Sibérie: exclusif le musée des bourreaux

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Perm-361 musée des bourreaux, sibérie

Le musée du goulag «  Perm-36 »devient le musée des geôliers du goulag

Imaginez une seconde qu’un des musées consacrés aux victimes de la Shoah devienne celui de leurs bourreaux !!! C’est toute proportion gardée ce qui vient de se passer en Sibérie avec le musée du goulag « Perm-26 »

Le musée « Perm-6»construit sur l’emplacement du camp Perm-36 ou ont séjourné Vladimir Boukovski, André Siniavski vient de fermer ses portes.

Selon Serge Kovalev, un ancien dissident il s’agit d’une décision politique « Nous avions fait de ce musée un espace de liberté ; Chaque année nous organisions un festival »Pilorama »il y avait des concerts des expositions, des séminaires ou les intervenants ne se gênaient pas de donner leur opinion sur la situation actuelle de la Russie »et d’ajouter

Campagne de diffamation.

Agacée par le franc-parler des interventions qui ne s’inscrivaient pas dans la réhabilitation de l’époque soviétique à l’œuvre dans le pays la presse locale a lancé une campagne de diffamation contre les anciens détenus. Des journalistes ont soi-disant interviewé des anciens gardiens qui ont raconté que les grèves de la faim étaient une pure invention et que les prisonniers se nourrissaient en cachette, ils ont également démenti les mauvais traitements allant jusqu’à soutenir que des anciens détenus avaient loué les qualités humaines des gardiens et de l’administration du goulag.

Pressions de l’administration locale.

La mairie de Perm qui avait sérieusement aidé financièrement pour restaurer le camp et le louait gratuitement aux anciens détenus qui en assuraient la gestion a fait savoir qu’elle désirait récupérer la terre et le bâtiment pour y installer un musée des geôliers du goulag .La direction du musée Nous avons fait une démarche auprès du gouverneur de la région, nous nous sommes également adressé à l’administration présidentielle pour tenter de trouver un compromis, les fonctionnaires nous ont alors fait comprendre qu’il fallait supprimer le festival et d’autres manifestations et surtout adopter une attitude moins critique vis à vis du pouvoir.

.D’un autre coté l’administration locale a réclamé à la direction du musée de payer toutes ses dettes qui se montent à la modique somme de 600mille roubles. Dans ce contexte les anciens dissidents conscients qu’ils leur serait difficile de trouver l’argent et que par ailleurs ’ils n’avaient pas la moindre chance de gagner un procès ont préféré mettre eux même le clef sous la porte.  

« Nous avons fait vivre pendant dix ans cet espace de liberté ; reste que nous voyons que l’évolution de notre pays ne va pas vers davantage de liberté et le but de nouveau musée sera de présenter une adaptation des répressions de la période soviétique dans le contexte des impératifs de la politique intérieure et étrangère de la Russie »conclue Serge Kovalevqui regrette seulement que les nouveaux occupants du musée aient confisqué toutes les archives.

Nathalie Ouvaroff

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