Mort ou processus réversible ? Le cerveau peut survivre plusieurs jours après un décès constaté

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Mort ou processus réversible ? Le cerveau peut survivre plusieurs jours après un décès constaté

La mort n'est peut-être pas une fin — ce que la science révèle

Et si la frontière entre la vie et la mort n'était pas un mur, mais une porte ?

Pendant des décennies, la médecine a posé une règle d'or : au-delà de dix minutes sans oxygène, le cerveau est perdu. Cette certitude vient d'être ébranlée par des recherches rigoureuses, publiées dans les revues les plus sérieuses au monde.

Ce que les chercheurs ont découvert

Le Dr Sam Parnia, professeur associé à la NYU Langone Medical Center et directeur de la recherche en réanimation cardiorespiratoire, a mené l'étude AWARE II la plus grande du genre sur 567 patients victimes d'arrêt cardiaque dans 25 hôpitaux américains et britanniques.

Le résultat est stupéfiant : chez les patients ayant survécu à une réanimation, près de 40 % ont présenté une activité cérébrale revenue à la normale, ou presque, jusqu'à une heure après l'arrêt du cœur. 

Ce n'est pas anecdotique. Alors que les médecins pensaient depuis longtemps que le cerveau subissait des dommages permanents environ 10 minutes après l'arrêt de l'apport en oxygène, ces travaux montrent que le cerveau peut manifester des signes de récupération électrique bien au-delà de ce seuil, y compris pendant une réanimation active. 

Selon Parnia, des études menées au cours des cinq dernières années suggèrent que le cerveau humain reste "récupérable non seulement pendant des heures, mais possiblement pendant des jours" après la mort. 

Des expériences de mort vécues… et mesurées

Un autre volet de l'étude interroge directement notre conception de la conscience.
Une personne sur cinq ayant survécu à un arrêt cardiaque et à une réanimation rapporte des expériences lucides au moment de la mort : sentiment de séparation du corps, observation des événements sans douleur ni détresse, évaluation profonde de ses actes et de ses relations. 

Ces témoignages ne sont pas des hallucinations. Des électroencéphalogrammes (EEG) ont capté, pendant ces expériences, des pics d'ondes gamma, delta, thêta, alpha et bêta — précisément celles associées aux fonctions mentales supérieures.

Les outils qui repoussent la limite

Sur le plan technique, deux avancées majeures changent la donne.

D'abord, l'ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle), une machine qui prend en charge la circulation sanguine et l'oxygénation quand le cœur s'arrête. Le premier essai clinique mondial basé sur l'ECMO a montré que les patients étaient six fois plus susceptibles de survivre à un arrêt cardiaque avec cette technologie qu'avec les traitements standards avec des résultats si probants que l'essai a été interrompu prématurément pour des raisons éthiques. University of Minnesota Medical School

Ensuite, des cocktails médicamenteux de réanimation associations de molécules destinées à protéger le cerveau pendant et après l'arrêt sont en cours d'évaluation pour prolonger et optimiser la fenêtre de réanimation.

Ce que cela change, concrètement

La science de la réanimation indique désormais que la mort par critères cardiorespiratoires ne peut plus être considérée comme un moment précis, mais plutôt comme un processus potentiellement réversible survenant après une défaillance sévère des organes vitaux. ResearchGate

Dit autrement : la mort n'est peut-être pas un événement. C'est un processus et un processus, ça se traite.

Cela ne signifie pas que tout le monde peut être ramené à la vie. Les contraintes logistiques, éthiques et biologiques restent immenses. Mais la question n'est plus "peut-on repousser la mort ?" Elle est désormais : "Combien de temps avons-nous et comment l'utilisons-nous ?"

 

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