvers, où ils sont jugés depuis l’automne pour terrorisme.

La plupart des jeunes qui partent faire le djihad sont originaires des zones paupérisées et à forte population d’origine immigrée d’Anvers et de Bruxelles, ou encore de Vilvorde. Verviers, épicentre de l’opération de jeudi, est très touchée par le radicalisme. 15 % de sa population est d’origine étrangère. Elle compte notamment des communautés tchétchènes et somaliennes.

Vendredi les écoles juives de Bruxelles et d’Anvers ont été fermées à cause de la menace aggravée qui pèse contre les cibles à haut risque.

Caroline Haïat

Les tweets de trop pour Jim Clancy le présentateur de CNN

Jim Clancy, l’un des célèbres présentateurs de CNN, a annoncé sa démission vendredi après avoir posté des tweets sur Israël et Charlie Hebdo qui ont fait polémique.

Le journaliste Jim Clancy qui travaille depuis 34 ans pour CNN, a posté sur tweeter des messages controversés sur Charlie Hebdo et sur Israël, selon le JTA. Il a démissioné vendredi à la suite d’une polémique.

Les tweets ont été postés le 7 janvier, jour de l’attentat contre Charlie Hebdo : « les dessins n'ont JAMAIS moqué le prophète. Ils ont juste tourné en dérision la façon dont les LÂCHES ont tenté de fausser sa parole. Faites attention», a-t-il écrit.

Ses propos ont ensuite pris une tout autre tournure aux yeux des internautes. Oren Kessler, de la Fondation pour la défense de la démocratie (FDD) lance à Jim Clancy que son analyse est fausse, Jim Clancy lui répond alors «Hasbara ?». Ce mot hébreu signifiant «explication» désigne la propagande et la communication déployées par l'Etat d'Israël pour diffuser son point de vue dans le monde…

Il demande par là à Oren Kessler s'il fait partie de ceux qui pratiquent la «Hasbara».

Durant le débat qui s'en est suivi, Clancy a déclaré que "les voix pro-israéliennes tentent de nous convaincre que les caricaturistes étaient vraiment islamophobes" .

Il a accusé plusieurs utilisateurs de Twitter de faire partie de la campagne de relation publique d'Israël. Il a aussi soulevé qu'Israël et les militants sionistes étaient indirectement responsables de l'attaque contre Charlie Hebdo.

Clancy a interpellé plusieurs internautes fustigeant la "Hasbara", dans des termes peu clairs qui mettaient également en cause les handicapés.

Jay Ruderman, président de la Ruderman Foundation Family qui s'occupe de la défense et de l'insertion des handicapés, a exigé des excuses de CNN et de Clancy pour ses propos contre les handicapés.

Les tweets sont-ils les seuls responsables de son départ ?

CNN s'est contentée de déclarer à TVNewser, sur le site adweek.com, que «Jim Clancy ne travaille plus pour CNN». "Nous le remercions pour plus de trois décennies de distingués services, et lui souhaitons le meilleur (pour l'avenir)».

Le reporter a adressé un mail à ses collègues : « après 34 ans chez CNN, l'heure est venue de dire adieu !», explique-t-il en rendant hommage à cette chaîne qui «a été une famille pour ma famille».

De 1982 à 1986 Jim Clancy a été le correspondant de CNN à Beyrouth, Francfort, Rome et Londres. Il a obtenu le prix George Polk pour ses reportages sur le génocide au Rwanda, le prix DuPont-Columbia pour sa couverture de la guerre en Bosnie et le Emmy Award pour ses reportages sur la famine en Somalie.

Caroline Haïat

Heinz: le géant du ketchup accusé de "tromper" les israéliens

Osem, le plus grand fabricant et distributeur du secteur agro-alimentaire d'Israël vient de lancer une campagne de communication pour déstabiliser Heinz, le géant des sauces. Selon Ynet, Osem a demandé le retrait des produits Heinz de la vente en Israël, car leur recette n'est pas conforme à celle du Ketchup.

Fondée en 1942, Osem construit sa première usine quatre ans plus tard à Bnei Brak, où elle produit des pâtes alimentaires et des flocons cuits au four selon une recette originale. En 1964, une succursale de restauration rapide est fondée à Holon. La même année, le produit phare de la compagnie est lancé: le Bamba. En 1970, la compagnie démarre la production d'aliments cuits au four. Elle produit également des potages et des sauces lyophilisés.

Dans un courrier adressé à l'importateur de Heinz en Israël, Nizan Goldberg, le PDG d'Osem Trade accuse l'entreprise de mentir aux consommateurs israéliens :

« Nous avons récemment découvert que le produit commercialisé sous la marque ‘Heinz 700g Ketchup’ ne contient que 21 % de concentré de tomates et non pas 61 % comme l'annonce l’étiquette."

Osem possède les deux tiers du marché du ketchup en Israël et Heinz, le dernier tiers.

On peut se demander pour quelles raisons Osem défend les intérêts du consommateur israélien?

Les distributeurs israéliens ont cependant refusé de retirer les produits Heinz de leurs rayons. Pour Rami Levy, seul le ministère de la Santé est en mesure de prendre cette décision.

« Le ketchup Heinz est reconnu comme du ketchup dans 130 pays, mais selon Osem ceci est illégal» a déclaré Diplomat Group, l'importateur d'Heinz en Israël.

Caroline Haïat

Alyah: en quoi Israël est-il une solution?

Depuis quelques jours je tourne comme une lionne en cage, le clavier me démange, des cris étouffés dans ma gorge ne sortent pas….

Comme tout le monde, je suis bouleversée par les évènements de la semaine dernière à Paris… Mes pensées sont avec vous, mes frères et sœurs Juifs de France, dans ces moments de deuil, de tristesse infinie et de rage…

Mais autre chose me travaille, et j’aimerai partager mes interrogations avec vous…

De manière prévisible, la réponse de tous face au drame et à l’horreur, est « Quittez la France! Venez en Israel! »

Certains sont dictés par un fervent idéalisme, d’autres le mettent au service de leurs intérêts politiques, mais tous sont clairement animés de bonnes intentions…

Cependant, si l’objectif est d’apporter une solution à la sécurité physique des Juifs de France, j’aimerai bien comprendre en quoi Israël constitue une solution ?

A-t-on déjà oublié les sirènes de la derniere guerre qui nous ont obligé à nous refugier dans les abris ? Ou les bus qui menacent d’exploser sans crier gare à n’importe quel moment de la journée ? Et la menace chimique ? Aurait-on la mémoire si courte ? Aurait-on déjà oublié la menace permanente pointée sur Israël ?

Depuis quand Israël est-il devenu une solution aux problèmes de sécurité des Juifs ? S’il y a bien un pays assis sur une bombe a retardement, c’est bien Israël…

Alors pourquoi l’envisager comme une option de refuge ? Pourquoi entretenir l’illusion que si l’on change les repères géographiques, le problème sera résolu ? Pourquoi faire croire aux Juifs de France que leurs enfants seront sains et saufs en Israël ?

Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas ici de sécurité physique, mais bel et bien de la place identitaire et existentielle des Juifs dans le monde.

Quand un Juif meurt d’un accident de la circulation – en Israël ou ailleurs – c’est triste, mais on l’accepte parce que…. c’est la vie….
Quand un Juif meurt assassiné parce qu’il est Juif, ce n’est pas qu’un humain qui meurt, c’est une partie du peuple qui est assassinée avec lui.

Israël est, certes, le pays des Juifs, mais Israël n’est pas le pays oύ les Juifs sont en sécurité.

Juifs de France…si vous décidez de faire votre Alya, je serai la première à soutenir votre décision ! Mais de grȃce, ne la prenez pas dans la panique, ne la prenez pas avec le couteau sous la gorge, ne la prenez pas car vous pensez que vous n’avez plus le choix…

Prenez-la parce que vous êtes fiers d’être Juif, prenez-la parce que vous désirez faire partie de cette unique expérience historique que représente notre peuple sur sa terre ! Prenez-la parce que vous voulez participer à ce miracle vivant depuis longtemps annoncé ! Prenez-la parce que vous voulez recoller les morceaux de votre âme et pouvoir respirer librement en tant que Juif…

Nombreux sont ceux qui attribuent à Israël le rôle de Lumière des Nations… Mais peut-elle éclairer si elle-même n’est pas consciente de sa lumière ?

Les Islamistes du monde Arabe ainsi que les Chrétiens de l’establishment occidental tremblent de voir cette lumière illuminer le monde… Aurions-nous peur de nous aveugler nous-même ? Aurions-nous oublié ce qu’est guider le monde ?

Israël nous offre, à nous individus et à nous peuple Juif, la possibilité de ré-écrire notre Histoire et d’en reprendre pleinement possession.

Notre Histoire qui a été si souvent bafouée… Aujourd’hui, pour la première fois depuis si longtemps, au lieu de fuir en avant et de prendre ses jambes à son cou, nous avons la possibilité de lever la tête et de marcher droit vers notre destin de peuple, intimement lié à celui de ce pays, à celui de cette terre.

Alors de grȃce, sans panique ni drame… Prenez le temps de vous regarder dans la glace et de décider si vous êtes prêts pour cette aventure fabuleuse qui vous est offerte, celle de vivre sur notre terre en tant que peuple dans sa propre identité.

Si oui, ne vous perdez pas en illusion que vous serez plus en sécurité en Israel…mais soyez convaincus que vous serez plus proche de votre identité, et ça c’est déjà énorme !

Nathalie Garson

Depuis 10 ans en Israël, Nathalie a servi comme Directrice Marketing aussi bien dans des grands groupes globaux de High tech, des Start Up en Venture Capital. Aujourd'hui Nathalie est consultante en Business Strategie, agréée du Misrad Haklita, et intervenante auprès du Gouvernement et de nombreuses associations pour Olim Hadashim. Elle est également à la tête d'Entreprendre Israël qui propose de l'aide aux entrepreneurs français qui désirent délocaliser leurs entreprises ou faire des affaires en Israël.

Les sanctions contre l'apologie du terrorisme s'appliquent pour la première fois !

Depuis une semaine, 54 personnes ont été interpellées par la police : 37 pour apologie du terrorisme et 17 pour menaces verbales. Plus de six condamnations ont été prononcées depuis le 9 janvier, pour « apologie publique d'actes de terrorisme ». Les peines ont été prononcées en comparution immédiate à Valenciennes, Toulouse, Toulon et Reims ; elles vont de trois mois à quatre ans de prison ferme.

Retour sur les principales condamnations

Valenciennes : 4 ans ferme

Un homme de 34 ans, arrêté en état d'ivresse après un accident de voiture, faisait l’apologie d'actes terroristes : « Il devrait y en avoir plus des Kouachi. J'espère que vous serez les prochains (...). Vous êtes du pain bénit pour les terroristes », avait-il dit aux policiers.

En plus des quatre ans d'emprisonnement, il est condamné à une annulation de son permis de conduire pendant deux ans et à une interdiction de ses droits civils et familiaux pendant trois ans.

Reims : un an ferme

Un jeune homme, 21 ans, sans emploi, a été arrêté dimanche matin après un accident de la route. Il avait déclaré à la police: « Je suis bien content que vos collègues se soient fait rafaler à Paris. » Sur son casier judiciaire figurent huit mentions pour dégradation par incendie et vol aggravé. Il était sorti de prison le 10 novembre. Quatre mois de révocation d'un sursis s’ajoutent à sa peine d’un an.

Toulouse : 10 mois ferme

Un jeune de 21 ans voyageant sans titre de transport avait crié aux contrôleurs: « Les frères Kouachi, c'est que le début, j'aurais dû être avec eux pour tuer plus de monde. » Sa peine a été alourdie de deux mois par révocation d'un sursis accompagnant une précédente peine. L'homme avait déjà été condamné à trois fois par la justice et faisait l'objet d'un sursis avec mise à l'épreuve qu'il ne respectait pas, précise La Dépêche.

Vesoul : huit mois ferme

Un homme de 49 ans a contacté dimanche les gendarmes depuis une cabine téléphonique de Marnay, en menaçant de faire sauter au lance-roquette la gendarmerie de de Vesoul et la préfecture de Haute-Saône. Il a été condamné à huit mois de prison ferme par le tribunal de Vesoul, sans mandat de dépôt.

Toulon : trois mois ferme

Un homme de 27 ans, habitant à La-Valette-du-Var, a publié sur Facebook des photos de djihadistes, ainsi que :« On a bien tapé, mettez la djellaba, on ne va pas se rendre, il y a d'autres frères à Marseille. » Arrêté par des policiers agissant sur dénonciation, il a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Toulon à un an de prison, dont trois mois ferme pour apologie d' acte terroriste. Le juge n'a pas prononcé de mandat de dépôt et l'homme est ressorti libre, sa peine devant être aménagée.

Qu’en est-il de la loi antiterroriste ?

La loi de novembre 2014 sur « la lutte contre le terrorisme », s’applique pour la première fois aujourd'hui. Elle inscrit le délit d'apologie d'un acte de terrorisme au code pénal, avec la possibilité de passer en comparution immédiate devant la justice. Avant la création de cette loi, la provocation et l'apologie des actes terroristes étaient considérés comme de simples délits de presse, relevant de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 (article 24).

La loi sur le terrorisme de 2014 comprend des peines plus lourdes : de cinq ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende au maximum, elles ont été portées à sept ans et 100 000 euros quand les faits sont commis sur Internet.

Cependant, cette loi ne contredit pas la loi Taubira du 15 aout 2014, qui ne concerne que les personnes condamnées à « des peines de prison avec sursis et mises à l’épreuve ou ayant commis un délit pour lequel une peine d’emprisonnement inférieure ou égale à 5 ans est encourue. Au-delà de 2017, elle sera applicable à l’ensemble des délits." d'après Vie-Publique.fr.

 Caroline Haïat

HyperCasher: la Légion d'honneur et la nationalité française pour Lassana?

Dimanche 11 janvier, une pétition a été lancée pour attribuer la nationalité française et la Légion d’honneur à Lassana Bathily, le jeune malien qui a sauvé les Juifs pris au piège dans l’HyperCasher. 260.000 signatures ont déjà été recueillies. C’est Thiaba Bruni, porte-parole du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) qui est à l’origine de la pétition. Il souligne que Lassana Bathily "a éclairé une semaine qui, autrement, aurait été totalement enténébrée".

 

Depuis l’attentat de l’HyperCasher de Vincennes vendredi dernier, Lassana Bathily, jeune malien musulman, employé du magasin depuis quatre ans, est considéré comme le « héros » des otages.

Alors qu’il remplissait les congélateurs de surgelés, Coulibaly fait irruption, Lassana décide alors de cacher plusieurs personnes dans la chambre froide, ce qui leur sauvera la vie:

"Je suis allé au congélateur, j'ai ouvert la porte", raconte le jeune homme sur BFMTV. "Plusieurs personnes sont entrées avec moi. Il y avait quelqu'un avec un enfant de deux ans. J'ai éteins la lumière, j'ai fermé la porte, je leur ai dit de rester calmes, et je suis sorti".

Thiaba Bruni rappelle que, lorsqu'il a pu sortir du magasin, Lassana a d'abord été menotté car suspecté d'être complice, avant de pouvoir aider la police.

Un exemple de fraternité

"Mais l'histoire de Lassana est aussi une formidable leçon sur les bénéfices de l'entraide et de la fraternité, ce qui est le sens profond de toute vraie religion", a t-il dit en s’adressant à François Hollande.

"Je suis musulman, pratiquant. Et oui, j'ai aidé des juifs. On est des frères", a-t-il encore déclaré. "Ce n'est pas une question de juifs, de chrétiens ou de musulmans, on est tous dans le même bateau" a témoigné Lassana sur BFM TV

Bientôt naturalisé?

Beaucoup de personnes souhaiteraient qu’il soit décoré: "il a sauvé la vie à 15 personnes, c'est hors du commun et ça mérite une Légion d'honneur", affirme Thiaba Bruni.

Lassana Bathily pourrait également obtenir la nationalité française, qu'il avait demandée bien avant l’attentat de l'HyperCacher. "On dit souvent que la nationalité française se mérite", relève Louis-Georges Tin, président du Cran. "Je trouve qu'il la mérite amplement, sinon ce serait à désespérer du politique. Il n'y a pas de débat, il doit l'obtenir" affirme t-il.

Les politiques se sont mobilisés pour appuyer cette demande. Raquel Garrido, la porte-parole du Parti de gauche, a notamment utilisé tweeter:

"Tellement honorée d'être avec Lassana Bathily qui mérite en urgence la nationalité française pour faits de bravoure."

Caroline Haïat

La tentation du départ, le dilemme des Juifs d'Europe?

D'après une enquête publiée hier, près de la moitié des Juifs du Royaume-Uni craignent pour leur avenir. Le sondage organisé par la Campagne contre l’antisémitisme auprès de 2 230 Britanniques d’origine juive le prouve: 45 % estiment ne pas avoir d’avenir en Grande-Bretagne et 58 % en Europe.

Un quart des personnes interrogées ont envisagé de quitter le Royaume-Uni depuis ces deux dernières années.

« Les résultats de notre enquête révèlent une prise de conscience choquante qui intervient juste après les atrocités de Paris », estime Gidéon Falter, le président du CAA.

Il a ajouté: « l’antisémitisme va croître et les Juifs britanniques vont arriver à s’interroger sur leur place dans leur propre pays ».

2014 a été l’année où le plus grand nombre d’incidents antisémites ont été enregistrés par la police britannique depuis 30 ans. Selon elle, les actes antisémites ont plus que doublé dans la capitale en un an, de novembre 2013 à novembre 2014 que l’année précédente.

Un quart des 3 411 personnes interrogées dans le cadre de l'enquête faite par le site YouGov pour le compte du CAA, estiment que les Juifs gagnent plus d’argent que les autres; 17 % qu’ils ont trop de pouvoir dans les médias et 13 % qu’ils évoquent l’Holocauste pour attirer la sympathie.

Caroline Haïat

Les femmes ultra-orthodoxes envahissent le secteur du High-Tech

L'entreprise Matrix Global emploi un grand nombre de femmes ultra-orthodoxes dans son pôle informatique, rapporte Haaretz. Créée il y a dix ans, la société propose des services offshore et nearshore à des entreprises en Israël et en Europe de l’Est pour des prix très concurentiels. 

Chez Matrix Global, 900 femmes religieuses travaillent en tant que programmeurs et donnent des services technologiques aux entreprises comme Nice Systems, Kenshoo, Teva, eBay, EMC et Texas Instruments, ainsi que des organismes gouvernementaux et des institutions financières.

Matrix Global est basée à Modiin Ilit, entre Tel-Aviv et Jérusalem. L'entreprise dispose d'un gan qui accueille les enfants pendant que leurs mères sont sur ordinateur. Les pères récupèrent les petits dans l'après-midi, tandis que leurs épouses continuent de travailler.

D’autres entreprises comme Matrix Global Modin se sont développées, essentiellement à côté des lieux de vie des Haredim. En 2006, un centre d’appels a été mis en place à Beit Shemesh. En 2010, Matrix Global a ouvert des bureaux à Petah Tikva et à Haïfa. Un centre a également été ouvert à Tel-Aviv en 2012. Dans le nord d’Israël, Matrix Global emploie une cinquantaine de femmes druzes.

La société Matrix Global a été pionière dans l’intégration sur le marché de l’emploi des juifs ultra-orthodoxes en général et des femmes ultra-orthodoxes en particulier.

Désormais, il est fréquent de voir des employés ultra-orthodoxes dans le secteur high-tech et l’on rencontre de plus en plus de Haredim à des conférences et des événements consacrés à l’univers des start-ups.

Global Matrix a néanmoins été la cible de nombreuses critiques.
Notamment du fait que la société "exploiterait" les femmes ultra-orthodoxes rémunérées seulement aux deux-tiers des salaires du secteur.

L'entreprise se justifie cependant, elle embauche des travailleurs inexpérimentés et investit dans leur formation. De plus, les journées de travail sont plus courtes que ce qui ce fait habituellement dans l’industrie.

Global Matrix reçoit une subvention du gouvernement d’environ 1000 shekels par mois pour chaque femme qu’il emploie. Ce soutien est valable, à condition d'une augmentation constante de la main-d’œuvre.

Cependant, sans ce financement, la société ne pourrait pas offrir des tarifs compétitifs par rapport à l'Asie, l' Europe de l’Est ou l'Amérique latine.

Caroline Haïat

HyperCasher: un otage goy témoigne

Un homme de 67 ans, haut fonctionnaire à la retraite, a témoigné à l'AFP le cauchemar qu'il a vécu vendredi lors de la tuerie à l'HyperCasher de Vincennes. I

Il relate la terrible attente, la peur et l'impuissance face à l'agonie d'une des victimes et d'un tueur déterminé.

Vendredi, cet homme, qui est un client occasionnel du supermarché casher, venait acheter du houmous: "j'étais dans le fond du magasin quand j'ai entendu une détonation."

De par son expérience des pays en guerre, il comprend d'emblée "au bruit caractéristique que fait la Kalachnikov", qu'une prise d'otages a lieu dans le magasin. "Puis ça a été la panique, les gens se sont précipités vers un escalier en colimaçon qui menait au sous-sol" dit-il.

L'homme se  réfugie alors dans une des chambres froides. La pièce fait 10 m2, elle est encombrée de colis. Une femme et son nourrisson s'y sont réfugiés. La température est de -5° mais cela n'impressionne pas notre homme, qui a connu -40° en Sibérie.

Une demi-heure plus tard, un otage descend pour dire: "Remontez tous sinon il tue tout le monde."

"J'ai hésité. Puis je me suis dit tant qu'à faire je préfère mourir à l'air libre plutôt que dans une cave". 

Il décide donc de remonter, en haut de l'escalier, il tombe "sur le cadavre du malheureux qui avait essayé de prendre l'arme du terroriste. Il gisait dans une mare de sang, visage contre terre".

"Venez, monsieur", lui dit Amédy Coulibaly. Il rejoint alors une douzaine d'otages, regroupés dans le rayon alcools et produits de luxe comme le foie gras. "Il m'a effleuré que je pourrai, avant de mourir, en manger" confie l'homme.

"J'étais en face de trois cadavres, à l'entrée du magasin. Deux étaient face contre terre, baignant dans leur sang. Mais le plus pénible, c'était de voir qu'il y en avait un troisième, agonisant contre le mur. Il avait perdu conscience mais il hoquetait encore..."

Le djhadiste aurait proposé de l'achever mais les otages l' en ont dissuadé. Il a ensuite demandé à chaque personne de lui donner nom, âge, profession et origine. "J'ai dit: "français". Il m'a demandé: "catholique?". J'ai dit oui."

"Pour lui, l'origine c'était forcément la religion. Or réduire quelqu'un à sa religion, c'est le summum du racisme", souligne l'homme serviteur de l'Etat, qui a vécu dans des pays musulmans.

Le jihadiste a fait des "va et viens" dans le fond du magasin car il craignait l'intervention de la police. Il a également confisqué les portables des otages et a passé de nombreux coups de fil, dont un à BFMTV.

"Il nous a dit que c'était lui qui avait tué la policière de Montrouge, qu'il s'était coordonné avec les frères Kouachi et qu'il avait été obligé de passer à l'attaque plus vite que prévu" déclare l'homme.

Quelles étaient ses revendications? 

"Il s'est mis à pérorer". Invoquant "la loi du Talion" et le désir de "vengeance", il a évoqué les persécutions dont sont victimes les musulmans, "de la Birmanie jusqu'au Mali en passant par la Palestine et la Syrie", raconte l'otage.

"Ce qui m'a frappé, c'est qu'il parlait des persécutions des musulmans en Birmanie par les bouddhistes: c'est pointu. On voyait que c'était un militant, pas un amateur. Ça se voyait à sa façon de manier les armes".

Certains ont tenté d'échanger avec le djihadiste, tandis que notre homme n'a pas voulu prendre de risques: "Je suis resté dans mon coin à essayer de faire le vide en moi, en attendant que ça passe."

Après de longues heures d'attente, c'est le dénouement.

"Je vois le rideau se soulever, je me couche par terre, avec mon sac sur la tête. Coulibaly se précipite vers la sortie principale..." décrit l'homme.

Il est ensuite conduit à l'Hotel Dieu avec les autres otages. Un cadre de la communauté juive lui demande s'il a besoin d'aide. Il répond qu'il va bien et qu'il n'est pas juif.
Puis, se reprenant: "Je ne suis pas juif, mais, aujourd'hui, je me sens terriblement juif."

Dimanche, il a participé à la marche républicaine avec sa femme.

Caroline Haïat

Les mesures anti-terrorisme de Manuel Valls

Hier, après l’hommage rendu aux 17 victimes des attentats de la semaine dernière, Manuel Valls a appelé à prendre «des mesures exceptionnelles» face à la menace terroriste en France, dans un discours poignant et juste.

Quelles sont ces mesures ?

Renforcer les services du renseignement intérieur et de la juridiction antiterroriste
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Le Premier ministre a promis de renforcer les moyens humains et matériels des services chargés du renseignement intérieur. Il a précisé que le dispositif français, pour instaurer un système européen sur les échanges des données des passagers aériens, serait "opérationnel" en septembre. Ce système, dit PNR, est actuellement gelé au Parlement européen.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, est chargé de faire des propositions « dans les huit jours » concernant le contrôle d'Internet,  et des "réseaux sociaux, plus que jamais utilisés pour l'embrigadement, la mise en contact et l'acquisition de techniques permettant de passer à l'acte."

- Prendre des mesures préventives contre la radicalisation


L'ouverture d'un fichier regroupant les personnes à risques, susceptibles de provoquer des attaques, " obligera les personnes condamnées à des faits de terrorisme ou ayant intégré des groupes de combat terroristes à déclarer leur domicile et à se soumettre à des obligations de contrôle."

Aujourd'hui, les personnes soupçonnées de terrorisme dans le cadre d'une enquête judiciaire,  figurent dans le fichier des personnes recherchées avec la fiche Sûreté de l'Etat. Christianne Taubira et Bernard Cazeneuve doivent néanmoins "étudier les conditions juridiques de mise en place" du nouveau fichier.

-  Mettre en place des "quartiers spécifiques" en prison

Des "quartiers spécifiques" seront créés dans les prisons d'ici 2015. Les détenus considérés comme radicalisés y seront placés et feront l'objet d'une surveillance accrue. Manuel Valls a déclaré vouloir « accroître nos efforts » pour renforcer l'action des services de renseignement de l'administration pénitentiaire.

- Développer le renseignement au sein de la Protection judiciaire de la jeunesse

Manuel Valls veut créer « au sein de la direction de la PJJ une unité de renseignement ». « Une formation de haut niveau sera dispensée aux services de la PJJ ». Christiane Taubira est chargée de faire des propositions « dans les jours qui viennent ».

Christian Jacob, le chef des députés, a quant à lui estimé que, si nécessaire, il faudrait "restreindre les libertés publiques et la liberté individuelle de quelques-uns". Il a également prôné  "le placement en centres spéciaux de détention ou en prison" de ceux qui reviennent du djihad.

Caroline Haïat