“Une bombe pour les ultra‑orthodoxes” : Ryanair élimine les billets papier

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“Une bombe pour les ultra‑orthodoxes” : Ryanair élimine les billets papier

“Une bombe pour les ultra‑orthodoxes” : Ryanair élimine les billets papier, une mesure lourde de conséquences

Ryanair annonce qu’à partir de novembre 2025, elle cessera d’accepter les cartes d’embarquement imprimées, ne les délivrant plus que via son application mobile.
Bien que cela puisse sembler un progrès technologique, cette transition radicale suscite une forte inquiétude au sein de la communauté ultra‑orthodoxe, notamment au Royaume‑Uni et en Europe, pour qui les smartphones sont souvent inaccessibles. Selon Yaanki Parber, journaliste spécialisé, « c’est une véritable épreuve pour les ultra‑orthodoxes ».

Une transition prévue, mais repoussée à l’automne

Ryanair prévoyait initialement de supprimer les cartes d’embarquement papier dès mai 2025. Toutefois, face aux protestations et au contexte estival, elle a reporté cette mesure au 3 novembre 2025, date de démarrage de son programme hivernal  .

Une révolution numérique au service de l’efficacité…

Dara Brady, directrice marketing, défend ce tournant numérique comme « un moyen d’offrir une expérience de voyage améliorée, rationalisée via l’application myRyanair, notamment en cas de perturbations »  .

La suppression du papier permettra également une économie de plus de 300 tonnes par an, réduisant l’empreinte carbone de la compagnie  .

Enfin, Ryanair vise à éliminer presque tous les frais d’enregistrement à l’aéroport, désormais superflu — tous les passagers seront enregistrés numériquement  .

… qui ignore une réalité communautaire urgente

Yaanki Parber, journaliste reconnu pour son travail auprès des communautés orthodoxes, ne mâche pas ses mots :

« C’est une véritable épreuve pour les ultra‑orthodoxes qui vivent dans le monde, et particulièrement ceux au Royaume‑Uni »  .

Il insiste sur l’impact concret : de nombreux fidèles, notamment ceux voyageant régulièrement vers les lieux de pèlerinage en Pologne, Roumanie, Ukraine ou Hongrie, ne disposent pas de smartphones compatibles — seuls des “téléphones casher” rudimentaires, sans applications — ce qui rend le nouveau système inapplicable pour eux  .

Analyse sans concession

Ryanair engrange des gains d’efficacité à court terme : réduction des coûts, suppression du papier, gestion centralisée des passagers via l’application. Mais pour les ultra‑orthodoxes, cette mise en orbite numérique n’est pas un progrès — c’est une rupture d’accès. Cela traduit un décalage brutal entre une stratégie technocratique et une réalité humaine et communautaire complexe.

L’absence de smartphones n’est pas marginale : elle met en péril la mobilité de milliers de fidèles dans toute l’Europe. Il ne s’agit pas d’un problème accessoire, mais d’un effet systémique sur la pratique religieuse, les déplacements communautaires et l’intégration familiale lors de pèlerinages.

Cette décision de Ryanair n’est pas qu’un saut technologique : elle symbolise un choix culturel, voire politique : privilégier l’efficacité numérique, quitte à exclure certains groupes fragilisés. Le défi ? Réconcilier modernité et équité. Sinon, ce qui se présentait comme un progrès deviendra pour beaucoup un frein intangible.

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