Jean-Paul Gavard-Perret, critique d'art contemporain et écrivain.
Jean-Paul Gavard-Perret, critique d'art contemporain et écrivain.
Sally Man est une photographe juive américaine
Sous le commissariat de Sarah Greenough et Sarah Kennel, l'exposition rétrospectives de Sally Mann aura été en 2019 le temps fort du Musée de Paume.
Originaire de Lexington (Virginie) s’appuyant sur un amour profond pour sa terre natale et de son propre héritage complexe elle n'a cessé de créer des photographies expérimentales à la beauté obsédante.
S'y trouvent repris et corrigés des thèmes majeurs : mémoire, désir, mort, liens familiaux à travers portraits, natures mortes, paysages du Sud des États-Unis.
Les visions d'enfants parfois nues de Sally Mann ne peuvent porter à confusion. En dépit ou à cause de l’absence de puritanisme - elles sont vues sans ambiguité.,Reste la présence d’éléments optiques denses qui interrogent et apostrophent. Le cliché devient la taupe faussement dormante capable de décrypter les messages stéréotypés des publicités ou de certains photographes mâles au regard bien plus pervers.
Sally Mann fait évoluer la photographique de fillettes pré-pubères selon un ordre de la disparition et de la renaissance. Un abécédaire obsolète s’évapore au contact d’un renversement plastique. D'une inspiration décalée surgit un vertige par permutations de la nudité vers un univers a priori scandaleux mais qui sollicite une autre logique accessible par l’audace de la photographe.
Elle poursuit et approfondit non seulement l’histoire de la nudité mais de son langage en tissant tout un réseau de correspondances poétiques. Nous assistons à un pythagorisme plastique incantatoire, presque hypnotique. Il dépasse la dichotomie signifiant/signifié, pour mettre en avant l’aspect «atomique» plus qu’anatomique du corps. A sa manière l’artiste redresse les alphabets tordus de la nudité, rompt la figuration admise pour la métamrphose. Une douce violence figurale exulte: non afin de crucifier le monde mais mettre en image une angoisse et une beauté.
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La Provence de Willy Ronis
Pour le fils d'émigré juif d'Ukraine qu'est Willy Ronis, Gordes va devenir le premier hâvre de paix provençal. Il découvre par hasard la cité lors d'un reportage sur le peintre André Lhote dans la Drôme. Le peintre lui propose de l'accompagner dans son atelier de Gordes où il réalise le célèbre portrait du peintre tenant un cadre vide.
Le photographe y achète une maison en ruines et les travaux d’urgence sont le prétexte à de belles photographies d'artisans et d'un cliché fétiche et iconique « Le nu provençal », où sa femme se rafraîchit avec l’eau d’une cuvette.
La région devient le moyen de multiplier les photographies de paysages et d'instants de tous les jours. Ronis joue dans le Lubéron avec les lumières et entre les ruelles étroites de Gordes pour y saisir un art de vivre.

La Provence de Willy Ronis
Il acquiert un petit moulin qui devient sa résidence principale où se retrouvent amis inconnus ou connus (Fougeron, Lotar, André Lhote,Vasarely). Il parcourt la région en vélo ou à moto pour faire de nombreux reportages sur les petis métiers, la vie des villages.
La mutation des médias l'oblige de plus en plus à résider dans cette région faute de commandes susceptibles de faire vivre les siens. Il donne des cours à l’École des Beaux-Arts d’Avignon puis à la faculté des lettres d’Aix-en- Provence. Et il fait là figure de pionnier : l’enseignement de la photographie n'existe pratiquement pas en France au début des années 70.
Installé à L’Isle-sur-la- Sorgue, il continue d'écumer la région avant de poursuivre son enseignement à la faculté de Marseille. Son travail provençal est bientôt présenté dans le cadre de l’année du Patrimoine au Centre Pompidou et il est l'invité d’honneur des 11èmes Rencontres de la photographie d’Arles.
Sa notoriété devient inaltérable. Et en 1983, il se réinstalle à Paris. Néanmoins ses photographies entre Luberon et Ventoux reste un moment privilégié de son existence qu'il décrit ainsi : "Marie-Anne à mes côtés, le soleil en pagaille, dans cette campagne bénie des vergers et des vignes séparés de rangées de haies de cyprès noir".
Il y reviendra souvent jusqu'à près de 100 ans où il sera une nouvelle fois l’un des invités des 40èmes Rencontres de la photographie d’Arles. Et cette épisode reste le moment clé de celui qui avant était avant tout un piéton de Paris.

La Provence de Willy Ronis
"L'école de voir" d'Elfriede Stegemeyer
La série de verres produites par Elfriede Stegemeyer entre 1934 et 1938 représente un développement important de son travail.
Sur les objets de tous les jours fabriqués de manière industrielle, par un jeu de lumière, elle crée des ombres et des perspectives sculpturales que l'un retrouve dans les choses les plus simples comme son "Orange, 1933".
La "nature morte" devient l'approfondissement d'une esthétique majeure même si tout l'intérêt de la photographe demeure dirigé vers l’homme et son environnement réduit à des formes les plus simples.
En référence au Bauhaus la créatrice constructiviste n'a cessé de jouer en un minimalisme avant la lettre avec différentes perspectives ou des vues en gros plan. En six années de travail photographique et dans la fascination pour l'oeuvre de Herbert Bayer, elle travailla près de lui au Bauhaus puis à cause de la situation politique et de l’hostilité associée au Bauhaus Dessau par les nazis, elle étudia la photographie au Staatliche. Kunstschule Berlin puis suit Otto Coenen à Cologne où elle se rapproche des Kölner Progressiven ( Progressifs de Cologne).
Sa rencontre avec le photographe Raoul Hausmann à Paris est aussi déterminante et lui permet d'approfondir sa vision son langage formel. Cela se concrétisera ensuite par ses figuiers de Barbarie, assemblées en montages surréalistes.
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Elfriede Stegemeyer, "Schule des Sehens", livre auquel fait écho l'exposition à la galerie Galerie Julian Sander, Cologne, en été 2019.
Annie Cohen et sa Torah
Annie Cohen, "Puisque voici l'aurore"; Editions "des femmes, Antoinette Fouque", Paris, 2020, 125 p., 14 E.
Annie Cohen, après son accident vasculaire cérébral de 1999, Annie Cohen, pense toucher le fond. Le cycle des ses premières oeuvres poétiques - dont les cinq volumes parurent chez le même éditeur que ce Journal - semblent faire partie d'un passé qui se referme sur elle.
Peu à peu pourtant la vie reprend son cours en concommittance avec l'écriture et une activité plastique - en particulier celles des "rouleaux d'écritures" (issus de sa judéïté) qu'elle reprend à sa main d'écrivaine et d'artiste.
L'Amour est pour beaucoup dans cette résurrection. Et c'est un euphémisme. Il va permettre à l'auteure d'écrire sa propreTorah pour chrercher encore et encore l'introuvable selon une formule chère à Edmond Jabès : "L'écrivain choisit d'écrire et le Juif de survivre".
Créer n'est plus opposer ,l’intelligible au sensible mais les réunir. Et pour Annie Cohen, contrairement à Jacques Lanzmann la connaissance ne passe pas que par le premier terme. Le problème est de passer « du système à l’excès » (Bataille), de Hegel à Rimbaud, de Heidegger à Joë Bousquet.
Dès lors, l'artiste et auteure en dépit de ses affres et vicissitudes non seulement "tient" : elle avance car créer ne revient pas simplement à se lamenter et claudiquer au devant d’une puissance qui envahit. En se sens désarroi et espoir n’ont rien à faire là dedans. L’éthique non plus. L’âme est lumière en des situations qu'il convient d'affronter dans l'intime et avec imagination nécessaire pour ne pas couper le premier de son activation.
Jean-Paul Gavard-Perret
Charlotte Salomon l'incomprise
"Charlotte Salomon : Life ? or Theatre ?"
Jewish Museum, Londres, 8 novembre 2019 au 1er mars 2020.
La vie de Charlotte Salomon fut courte :arrêtée par la Gestapo à Villefranche sur mer avec son amant au moment où ils voulaient se marier, âgée de 26 ans et enceinte de 5 mois elle fut arrêtée puis déportée et mourut à Auschwitz en 1943.
Son histoire est tragique mais l'artiste n'en a pas fait son sujet principal. Et elle n'accorde pas à sa culture d'origine un intérêt marqué. Elle ne se définit Juive parce qu’elle est définie ainsi par les autres. Mais sa mort dans les camps a accentué sa judéité parfois par des critiques qui ont parfois surinterprété certains des symboles présent dans son oeuvre.
Entre 1941 et 1942, Charlotte Salomon produit 1325 gouaches, la plupart avec des textes inscrits directement dans le dessin ou en calque. 769 sont conservés par l'artiste pour composer composer son ensemble l « Vie ? ou Théâtre ? ».Il s'agit d'une forme d'autobiographie visuelle dont le sujet majeur est de chercher comment fuir la folie, la dépression, le suicide.
L’élément central est l’histoire suicidaire de sa famille maternelle dont beaucoup de ses membres se donnèrent la mort. L'artiste (qui utilise le pseudonyme Kann dans son livre) est elle-même fragile, mélancolique mais elle n'apprend ce secret de famille qu'en 1940. Elle est terrorisée par la peur de la folie. Elle crée ce "cahier" pour s'en éloigner au moment où elle avoue avoir tué son grand père (prédateur obscène) au véronal et l’avoir dessiné lors de son agonie. Mais ce meurtre reste plus une hypothèse d'école qu'une vérité.
L'héroïne de « Vie ? ou Théâtre ? » est sa narratrice. Mais l'histoire est contée par un double point de vue : celui de l'héroïne et celui de sa créatrice. C'est pour cette dernière une manière de mettre un écart avec sa propre vie.
Composées de gouaches colorées les scènes représentées sont souvent redoublées voire triplées dans des formes de dialogues mais aussi une démultiplication obsessionnelle du même sujet (portraits ou scènes).
L'artiste y mélange les temps dans ce qui devient parfois des carreaux proches de la bande dessinée ou du storyboard. Le tout dans un expressionnisme joyeux (mais pas toujours) qui se démarque autant de la vie de l'artiste que de sa famille. Elle sert de "purgatio" à une vie qui fut dure mais face à laquelle elle fit contre mauvaise fortune bon coeur et un génie certain.
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Artiste juive américaine : Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir
Nicole Eisenman, "Sketch for a Fountain", 2017-2019, 401 Park, collection Samuels & Associates, Boston, GoodmanTaft et Anton Kern Gallery, New York, 2019.
Née en France de parents américains, Nicole Eisenman puise son inspiration autant chez les famands (rubens) en particulier que dans de la culture populaire (bandes dessinées, publicités, séries télévisées et films de série B). Elle doit beaucoup à Robert Crumb qui a ouvert une voie où elle s'est engouffré tout en l'exhaussant vers la peinture dite "de chevalet".
L'artiste crée le plus souvent des scènes avec de nombreux personnages qui nous enracinent dans un univers souvent familier (repas de famille, parc d'attraction, piscine, etc.) mais où tout est revue sur une dimension sexuelle sans distinction de genre ou de pratique. Et les scènes allégorique sont traitées de la même manière, très éloignées de souverains poncifs.
En Allemagne en 2017 ses sculptures de "Sketch for a Fountain" furent recouvertes de svastikas et décapitées par les adeptes du parti d’extrême-droite AfD dans une expression du fascisme de violence comparable à celle que que des personnes transgenres et intersexes continuent de subir au quotidien.
Mêlant féminisme, histoire de l’art et culture populaire, Nicole Eisenman a néanmoins récemment acquis, après son exposition entre autre au Jewish Museum de New York en 2015 une reconnaissance et est exposée actuellement à la Biennale de Venise et à celle du Whitney. Depuis le début du mois de juin, trois des sculptures vandalisées et désormais en bronze sont exposées de manière permanente à Boston, au 401 Park, suite à une commande du collectionneur Steve Samuels.
Tout dans une telle oeuvre grince et parfois copule de partoit. La satire reste à tous les étages là où l'esprit critique empreinte à l’expressionnisme allemand d'entre les deux guerres. Le désir reste au centre de cette vision. Mais son objet prend diverses formes. S'y joue quelque chose de l'être mais aussi de la société qui l'exploite.
Si bien que sous l'aspect de satire un inconscient collectif devient le figuration à la fois du manque et du trop plein.
Au milieu de la pléthore domine un rapport avec un astre absent. Si bien que l'artiste fait rentrer dans la mélancolie par le rire. Chaque oeuvre donne l’impression sous le Soleil noir cher à Nerval se cache une profonde mélancolie de celle ou celui qui reconnait plus ou moins implicitement la perte de l'objet de sa libido. Mais la clause narcissique chez l'artiste est forclose. Et c'est comme si au lieu de faire un deuil objectal le sujet mourait avec un objet qui n'est pas le bon.

Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir
Photographe juif : John Offenbach contre les idées reçues.
John Offenbach, "JEW", Jewish Museum, londre de 15 Novembre 2019 au 19 Avril 2020
John Offenbach est un photographe londonien reconnu depuis 25 ans. Il a travaillé pour des campagnes de marques internationales comme "American Express", "Air France" ou "Volkswagen". Il fait partie des 200 photographes les plus influent selon le "Lurzers Magazine".
Il présente au Jewish Museum 34 immenses portraits de juifs à travers le monde et dans divers chemin de vie. Si besoin était - mais c'est toujours le cas - il prouve qu'il n'existe pas une typologie unique à la judétité. Ce projet est né après qu'Offenbach eût voyagé à travers le monde poiur chercher l'identité juive à travers 12 pays - de l'Ethiopie à l'Ukraine, de l'Argentine à la Chine.
Chaque portrait n'est pas intitulé par le nom du modèle mais par son activité : espion, nobélisable, etc..
De cette manière le photographe espère normaliser les identités afin de mettre un terme à une terrible propagande - que remet à jour le film de Polanski et qui demeure rampante et prête à renaître.
"JEW. Photographs by John Offenbach" coïncide avec la parution du livre au même titre et qui est complété par d'autres images. Ce livre a reçu le prix "International Photo Awards 2019" dans la catégorie Books-People. Le photographe sait par la lumière créer de véritable tableau. C'est la qualité essentielle du photographe; c'est aussi la plus difficile à acquérir.
Jean-Paul Gavard-Perret

Juif. Photographies de John Offenbach
15 novembre 2019 - 19 avril 2020
Sarah Kaliski, Exposition, Loeve & Co, Paris du 7 au 21 novembre 2019
A partir des années 1980, Sarah Kaliski a délaissé son travail de peintre pour celui graphiste exceptionnelle et radicale qui la rapproche de Louise Bourgeois ou de Kiki Smith.
Elle explore obsessionnellement eu égard à la perte de son père dans les camps d'extermination et d'autres blessures secrètes des thèmes qui constitue son identité : les horreurs nazies, la belgitude (à travers Jacques Brel, Henri Michaux ou des frères Simenon), les violences faites aux enfants et le revendication de femme amoureuse, libre de toute entrave.
Dans ses dessins, des figures sont récurrentes : sa fratrie ; des enfants amoureux des oiseaux, des chiens hurlants, meurtrissant fouillant parfois comme chez Unica Zorn, de leur langue un sexe féminin.
Pour les éditions Fata Morgana, elle a commencé à mêler ses dessins à des mots, ceux des autres (André Pieyre de Mandiargues, Jonathan Littell) avant de laisser la place aux siens en empruntant autant aux comics américains (comme Wolinski le fit) qu’au maniérisme, aux graffiti qu’à la calligraphie orientale.
Publiés juste avant sa disparition elle publia trois livres qui sont des chefs d’œuvre " Le -X- ne peut cacher le nom vous dites ?", "Michaux le -N- de Henri se balade" et "quel est ton nom. Petit ? Louis Ferdinand Céline"
sur celui pour ou contre lequel l'artiste juive a subi une attraction répulsive.
Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive: Sarah Kaliski, face à ce qui tue
Erwin Blumenfeld et l'image de la féminité
Erwin Blumenfeld, "Chasing Dreams - Experimental Nudes 1936 - 1955", Chaussee 36, Berlin, du 11 octobre au 30 novembre 2019.
Erwin Blumenfeld est né à Berlin en 1897. Après son émigration à New York en 1941 il est devenu un photographe majeur. Il a commencé dans le domaine de la mode puis se dégageant des seules commandes il apparaît comme un artiste à part entière par ses dessins, collages et surtout ses photographies de portraits et des nus.
Existe chez lui une transgression des codes afin d'exprimer la féminité qui l'enchante. Maître de la "solarisation", de la multi-exposition, de l’ombre et du miroir, le photographe est influencé par Dada, le Surréalisme et de Man Ray qu'il rencontra à Paris entre les deux guerres mondiales.
Cette exposition ramène à ses travaux les plus anciens et traduisent ses expérimentations par des études intimes du féminin qui n’ont encore jamais été exposées. "Le nu ne représente pas simplement le corps, mais le relie, par analogie, à toutes les structures faisant partie de notre expérience imaginative" précisait celui qui disait n'avoir jamais eu le temps pour les réalités et s'affirmait prisonniers de ses illusions. Voire... Et à voir.
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Erwin Blumenfeld et l'image de la féminité
Photographe juive américaine. Naomi Harris et les sub-cultures américaines
La carrière de Naimi Harris a commencé il y a 20 ans avec le succès de sa série de photos de personnes âgées qui vivaient à Haddon Hall, une communauté de retraités juifs de Miami Beach, en Floride.
La Canadienne devenue américaine en 2013 dit que ce travail reste son "projet préféré à ce jour. Je m'y suis immergée et j’ai appris à connaître mes sujets pendant plus de deux ans et demi. Ils sont devenus comme des grands-parents de substitution pour moi », dit-elle.
La photographe est souvent comparée à Diane Arbus non sans raison. D'une certaine façon elle prolonge son travail et son goût pour les visions marginales et transversales. Mais elle possède toutefois un style bien à elle.

photographe Naomi Harris et les sub-cultures américaines
En 2016 Naomi Harris a traversé seule et en voiture les USA. Elle y a parfois vécu, garée sur un parking pour rencontrer et de photographier les partisans du président Donald Trump et connaître ce qui les avait amenés à voter pour lui.
Rebelle et solitaire l'artiste qui avait quitté le domicile de ses parents orthodoxes modernes a continué de vivre de la même façon. Elle a abandonné son quartier juif pour poursuivre de Toronto à Los Angeles ses pérégrinations et montrer les sous-cultures de la société afin de mettre à nu leur mystère et parfois le célébrer.
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