Vers un boycott historique des médecins israéliens ?La BMA soigne sa conscience en rompant avec Israël

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Vers un boycott historique des médecins israéliens ?La BMA soigne sa conscience en rompant avec Israël

Vers un boycott historique des médecins israéliens ?

La British Medical Association rompt ses liens avec l’Israeli Medical Association

Fin juin 2025, lors de son assemblée annuelle à Liverpool, la British Medical Association (BMA) a adopté, à plus de 80 % des voix, la suspension officielle de toute coopération avec son homologue israélien, l’Israeli Medical Association (IMA)
. Il s’agit d’une décision sans précédent, qui marque une rupture majeure dans les relations médicales entre le Royaume-Uni et Israël.

Une décision motivée par « la neutralité médicale »

Selon le texte voté, la BMA conditionne la reprise des liens à l’adhésion de l’IMA au principe de neutralité médicale, ainsi qu’à une condamnation explicite des attaques contre le système de santé à Gaza  . Le président de la BMA, Dr Latifa Patel, a déclaré que plus de 1 000 professionnels de santé auraient été tués depuis le 7 octobre 2023, qualifiant la situation de « violations graves du droit international »  .

Un mouvement porté par une majorité incontestée

Au cœur de cette décision, des motions à très forte majorité ont été adoptées, affirmant notamment que critiquer Israël n’est « pas par définition antisémite »  , et soutenant les étudiants en médecine pro-Palestine victimes de sanctions  . En tout, ce sont 43 motions liées à Israël et à la Palestine qui ont été débattues, reflétant une mobilisation massive de la base des médecins britanniques  .

Des témoignages poignants à Liverpool

Dr Fareed Al‑Qusous, un médecin de 26 ans d’origine jordanienne, présent à Liverpool, résume l’émotion ambiante :

« En tant que médecins, notre devoir est de protéger patients et hôpitaux. La neutralité médicale s’applique aux deux côtés, israéliens et palestiniens. » 

Il a expliqué avoir voté pour la suspension parce que l’IMA, tout en condamnant l’attaque iranienne contre l’hôpital Soroka, n’a rien dit sur Gaza :

« L’IMA est restée silencieuse, je voulais de la cohérence. » 

Des réactions contrastées en Israël

L’IMA, selon son président Prof. Zion Hagai, rejette ce qu’il qualifie d’« étape déclarative », menaçant de créer un précédent dommageable pour les médecins israéliens  . Il souligne que l’IMA est affiliée à la World Medical Association (WMA), bien au-delà de sa relation avec la BMA, et explique que certains confrères israéliens auraient été désinvités de conférences depuis le 7 octobre  . Prof. Hagai, également membre du conseil de la WMA, affirme que l’IMA souhaite rencontrer la BMA à Londres pour désamorcer la crise.

Le boycott va-t-il s’étendre ?

Des craintes émergent : selon certains, cette décision pourrait faire tomber le premier domino, encourageant d’autres associations professionnelles à suivre  . L’ONG palestinienne Healthworkers for Palestine loue « une victoire importante », regrettant que la presse britannique n’en ait pas suffisamment parlé  .

Chronologie décisive :

Début octobre 2023 : guerre à Gaza, plus de 1 000 professionnels de santé tués. Nov. 2023 : des médecins israéliens appellent à la destruction de l’hôpital Al‑Shifa, sans intervention de l’IMA  . Juin 2025 : 43 motions présentées à Liverpool. 24 juin : vote et adoption de la rupture. Début juillet : communication officielle de la BMA et réactions internationales  .

Questions cruciales et réponses

Q : Pourquoi ce boycott ?

R : Pour forcer l’IMA à rompre son silence sur les attaques contre Gaza, et pour défendre la neutralité médicale universelle.

Q : S’agit-il d’un acte antisémite ?

R : Non. La BMA a explicitement réaffirmé que critiquer Israël n’est « pas par définition antisémite », tout en condamnant fermement l’antisémitisme.

Q : Conséquences sur la coopération médicale ?

R : Pour l’instant, seule la politique est adoptée. Les modalités pratiques seront décidées par le conseil exécutif de la BMA. L’IMA redoute d’être exclue de conférences, échanges académiques et coopérations britanniques.

Q : Et maintenant ?

R : L’IMA souhaite un dialogue, des échanges diplomatiques sont en cours. Le Royaume-Uni surveille de près ce précédent diplomatique. Le risque : un effet domino dans d’autres secteurs professionnels.

Cette décision marque une fracture sévère : le monde médical britannique choisit la posture morale, quitte à rompre avec l’un de ses partenaires israéliens. Une posture engagée, émotionnelle, mais aussi cynique, qui jette une ombre sur l’idée de neutralité médicale universelle. Le bras de fer est lancé, et les enjeux, tant humanitaires que diplomatiques, viennent de franchir un seuil.

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