Un nouveau type de terrorisme : les jeunes solitaires de la classe moyenne

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Une nouvelle étude met le doigt sur un nouveau type de terroristes qui ne seraient plus uniquement issus des populations défavorisées mais également de la classe moyenne.

Les équipes israéliennes de démolition ont d’ores et déjà encerclé la maison de la famille Taraireh dans le village de Bani Na'im, près d'Hébron, pour "prendre des mesures" avant la démolition. Le père, Nasser, a été arrêté et emmené pour interrogatoire et son permis de travail lui a été confisqué. Les forces de sécurité ont également confisqué l'ordinateur et le téléphone cellulaire de l'adolescent Mohammed Taraireh, qui a poignardé à mort Hallel Ariel dans son lit. Telle est la procédure pour les attaques meurtrières.

Dans une étude (dont les résultats ne seront pas communiqués au public) qui a été effectuée pour tenter d’établir le profil des mineurs de Judée Samarie qui perpètrent des attaques terroristes, les chercheurs ont eu beaucoup de mal à pointer du doigt un dénominateur commun.

Plus de 230 cas ont été examinés au cours des neuf derniers mois dans le cadre d’une coopération entre les experts israéliens et les forces de sécurité palestiniennes. Les palestiniens ont fourni des informations et les Israéliens ont fait des recoupements. Les conclusions ont été transmises aux palestiniens pour tenter d’éviter les attentats futurs.

Les informations recueillies à propos de Mohammed Taraireh portent sur les moyens financiers. La maison qui va être démolie n’est ni une cabane en tôle ni un minuscule appartement bondé abritant des gens rongés par la pauvreté. Sa famille fait partie de la classe moyenne palestinienne.

La maison de la famille Taraireh

La maison de la famille Taraireh

En effet, l'une des conclusions de l'étude porte sur le fait que les attaquants ne sont plus la jeune génération de familles de la classe inférieure, facilement recrutée à cause du désespoir dans lequel ils évoluent  ou de promesses de récompense financière mais sont, de plus en plus, issus de familles "établies".

Dans le sillage de ces résultats, les enseignants du système éducatif palestiniens ont reçu une liste de tâches. Par exemple, on leur a demandé de consacrer une attention particulière aux 11-18 ans "solitaires" qui se considèrent comme «impopulaires», qui commencent à se replier sur eux-mêmes et semblent avoir perdu leur joie de vivre. Ces adolescents manquent l'école et on assiste à une baisse de leurs résultats scolaires. On a demandé aux enseignants d'être particulièrement vigilants face à ces adolescents, d’entamer le dialogue avec eux et de les signaler.

la page Facebook de Mohammed Taraireh

la page Facebook de Mohammed Taraireh

Les chercheurs ont examiné les médias sociaux. Lorsque l'on regarde les pages des attaquants, on identifie des changements brutaux dans leurs messages, comme sur la page Facebook de Taraireh qui a changé du tout au tout. Il a abandonné l'école et est allé travailler dans une boulangerie, ne rentrait pas à la maison tous les jours, et se retirait dans sa chambre où il passait beaucoup de temps sur son ordinateur, naviguant sur les sites Web de recrutement de Daesh.

Son comportement correspondait point par point à l’avertissement des chercheurs : adolescent heureux et actif, Taraireh devint menaçant et solitaire après la mort de son cousin qui a perpétré un attentat contre des véhicules israéliens. "Toute personne a le droit de mourir", a-il-écrit, "et je demande ce droit pour moi-même."

Les chercheurs mettent en garde contre les enfants et les adolescents qui affichent des photos de la mosquée al-Aqsa sur leur page Facebook. Taraireh a cité des phrases du Coran qui laissaient paraître ses intentions. Il a disserté avec passion à propos de "bravoure" et de  "couteau" et dans son dernier message et quelques heures avant de commettre ce terrible assassinat, il a téléchargé une photo de lui-même. Sans mot ou explication, comme une sorte d'adieu.

Source : Ynet

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