Artiste juif : La Provence de Willy Ronis

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La Provence de Willy Ronis

Pour le fils d'émigré juif d'Ukraine qu'est Willy Ronis, Gordes va devenir le premier hâvre de paix provençal. Il découvre par hasard la cité lors d'un reportage sur le peintre André Lhote dans la Drôme. Le peintre lui propose de l'accompagner dans son atelier de Gordes où il réalise le célèbre portrait du peintre tenant un cadre vide.

Le photographe y achète une maison en ruines et les travaux d’urgence sont le prétexte à de belles photographies d'artisans et d'un cliché fétiche et iconique « Le nu provençal », où sa femme se rafraîchit avec l’eau d’une cuvette.

La région devient le moyen de multiplier les photographies de paysages et d'instants de tous les jours. Ronis joue dans le Lubéron avec les lumières et entre les ruelles étroites de Gordes pour y saisir un art de vivre.

La Provence de Willy Ronis

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Il acquiert un petit moulin qui devient sa résidence principale où se retrouvent amis inconnus ou connus (Fougeron, Lotar, André Lhote,Vasarely). Il parcourt la région en vélo ou à moto pour faire de nombreux reportages sur les petis métiers, la vie des villages.

La mutation des médias l'oblige de plus en plus à résider dans cette région faute de commandes susceptibles de faire vivre les siens. Il donne des cours à l’École des Beaux-Arts d’Avignon puis à la faculté des lettres d’Aix-en- Provence. Et il fait là figure de pionnier : l’enseignement de la photographie n'existe pratiquement pas en France au début des années 70.

Installé à L’Isle-sur-la- Sorgue, il continue d'écumer la région avant de poursuivre son enseignement à la faculté de Marseille. Son travail provençal est bientôt présenté dans le cadre de l’année du Patrimoine au Centre Pompidou et il est l'invité d’honneur des 11èmes Rencontres de la photographie d’Arles.

Sa notoriété devient inaltérable. Et en 1983, il se réinstalle à Paris. Néanmoins ses photographies entre Luberon et Ventoux reste un moment privilégié de son existence qu'il décrit ainsi : "Marie-Anne à mes côtés, le soleil en pagaille, dans cette campagne bénie des vergers et des vignes séparés de rangées de haies de cyprès noir".

Il y reviendra souvent jusqu'à près de 100 ans où il sera une nouvelle fois l’un des invités des 40èmes Rencontres de la photographie d’Arles. Et cette épisode reste le moment clé de celui qui avant était avant tout un piéton de Paris.

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