Une activiste pro-palestinienne portée disparue en France ? L’étrange fiction diplomatique de l’Iran

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Une activiste pro-palestinienne portée disparue en France ? L’étrange fiction diplomatique de l’Iran

Disparition troublante de Mahdieh Esfandiari en France : silence de Paris, inquiétude de Téhéran

Une universitaire iranienne portée disparue à Lyon

Début mars 2025, dans un climat diplomatique déjà tendu entre Paris et Téhéran, une mystérieuse affaire éclate : la disparition en France d’une universitaire iranienne, Mahdieh Esfandiari. D’après les autorités iraniennes, cette femme, professeure d’université et militante propalestinienne, aurait été interpellée par la police française à Lyon.

« Nous avons appris qu’une citoyenne iranienne vivant en France, une femme d’âge moyen et professeure d’université, a disparu il y a quelques jours », déclarait le 10 mars dernier Esmaïl Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

« Nous n’avons pas encore pu obtenir d’informations précises sur sa situation de la part des autorités françaises compétentes. »

Une arrestation évoquée par l’Iran, mais jamais confirmée par Paris

Selon Téhéran, Mahdieh Esfandiari aurait été arrêtée pour avoir exprimé publiquement son soutien à la Palestine, ce qui, toujours d’après les Iraniens, aurait motivé son interpellation par les services de sécurité français. L’ambassade d’Iran à Paris aurait tenté d’obtenir des explications, en vain.

« Ce silence n’est pas conforme aux standards diplomatiques attendus d’un pays comme la France », a indiqué une source diplomatique iranienne sous couvert d’anonymat.

Aucune source gouvernementale française n’a, à ce jour, confirmé ni infirmé ces allégations. La préfecture de Lyon, tout comme le ministère de l’Intérieur, n’ont fourni aucun commentaire officiel sur cette affaire.

Un contexte diplomatique explosif entre la France et l’Iran

Cette disparition intervient à peine deux semaines avant la libération inattendue d’Olivier Grondeau, un Français détenu pendant 887 jours dans la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran. Certains observateurs y voient un étrange effet miroir.

Alors que la France se félicite du retour de son ressortissant, l’Iran accuse Paris d’avoir violé les droits d’une de ses citoyennes sur le territoire français. En toile de fond : des tensions persistantes sur le programme nucléaire iranien, la présence d’opposants au régime de Téhéran sur le sol européen, et des sanctions en cascade depuis plusieurs années.

 Des similitudes avec d’autres affaires de diplomatie parallèle

L’affaire rappelle les méthodes d’« arrestations compensatoires » déjà pratiquées par Téhéran dans le passé. Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé à plusieurs reprises l’usage par l’Iran de ressortissants étrangers comme monnaie d’échange. À l’inverse, Téhéran pourrait, selon des analystes américains, instrumentaliser cette affaire pour déstabiliser l’image de la France sur la scène internationale.

Selon Foreign Policy, « il n’est pas rare que le régime iranien crée une affaire médiatique autour d’un prétendu abus contre l’un de ses citoyens pour détourner l’attention de ses propres violations des droits humains. »

Qui est Mahdieh Esfandiari ?

Peu d’informations circulent sur l’identité précise de Mahdieh Esfandiari. Elle serait, selon la presse iranienne, « professeure d’université en France », mais aucun établissement n’a jusqu’ici confirmé son appartenance.

Des vérifications effectuées par Radio Farda et la branche persane de la BBC n’ont pas permis de retrouver de publications universitaires à son nom dans les bases de données scientifiques. Des doutes émergent donc sur l’authenticité de ses qualifications, ou sur une possible utilisation d’un pseudonyme.

 Des soutiens actifs en Iran, le mystère persiste en France

À Téhéran, plusieurs figures du régime ont exprimé leur soutien à Mahdieh Esfandiari, certains n’hésitant pas à dénoncer « un enlèvement orchestré par la France ».
Mais en France, aucun mouvement ou organisation ne semble avoir connaissance de cette disparition. Ni les associations propalestiniennes, ni les milieux académiques, ni les collectifs de défense des droits de l’homme ne signalent la présence ou l’engagement public d’une telle personne.

Selon France 24, cette affaire pourrait avoir été exagérée ou manipulée par le régime iranien, en quête d’un levier pour ses négociations en cours avec l’Union européenne.

Le silence des autorités françaises : stratégie ou embarras ?

Pourquoi un tel mutisme de la part de Paris ? Certains diplomates évoquent une stratégie de désescalade face à une accusation potentiellement sans fondement. D’autres soulignent l’absence de preuve formelle d’une arrestation. Si la police française a effectivement interpellé une ressortissante iranienne, il est aussi possible que l’affaire relève du secret défense ou d’un dossier judiciaire classé confidentiel.

« Il est possible qu’il s’agisse d’une enquête sensible, en lien avec des réseaux d’influence ou des mouvements radicaux », indique une source judiciaire anonyme au Monde.

Une affaire encore floue mais lourde d’enjeux

Pour l’heure, Mahdieh Esfandiari reste introuvable. Aucune plainte de disparition n’a été rendue publique. Son nom ne figure sur aucune base Interpol, ni sur les fichiers d’alertes judiciaires ou d’immigration consultables par les journalistes.

Cette disparition, à défaut de preuves tangibles, reste à la frontière entre fait divers, opération diplomatique et manipulation géopolitique. Le flou entretenu par les deux capitales semble servir les intérêts des deux camps.

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