Artiste juive : Charlotte Salomon l'incomprise

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Charlotte Salomon l'incomprise

"Charlotte Salomon : Life ? or Theatre ?"
Jewish Museum, Londres, 8 novembre 2019 au 1er mars 2020.

La vie de Charlotte Salomon fut courte :arrêtée par la Gestapo à Villefranche sur mer avec son amant au moment où ils voulaient se marier, âgée de 26 ans et enceinte de 5 mois elle fut arrêtée puis déportée et mourut à Auschwitz en 1943.

Son histoire est tragique mais l'artiste n'en a pas fait son sujet principal. Et elle n'accorde pas à sa culture d'origine un intérêt marqué. Elle ne se définit Juive parce qu’elle est définie ainsi par les autres. Mais sa mort dans les camps a accentué sa judéité parfois par des critiques qui ont parfois surinterprété certains des symboles présent dans son oeuvre.

Entre 1941 et 1942, Charlotte Salomon produit 1325 gouaches, la plupart avec des textes inscrits directement dans le dessin ou en calque. 769 sont conservés par l'artiste pour composer composer son ensemble l « Vie ? ou Théâtre ? ».Il s'agit d'une forme d'autobiographie visuelle dont le sujet majeur est de chercher comment fuir la folie, la dépression, le suicide.

L’élément central est l’histoire suicidaire de sa famille maternelle dont beaucoup de ses membres se donnèrent la mort. L'artiste (qui utilise le pseudonyme Kann dans son livre) est elle-même fragile, mélancolique mais elle n'apprend ce secret de famille qu'en 1940. Elle est terrorisée par la peur de la folie. Elle crée ce "cahier" pour s'en éloigner au moment où elle avoue avoir tué son grand père (prédateur obscène) au véronal et l’avoir dessiné lors de son agonie. Mais ce meurtre reste plus une hypothèse d'école qu'une vérité.

L'héroïne de « Vie ? ou Théâtre ? » est sa narratrice. Mais l'histoire est contée par un double point de vue : celui de l'héroïne et celui de sa créatrice. C'est pour cette dernière une manière de mettre un écart avec sa propre vie.

Composées de gouaches colorées les scènes représentées sont souvent redoublées voire triplées dans des formes de dialogues mais aussi une démultiplication obsessionnelle du même sujet (portraits ou scènes).

L'artiste y mélange les temps dans ce qui devient parfois des carreaux proches de la bande dessinée ou du storyboard. Le tout dans un expressionnisme joyeux (mais pas toujours) qui se démarque autant de la vie de l'artiste que de sa famille. Elle sert de "purgatio" à une vie qui fut dure mais face à laquelle elle fit contre mauvaise fortune bon coeur et un génie certain.

jpgp

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