« Stop Day » : Israël s’arrête, les familles des otages secouent l’État

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« Stop Day » : Israël s’arrête, les familles des otages secouent l’État

Stop Day en Israël : les familles des otages paralysent le pays et installent un campement à la frontière de Gaza

Une journée d’arrêt national pour rappeler l’urgence

Dès l’aube de ce dimanche 17 août 2025, Israël s’est réveillé au ralenti. Dans tout le pays, routes bloquées, rassemblements massifs et grèves simultanées ont marqué ce que les familles des otages ont baptisé le « Jour de l’arrêt ».
Leur objectif est clair : exiger du gouvernement un accord immédiat pour la libération de tous les captifs et mettre fin à une guerre qui s’enlise dans Gaza depuis vingt-deux mois.

« Nous espérons que les otages, qui pourrissent dans les tunnels depuis 681 jours et nuits, entendent ce matin que le peuple d’Israël ne les oublie pas une seule seconde », ont déclaré les organisateurs.

À Tel-Aviv, sur la place des Otages, un immense drapeau bleu et blanc a été déployé dès 6 h 29, rappel de l'heure de l'attaque du Hamas le 7 octobre,  accompagné des portraits des captifs (photo). De là, le mouvement s’est étendu sur des centaines de points de blocage, avec des manifestations jusque devant les domiciles de députés et de ministres.

Des blocages massifs et une mobilisation inédite

Au fil de la matinée, les principales artères du pays ont été paralysées : la route n° 1 vers Jérusalem, l’autoroute 6, la route 4 au nord comme au sud, ainsi que des dizaines d’autres axes centraux.
Les organisateurs affirment que près de deux cents bus entiers convergeront vers la place des Otages à Tel-Aviv.
« Les familles ont invité personnellement des dirigeants économiques et de nombreuses personnalités publiques à venir les soutenir, a indiqué le quartier général des familles.
Au cours de ce “Stop Day”, elles annonceront les prochaines étapes de leur lutte pour ramener tous les captifs. »

À 7 h 30 déjà, les premiers blocages se mettaient en place à Modiin-Shilat, Kabri, Raanana et sur la route de Jérusalem.

« Depuis une semaine, nous avons appelé les chefs d’entreprise à tout arrêter pour sauver les otages et empêcher nos soldats de sombrer encore plus dans la guerre la plus longue de l’histoire d’Israël, » a rappelé Lishay Miran, épouse d’Omri, toujours détenu à Gaza.
« La mobilisation, du bas vers le haut, est incroyable. Des milliers d’entreprises privées, aux côtés de la Histadrout, ont accepté que leurs salariés consacrent cette journée à nos proches. Tout le monde comprend désormais que ce combat n’est pas seulement celui des familles, mais celui de tout Israël. »

Un campement au plus près des captifs

Le symbole le plus fort reste l’annonce de l’installation, dès le lendemain, d’un campement baptisé « N.Z 50 », au point le plus proche de la frontière où sont retenus une cinquantaine d’otages.
« Les familles dormiront là, lutteront là et annonceront de là les suites de leur combat, » a fait savoir le collectif.
Leur message est sans appel : « La coupe est pleine. L’aveuglement du gouvernement et l’insensibilité de ses dirigeants nous obligent à intensifier la lutte. Si nous n’agissons pas maintenant, nous perdrons nos proches pour toujours. Depuis vingt-deux mois, nous réclamons un accord global, mais nos appels tombent dans l’indifférence. Nous en avons assez des slogans et des manœuvres dilatoires. Aux otages, le temps est compté. Seul le peuple les ramènera à la maison. »

Des témoignages poignants

Les voix des proches des victimes ont rythmé la journée. Noam Peri, dont le père Haim a été assassiné dans sa captivité par le Hamas, a dénoncé les choix politiques du gouvernement :
« Mon père aurait pu rentrer vivant dans le cadre d’un accord, mais “les circonstances politiques” ne l’ont pas permis et le gouvernement a préféré prolonger la guerre. Aujourd’hui encore, le Premier ministre pourrait poser sur la table un accord global qui ramènerait les otages et mettrait fin au conflit. Il en a le soutien populaire, mais il choisit d’approfondir la guerre. C’est une condamnation à mort pour les captifs qui dépérissent dans les tunnels. Je refuse qu’une autre famille connaisse la même fin que la mienne. »

Shimon Buskila, père de Yarden, assassiné lors du massacre de Nova, a livré une promesse bouleversante : « Le jour de son enterrement, j’ai juré sur sa tombe : la mort de Yarden et des autres fleurs ne sera pas vaine. Chaque jour, je suis ici pour raconter notre combat, celui des familles du “Conseil d’octobre”, pour obtenir une commission d’enquête nationale. Mais ce matin n’est pas un matin comme les autres. Ce matin, l’État d’Israël s’est arrêté parce que j’ai payé le prix le plus lourd qui soit, et je ne permettrai pas que d’autres familles paient ce prix à leur tour. »

Une rupture avec l’État

Le « Stop Day » apparaît comme une épreuve de force entre un gouvernement décidé à poursuivre la guerre et une société civile de plus en plus déterminée à imposer la priorité de la libération des captifs. Le conflit n’est plus seulement militaire : il devient intérieur, entre un pouvoir accusé d’indifférence et des familles soutenues par une opinion publique qui se radicalise. La journée a montré qu’en Israël, la douleur privée peut se transformer en force collective, capable de mettre le pays à l’arrêt.

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