Caroline Haiat

J'ai 23 ans, je suis originaire de la région parisienne et je viens de faire mon alyah à Tel-Aviv. Tout juste diplômée, je commence ma carrière de journaliste rédactrice. J'ai une formation littéraire, après avoir fait Hypokhagne/ Khagne, j'ai obtenu ma licence de lettres modernes et ma maitrise d'information-communication à la Sorbonne.
J'ai réalisé des stages dans le domaine rédactionnel en France et en Israël. Je porte un intérêt certain à l'actualité et à l'écriture, je me passionne pour la littérature romanesque et autobiographique et j'adore le cinéma.

Les articles de Caroline Haiat

Un homme menace des soldats devant un lycée juif

Cette nuit, un homme a été interpellé pour avoir menacé des militaires en faction devant un lycée juif de Montreuil. Selon la police, l'homme faisait l'apologie des attentats parisiens. 

Un homme de 27 ans a été interpellé cette nuit vers 01h30 du matin dans le quartier Jules Verne à Montreuil, pour avoir menacé deux soldats qui protégeaient le lycée juif Ort.

D'après le témoignage des soldats, l'homme se serait arrêté en voiture devant le lycée peu après 18H00 et leur aurait dit: "Ca fait quoi une balle de kalachnikov dans la tête, ça saigne?"

La police a néanmoins indiqué qu'"il n'y a pas eu d'exhibition d'arme".

L'individu, connu pour des petits délits, a été placé en garde à vue au commissariat de Montreuil.

Y a t-il un lien avec l'incident qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche?

Deux soldats en faction devant un collège juif du Raincy s'étaient sentis menacés par des hommes qui semblaient manier une arme. L'un d'eux aurait tiré vers l'arrière la culasse d'une arme comme s'il allait faire feu, alors que les soldats s'approchaient de leur véhicule.

Caroline Haïat

Avec AFP et Alliance

Un Juif agressé au Pré Saint Gervais par trois mineures

Selon le BNVCA, informé par un témoin, hier un jeune juif de 13 ans a été aspergé de gaz par trois jeunes filles décrites comme mineures et d'origine maghrébine. L'adolescent portait la Kippa et les franges de son talith à son vêtement.

L'agression a eu lieu hier, vers 18H40 au Pré St Gervais (93). Après avoir aspergé de gaz le jeune juif, les 3 jeunes filles se sont enfuies.

Le jeune garçon, blessé, aveuglé et brûlé au visage,a immédiatement été conduit à la pharmacie du Centre Commercial Babylone, pour recevoir les premiers soins.

Il aura fallu prés de 30 minutes pour calmer les brûlures et les douleurs du blessé.

Le BNVCA a recommandé aux parents de déposer plainte et demande que tout soit mis en œuvre pour identifier les auteurs.

Selon le BNVCA, la situation est de plus en plus insupportable. Un enfant de 13 ans en âge de célébrer sa bar mitsva n'a pas connu autre chose que ce climat d'insécurité antisémite.
Les faits confirment que s'il peut exister du racisme et de l'islamophobie, il n'est pas le fait des membres de la communauté juive. Par contre, depuis 15 ans, l'antisémitisme est majoritairement commis par des individus qui prétendent souffrir de racisme.

Caroline Haïat

Coulibaly "contrôlé" 10 jours avant l'attentat de l'Hypercasher

Selon le Canard Enchaîné, la police a contrôlé le terroriste Coulibaly 10 jours avant l'attentat de l'HyperCasher le 9 janvier dernier, avant de le relâcher.

 

Coulibaly a été arrêté par les policiers le 30 décembre dernier, pour un contrôle de routine. C'est vers 11H30, que la police arrête une une Seat Ibiza, avenue Simon-Bolivar dans le 19e arrondissement de Paris, non loin de la cellule djihadiste des frères Kouachi. A bord de la voiture, se trouvent Coulibaly et sa compagne Hayat Boumedienne, actuellement recherchée par la police.

Le journal précise que, Coulibaly présente une attestation de réussite à l'examen du permis de conduire qu'il a obtenue une dizaine de jours avant. En consultant le fichier des personnes recherchées, les policiers découvrent que son nom fait partie de la liste en raison "d'appartenance à la mouvance islamiste".

Y a t-il eu des failles dans le contrôle policier? 

Le Canard enchaîné, précise que la procédure PJ02 demandant d’en savoir plus sur l’individu sans éveiller de soupçon aurait dû être enclenchée. La police a cependant averti sa hiérarchie ainsi que les services de l’antiterrorisme qui n'ont pas réagit.  L'attentat de l'HyperCasher aurait-il donc pu être évité si les services avaient fait preuve de plus de vigilance?

Comment peut-on relacher un individu fiché comme potentiellement dangereux?

Au moment du contrôle, Coulibaly et sa compagne se rendaient en Espagne. Hayat Boumedienne a ensuite rejoint la Turquie le 2 janvier depuis Madrid, tandis que Coulibaly se rendait à Paris.

Les complices de Coulibaly

Par ailleurs, quatre hommes agés de 22 à 28 ans ont été mis en examen dans le cadre de l'enquête ouverte après les attentats de Paris, a annoncé ce matin le procureur de la République de Paris, François Molins. Il s'agit de  Willy P., Christophe R., Tonino G. et Michaël A.

Les quatre individus écroués, et poursuivis pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes", sont suspectés d'être venus en aide à Amedy Coulibaly, qui avait tué une policière ainsi que quatre juifs à l'HyperCasher de Vincennes le 9 janvier dernier.

Qui sont-ils?

-Christophe R. a été condamné à six reprises entre 2007 et 2009.

-Willy P. a été condamné cinq fois pour des vols agravés, conduite sans permis et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et rebellion.

-Michaël A. a été condamné à trois reprises entre 2009 et 2011, pour trafic de stupéfiants. Il est sorti de détention en mai 2013 et aurait rencontré Amedy Coulibaly lors de sa dernière incarcération, selon le procureur de Paris.

Willy P., Christophe R. et Tonino G auraient acheté du matériel d'armurerie pour Amedy Coulibaly. Le matériel était chez Christophe R. jusqu'au 1er janvier. Deux factures ont également été retrouvées, dont une au nom de Tonino G.

De plus, on a retrouvé l'ADN de Michaël A. sur des armes qui étaient au domicile d'Amedy Coulibaly. En quatre mois, 362 messages et 13 appels ont été échangés entre Michael A et Coulibaly selon le parquet.  La veille de l'attentat de Charlie Hebdo, ils se sont téléphoné à  18 reprises.

Caroline Haïat

HyperCasher: Lassana est désormais français

Hier, Lassana Bathily, le jeune malien de 24 ans qui avait sauvé des juifs lors de la tuerie de l'HyperCasher le 9 janvier, a été naturalisé français. La cérémonie a eu lieu à 18H30 au ministère de l'Intérieur. 

 

C'est Manuel Valls qui a remis la nationnalité française à Lassana Bathily, tout en saluant son "acte de bravoure". Le jeune homme est considéré comme un héros, pour avoir montré un courage et un sang froid exceptionnels lors de la prise d'otage de l'HyperCasher le 9 janvier dernier.

En cachant des juifs pour les protéger du terroriste Coulibaly, Lassana est devenu "le symbole d'un islam de paix et de tolérance", à en croire les dires de Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur. "C'est un de ces hommes dont le courage, le sang-froid, l'altruisme se révèlent dans les moments de grands périls", a t-il ajouté.

Lassana, un homme modeste

Malgré les éloges qui lui sont prodiguées depuis l'attaque, Lassana n'a pas pris la grosse tête. Bien au contraire, il fait preuve d'une immense modestie: "Les gens me prennent comme un héros, mais je ne suis pas un héros", a t-il répondu après avoir reçu son passeport français.

"Mon coeur a parlé et m'a fait agir", a-t-il déclaré. Pour le jeune homme, il n'y a "pas de question de communauté". Lassana a ensuite salué la France, "pays des droits de l'Homme" et "pays d'accueil".

A la joie de devenir français se mêle la douleur d'avoir perdu un proche. Lors de sa prise de parole, Lassana évoque le souvenir de son collègue et ami, Yohan Cohen, tué par Coulibaly lors de l'attaque : «J’ai perdu quelqu’un que j’aimais beaucoup».

Si la plupart des français considèrent que Lassana est un véritable héros, certains continuent d'affimer qu'il n'a caché personne et qu'il ne mérite pas une telle médiatisation. A en croire le témoignage de certains otages, Lassana n'est pas le seul héros de l'histoire, d'autres ont également agit "dans l'ombre".

Le journal Dreuz rapporte le témoignage de Rudy H, un des otages, qui avait travaillé à l'HyperCasher et connaissait donc bien la configuration des lieux. Sa parole contredit celle de Lassana:

« comme je connaissais un peu le magasin,  je connaissais un peu la cave ou la réserve. Donc on est descendu, il y a plusieurs personnes qui m’ont suivi… »

Selon Rudy, ce n'est pas Lassana qui a pris l'initiative d'éteindre la lumière et le congélateur, mais des clients cachés dans les frigos qui le lui ont demandé de le faire.

Lassana affirme quant à lui: " Quand ils sont descendus en courant, (…), j’ai ouvert la porte [de la chambre froide]. Il y a plusieurs personnes qui sont rentrées avec moi. J’ai éteint la lumière, j’ai éteint le congélateur. (…) Quand j’ai éteint la chambre, je les ai mis dedans, j’ai fermé la porte, j’ai dit vous restez calmes là, moi je vais sortir."

Qui croire? La naturalisation de Lassana est-elle pleinement méritée?

Caroline Haïat

Belgique: bouc émissaire car juive, elle quitte son lycée

Le journal belge Le Vif relate qu' une adolescente de 15 ans, a été contrainte de quitter son lycée à Laeken car elle était la cible constante de remarques antisémites. Etonnement, c'était la dernière élève juive de l'établissement scolaire. 

L' adolescente a quitté le lycée Emile Bockstael au moment de la rentrée des classes en septembre dernier.

Elle était le bouc émissaire de ses camarades, qui n'hésitaient pas à la harceler et à tenir des propos antisémites à son égard. La mère de la jeune fille témoigne:

"Moi-même, j'ai fait mes études à Bockstael. On était davantage de juifs, il n'y avait pas de problème. Aujourd'hui, j'en arrive à me culpabiliser de l'avoir laissée dans cette fosse aux lions."

Le climat antisémite qui règne depuis quelques temps, n'a fait que conforter le choix de la jeune fille de quitter le lycée. Après la minute de silence observée par sa classe après la tuerie du musée juif de Bruxelles, un jeune homme avait posté sur son mur Facebook : "Si j'avais été là, j'en aurais tué plus." Il a été renvoyé sur-le-champ.

L'adolescente etait régulièrement menacée et insultée, elle a reçu pas moins de 288 messages d'insultes de la part d'autres élèves mais aussi de personnes qu'elle ne connaissait pas. 

"La jeune fille a subi une double peine", soupire Joël Rubinfeld, le président de la Ligue belge contre l'antisémitisme.

"Elle a dû quitter l'école et elle est réduite au silence. C'est un drame humain pour elle comme pour ses parents. Sur le plan collectif, c'est aussi un symbole: l'athénée Emile Bockstael est désormais judenfrei, il n'y a plus d'élèves juifs."

Les faits sont là, mais on peut se demander pourquoi l'affaire éclate quatre mois après? Pour quelles raisons la presse belge révèle t'elle les faits 10 jours après la tuerie de l'HyperCasher et après le démantèlement d'une cellule djihadiste à Bruxelles?

Depuis les attentats de Paris, les annonces d'actes antisémites ou d'attaques déjouées ne cessent de se multiplier.

Les attentats ont-ils joué un rôle moteur dans la révélation d'actes qui, auparavant, étaient passés sous silence, ou au contraire participent-ils à créér une paranoia collective?

Comme le rappelait le directeur du collège juif du Raincy, l'antisémitisme est bien là mais il faut être prudent et ne pas tomber dans la psychose.

Le Figaro relatait ce matin, qu'un attentat antisémite avait été déjoué à Lyon à la mi septembre.

Caroline Haïat

E'had: le premier supermarché low-cost ouvre à Raanana

Le premier supermarché low-cost E'had a ouvert à Raanana. Cofix avait déjà lancé le café à 5 shekels, il continue dans sa logique de l'alimentaire à bas prix! 

 

Le premier supermarché low-cost ouvre à Raanana, trois autres devraient ouvrir prochainement. Dans ce magasin low-cost les grandes enseignes que certains jugent responsables de la hausse des prix alimentaires en Israël ne figureront pas dans les rayons!

Les clients pourront trouver uniquement des produits de la marque du magasin. La direction d’E'had affirme cependant qu'elle a sélectionné des produits au meilleur rapport qualité/ prix pour les consommateurs.

Les locaux d'E'had auront une superficie de 700 mètres carrés contre 2.000 à 2.600 m2 pour les magasins ordinaires.

Iri Shah’ar, l'initiateur a annoncé que " toutes les catégories de produits seront proposées".

Caroline Haïat

Shimon Peres: l'Alyah, l'antisémitisme, les élections

Shimon Peres, l'ancien président israélien, affirme avoir confiance en la France quant à sa capacité de combattre l'antisémitisme. Selon lui, l'Alyah n'est pas une fuite, mais une décision qui doit être motivée par autre chose que la peur qui anime les Juifs français en ce moment. 

"Nous appelons les Juifs à immigrer en Israël quand il n'y a pas de crimes ni de raison particulière de partir," a dit Peres, en parlant exclusivement à JTA.

Après les attentats de Paris, les politiques israéliens, y compris le Premier Ministre Benjamin Netanyahu, avaient lancé l'appel à l'Alyah des Juifs français.

Pour Peres, l'Alyah ne doit pas être un choix lié à la peur de l'antisémitisme en France. Immigrer en Israël, doit avant tout relever d'un sentiment sionniste:

"je pense que le Sionisme est un mouvement de renaissance et non de protestation. Pourquoi devrais-je avoir une raison négative (de faire l'alya) ? J'ai une raison positive," lance-il.

Peres ajoute qu'il y a actuellement "un réveil Européen" contre l'antisémitisme. Selon lui, Israël doit soutenir la France sans toutefois s'impliquer directement.

Il appelle à une forte coalition mondiale à se battre contre la terreur, faisant écho aux récentes déclarations de Netanyahu. Il a aussi invité les leaders religieux à se prononcer contre le terrorisme.

"Nous devons figurer parmi ceux qui participeront à l'effort mondial, mutuel et démocratique qui se bat contre le danger qui menace l'Humanité."

D'autre part, Peres a critiqué la Cour pénale internationale qui a ouvert un examen préliminaire de la déclaration déposée par l'Autorité Palestinienne sur les crimes de guerre perpétrés à Gaza par Israël. Selon lui la CPI devrait plutôt condamner l'organisation terroriste Hamas.

Au sujet des prochaines éléctions qui auront lieu le 17 mars, Peres a déclaré que les Israéliens sont face à un choix difficile.

Il a déclaré: " Israël peut rester un état juif et démocratique, nous avons besoin de deux états.

Il y a deux opinions en Israël. Nous devons choisir. Certains veulent deux états, d'autres disent qu'il faut s'arranger autrement. Chaque citoyen choisira."

Caroline Haïat

Collège juif du Raincy: "ils ont créé une psychose"

L'alerte attentat est maintenue à son niveau maximum en France, depuis les tragiques attentats contre Charlie Hebdo et l'HyperCasher. Les forces de sécurité ont été réquisitionnées, notamment pour protéger les lieux de culte et les établissements scolaires juifs. Pourtant, un nouvel incident a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche: deux soldats postés devant un collège juif du Raincy (93) ont été menacés par un homme. Réelle menace ou exagération?

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme aurait tiré la culasse de son arme à la vue des soldats qui protégeait le collège juif Merkaz Hatorah du Raincy. Ils ont immédiatement armé leur fusil d'assaut et ont ainsi fait fuir celui qui les menaçait.

Une voiture s'est arrêtée devant le collège-lycée juif Merkaz vers 2 h du matin: la porte s'est ouverte, tandis que les deux soldats se sont précipités vers les automobilistes pour leur demander de circuler.
Le passager cagoulé aurait alors tiré vers l'arrière la culasse d'une arme d'épaule comme s'il allait faire feu a précisé une source policière.

Les soldats ont armé leurs fusils d'assaut tandis que le conducteur a aussiôt pris la fuite. Aucune course poursuite n'a été lancée...

Le BNVCA et plusieurs de ses correspondants expriment colère et inquiétude à la suite des faits qui se sont produits dans la nuit du 17 au 18 janvier 2015 de devant l'école juive du Raincy (93) Merkaz Hathora, lorsque des individus ont menacé les soldats en faction devant l'école, protégée par l'armée depuis les attentats dijhadistes anti français et antisémites du début janvier.

L'inquiétude a t-elle lieu d'être?

Le directeur du collège juif affirme cependant que l'affaire a été exagérée:

"C’est de la folie, ils ont crée une psychose, depuis ce début d’après-midi je ne gère que cette affaire… les coups de fils des parents apeurés, les élèves inquiets, la presse qui appelle ! » peste t-il.

Selon lui, les faits se sont déroulés de manière anodine:

" Une camionnette s’est arrêté devant l’école des filles à la sortie de shabbat, devant les hommes en faction. Les militaires ont levé leurs armes et la camionnette est repartie. Pas de cagoules, pas de fusils, juste un bruit non identifié. Mais les militaires sont emmenés à mettre en joue leurs fusils fréquemment" explique le directeur.

"Par exemple, il suffit qu’un motard passe devant un autre, et lève le pouce en signe de reconnaissance comme ils le font par habitude, et les militaires brandissent leurs fusils par reflexe et par prudence. Ils peuvent brandir leurs armes pour tout et n’importe quoi."

Caroline Haïat

Daesh :Deux otages japonais retenus par l'EI

Dans une nouvelle vidéo, l'Etat Islamique menace d'exécuter deux otages japonais. Il affirme détenir les deux hommes et réclame en échange une rançon de 200 millions de dollars au gouvernement japonais.

Tokyo ne cédera pas au terrorisme: "la position de notre pays qui consiste à combattre le terrorisme sans plier demeure inchangée", a déclaré Yoshihide Suga, le porte-parole du gouvernement japonais.

L'Etat Islamique, qui contrôle de larges territoires en Irak et en Syrie, réclame une rançon de 200 millions de dollars en échange des deux otages japonais vivants:

"Vous avez 72 heures pour faire pression sur votre gouvernement afin qu'il prenne une décision sage et paie 200 millions de dollars pour que vos vies soient épargnées" dit l'homme de la vidée. Il porte une cagoule et l'uniforme jihadiste noir. Il se tient au milieu des deux otages avec un couteau.

L'identité des otages est connue, il s'agit de Haruna Yukawa et de Kenji Goto Jogo, un journaliste indépendant.

Y a t-il un lien avec la visite du Premier ministre japonais en Israël?

La vidéo a été publiée le jour où le Premier ministre japonais Shinzo Abe était en visite à Jérusalem. Les deux événements ont-ils un lien?

La demande de rançon est destinée à compenser l'aide non militaire de 200 millions de dollars promise par M. Abe aux pays affectés par l'offensive de l'EI, en Irak et en Syrie, qui a fait des centaines de milliers de déplacés et réfugiés.

Il a promis une aide globale de 2,5 milliards de dollars au Moyen-Orient, dans le but de fournir "une assistance humanitaire et à développer les infrastructures".

Le Japon était plus ou moins épargné par la vague de violences des groupes radicaux islamistes. Il se tient à l'écart de la coalition antijihadistes créée par les Etats Unis pour contenir l'avancée de l'EI en Syrie et en Irak.

Dix contractuels japonais avaient cependant péri il y a deux ans, dans une attaque menée par des jihadistes sur le complexe gazier d'In Amenas, en Algérie. Cette attaque, suivie d'une prise d'otages avait causé la mort de 40 employés de dix nationalités et de 29 assaillants.

Caroline Haïat

Le monde arabe contre Charlie

Depuis les attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, qui ont plongé la France dans l'horreur et la barbarie la plus extrême, des manifestations anti-charlie ne cessent de proliférer. François Hollande a même déclaré hier que la France n'"insultait personne" quand elle défendait ses "idées", évoquant les manifestations à travers le monde contre le dessin de Mahomet publié à la Une du dernier Charlie Hebdo.

 

Retour sur les divers incidents et les manifestations anti-charlie

Niger

Une manifestation violente anti Charlie Hebdo était en cours samedi dernier près de la grande mosquée de Niamey au Niger. La police a tiré des gaz lacrymogènes tandis que des pierres étaient lancées sur les forces de l'ordre. Deux églises ont été incendiées.

Plus d'un millier de jeunes s'étaient réunis devant la mosquée, malgré l'interdiction, pour protester contre la publication de la caricature de Mahomet en Une de Charlie Hebdo. Les policiers anti-émeute ont tenté de disperser la foule à coup de gaz lacrymogènes.

"A bas la France", "A bas les tricolores français" ou encore "A bas Charlie Hebdo" étaient scandés par les manifestants.

La police a été la première visée: jets de pierres, 4X4 brûlés et pneus en flamme jetés dans un commissariat à proximité de la grande mosquée. "On va tout casser. Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre au péril de notre sang", criait un manifestant.

La veille, des émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, avaient fait quatre morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo. Le Centre culturel franco-nigérien a également été incendié et trois églises saccagées.

Les deux jours de manifestation au Niger ont fait 10 morts et 173 blessés: le gouvernement a annoncé hier un deuil nationnal de 3 jours en mémoire des victimes des émeutes...

Iran
Plus de 2000 personnes ont manifesté aux abords de l'ambassade de France à Téhéran contre la publication du dessin de Charlie Hebdo. Les manifestants scandaient «Mort à la France», «Mort à Israël» et «Nous aimons le prophète».

Pakistan
Environ 250 militantes de Jamaat-e-Islami, un des principaux partis islamistes du pays, ont scandé «Mort à la France», «Mort à Charlie Hebdo» et appelé à l'expulsion de l'ambassadeur de France lors de nouvelles manifestations lundi à Peshawar.

Afghanistan

500 à 600 manifestants en colère contre la publication d'une caricature du prophète, ont défilé lundi à Jalalabad, et ont brûlé un drapeau français en criant «mort à la France».

Tchétchénie

Hier, des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Grozny, capitale de la Tchétchénie, contre la publication de caricatures du prophète Mahomet, elles scandaient «Allah Akbar». Le gouvernement russe parle de plus de 800 000 manifestants.

Corse

Ce week-end, un drapeau français accroché au fronton d'une école maternelle d'Ajaccio a été brûlé et remplacé par un drapeau marocain.

Gaza 

Hier, 200 islamistes radicaux ont défilé à Gaza, brûlant le drapeau français et menaçant de s'en prendre aux Français à cause de la nouvelle caricature du prophète Mahomet. «Français, dégagez de Gaza ou nous vous égorgerons», ont scandé les hommes devant le Centre culturel français.

Qu'en pense François Hollande?

"Nous n'insultons personne lorsque nous défendons nos idées, lorsque nous proclamons la liberté, au contraire, nous respectons toutes celles et tous ceux à qui nos idées s'adressent pour les faire partager", a lancé le chef de l'Etat, à l'occasion du 70e anniversaire de l'Agence France-Presse.

"La France ne fait pas de leçon, à aucun pays, mais la France n'accepte aucune intolérance" et "le drapeau français, c'est toujours celui de la liberté", a-t-il déclaré.

Selon lui, les journalistes de Charlie Hebdo voulaient "tout simplement que leur impertinence, leur insolence soient comprises comme une forme de tolérance et de respect pour toutes les croyances".

La liberté d'expression est "une valeur universelle". Le président a affirmé qu'il ne s'agissait pas "de dicter aux autres ce qu'ils doivent penser mais simplement de faire respecter ce qui est pensé, ce qui est exprimé, ce qui est dit librement".

L'anniversaire des 70 ans de l'AFP a réuni plusieurs centaines de personnes au palais Brongniart, face à l'Agence France Presse.

"Tous les personnages qu'a dessiné Charlie sont là, c'est la preuve que Charlie vit", a lancé Gérard Biard, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo.

Caroline Haïat