Tribune juive de Valérie Grumelin : De Gaulle et Macron et l’avertissement d’Israël

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Tribune juive de Valérie Grumelin : De Gaulle et Macron et l’avertissement d’Israël

De Gaulle et Macron : l’avertissement d’Israël

La relation entre la France et Israël est jalonnée de gestes fraternels et de blessures profondes. Deux présidents incarnent cette ambivalence : Charles de Gaulle, qui donna à Israël les moyens de survivre avant de rompre brutalement avec lui, et Emmanuel Macron, qui cherche aujourd’hui à équilibrer fidélité historique et calculs diplomatiques. Mais l’histoire du premier contient un avertissement pour le second ! perdre Israël au nom d’un équilibre illusoire, c’est risquer de perdre aussi l’honneur de la parole française.

De Gaulle, de l’alliance à la rupture

On l’oublie souvent , dans les années 1950, la France fut l’alliée militaire et stratégique d’Israël. Sans l’aviation et le soutien nucléaire français, l’État hébreu n’aurait pas acquis la force dissuasive qui assure encore aujourd’hui sa survie. Mais en 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, tout bascule. De Gaulle impose un embargo sur les armes, condamne Israël comme puissance « agressive » et, surtout, lâche cette phrase :
« les Juifs, peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». En une conférence de presse, il brise la confiance patiemment construite et ouvre une ère de suspicion durable.

Ce basculement n’était pas seulement stratégique , il répondait à une volonté gaullienne d’asseoir l’influence française auprès du monde arabe, riche en pétrole et en alliances possibles. Mais il eut un prix : Israël, blessé, se tourna vers les États-Unis, et les Juifs de France gardèrent en mémoire la blessure d’une parole qui résonnait comme un écho d’anciens stéréotypes, ne l’oublions pas!

Macron face au même dilemme

Soixante ans plus tard, Emmanuel Macron affronte une équation semblable. Après le 7 octobre 2023, il proclama avec force la solidarité de la France avec Israël. Mais très vite, les équilibres diplomatiques reprirent le dessus et gestes envers le monde arabe, appels au « cessez-le-feu », prudence dans les votes aux Nations unies.

Lui aussi marche sur une ligne étroite , honorer la mémoire de la Shoah et soutenir la sécurité d’Israël, sans s’aliéner une opinion arabe et musulmane dont la France dépend, à la fois sur le plan énergétique et social. Comme De Gaulle, Macron veut parler « au-dessus des blocs » et préserver une autonomie française. Mais il court le même risque , celui de donner à Israël l’impression que la fidélité de la France est une variable d’ajustement.

La leçon de 1967

C’est là que réside l’avertissement de l’histoire. De Gaulle pensait qu’en sacrifiant l’alliance avec Israël, il gagnerait une place centrale dans le monde arabe. Il n’en fut rien. La France perdit l’influence qu’elle avait au Proche-Orient, Israël se tourna vers Washington, et la parole française resta marquée par une fracture mémorielle durable.

Macron doit méditer cette leçon. La fidélité à Israël n’est pas seulement une question de morale ou de mémoire c’est aussi une question de crédibilité diplomatique. Un pays qui trahit un allié historique pour séduire d’autres partenaires perd, au bout du compte, la confiance de tous.

Un choix d’avenir

La grandeur de la France ne se mesure pas seulement à ses équilibres, mais à sa capacité de tenir une parole juste, même quand elle coûte. Entre De Gaulle et Macron, l’histoire dessine une ligne de crête , se souvenir que la France n’a pas seulement une voix à faire entendre, elle a une fidélité à incarner. Et pour les Juifs comme pour Israël, cette fidélité reste attendue.
Valérie Grumelin.

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